Liban-Syrie.
Damas a annoncé, en avant-première du sommet de l’UPM, son
intention d’établir des relations diplomatiques avec le
Liban.
Une
première dans
l’histoire des
deux pays.
Revirement
prometteur
Même si plusieurs doutent de l’efficacité de l’Union pour la
Méditerranée prônée par la France, tant ses contours sont
flous, ce qui est sûr — du moins pour le moment — c’est que
les prémices de ses résultats ne se sont pas faites
attendre, puisqu’elle a permis un rapprochement de taille,
attendu depuis longtemps, entre les deux pays voisins : le
Liban et la Syrie. Au terme d’un marathon diplomatique
minutieusement réglé, Nicolas Sarkozy a lui-même annoncé
dimanche devant la presse, à l’Elysée, que la Syrie et le
Liban avaient décidé l’ouverture croisée d’ambassades, plus
de soixante ans après leur indépendance. « Je voudrais dire
combien pour la France, c’est un progrès historique que la
volonté du président Bachar Al-Assad
d’ouvrir une représentation diplomatique au Liban, et que le
Liban ouvre une représentation diplomatique en Syrie », a
déclaré Nicolas Sarkozy en présence de ses deux homologues
et de l’émir du Qatar, Cheikh Hamad bin
Khalifa Al-Thani. « Vous
comprendrez que pour nous, Bernard Kouchner et moi, cette
annonce, cette confirmation, cette volonté est absolument
historique », a insisté le président français, manifestant
sa satisfaction.
En effet, depuis l’indépendance des deux pays, dans les
années 1940, il n’y a jamais eu d’échange d’ambassadeurs
entre le Liban et la Syrie, certains y voyaient une volonté
syrienne de maintenir sa tutelle politique et militaire sur
son voisin. Les présidents syrien et libanais ont confirmé
la nouvelle. « Notre position est qu’il n’existe aucun
problème pour l’ouverture d’ambassades entre la Syrie et le
Liban (...) nous examinerons cette question dans un avenir
très proche », a indiqué Bachar Al-Assad.
De son côté, Michel Sleimane a assuré que Damas et Beyrouth
allaient « se concerter pour mettre cet accord en œuvre le
plus tôt possible. Nous aussi, nous voulons bien évidemment
un échange d’ambassadeurs et des relations diplomatiques
avec la Syrie », a-t-il déclaré à la presse à l’issue de cet
entretien. Michel Sleimane, qui a été élu le 25 mai avec la
bénédiction de Damas, a cependant pris soin de dire qu’il ne
fallait pas parler de « normalisation ». Les relations
syro-libanaises « sont tout à fait normales et il n’y a pas
besoin de les normaliser », a-t-il assuré. Mais si le
président libanais s’est voulu un peu discret, il est
certain que la grande majorité des Libanais verraient dans
l’établissement de telles relations diplomatiques le signe
d’une reconnaissance de la souveraineté du Liban par Damas
et peut-être même la fin d’une influence.
Cette volonté d’établir rapidement des relations
diplomatiques a été bien accueillie par Le Royaume-Uni,
l’Allemagne et les Etats-Unis. Une porte-parole du ministère
britannique des Affaires étrangères a déclaré à l’AFP que si
« cela signifie que la Syrie va jouer un rôle plus positif
dans la région, alors cela peut être une bonne chose ».
Washington, de son côté, s’est félicité de cette décision
tout en estimant que Damas devrait « prendre des initiatives
concrètes pour mettre fin à sa tactique de déstabilisation
dans la région », a déclaré à l’AFP Rob McInturff, un
porte-parole du Département d’Etat américain.
Rania
Adel