Prix.
L’Université du Caire a décerné un doctorat honoris causa à
l’Egyptien fr, directeur de l’AIEA, qui a réitéré dans son
discours son ambition de faire du Moyen-Orient une zone
exempte d’armes nucléaires.
L’Université du Caire honore Baradei
Après
le prix Nobel de la paix qui lui a été attribué en 2005,
l’Egyptien Mohamad Al-Baradei,
directeur de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique
(AIEA), c’est l’Université du Caire qui lui a décerné la
semaine dernière un doctorat honorifique en droit pour ses
efforts contre l’utilisation de l’énergie nucléaire à des
fins militaires. Dans la prestigieuse salle de conférences,
la cérémonie a commencé par un documentaire sur les grandes
personnalités à qui l’Université du Caire a décerné un
doctorat honorifique au cours des quarante dernières années
dont le dernier en date fut le président Nelson Mandela en
1990.
Dans son discours, le recteur de l’université, Ali Abdel-Rahmane,
a justifié le choix de Mohamad Al-Baradei
: « C’est un homme dont le pragmatisme lui a valu de mener
beaucoup de batailles toujours avec l’objectif de rendre le
monde plus sûr. Diplomate de carrière, Mohamad Al-Baradei
s’emploie à persuader l’humanité qu’il y a un danger qui la
menace. La sécurité de toute l’humanité est son profond
souci ». Il a également qualifié
Baradei de « grand défenseur » de la non
prolifération nucléaire. Sous les applaudissements des
assistants, parmi lesquels figuraient Fathi
Sourour, le président du
Parlement, Boutros Ghali, le président du Conseil national
pour les droits de l’homme, Amr Moussa, secrétaire général
de la Ligue arabe ainsi que Hani Hilal, ministre de
l’Enseignement supérieur, Baradei
a prononcé son discours qui a porté sur l’importance d’une
réforme de l’enseignement et de la recherche scientifique,
ainsi que sur les principaux sujets d’actualité
internationale, notamment le dossier du nucléaire. Il a par
ailleurs mis l’accent sur l’importance du développement du
système de l’enseignement dans un pays comme l’Egypte où le
taux d’analphabétisme atteint 40 %. Il s’est également
arrêté devant le problème de la recherche scientifique en
Egypte réclamant une augmentation du budget alloué à ce
domaine (1 % du PNB).
A l’échelle régionale, Baradei a
parlé de la paix au Moyen-Orient et a lancé une série de
mises en garde. « Le monde se dirige vers sa perte à moins
que la communauté internationale ne parvienne à empêcher la
prolifération de la technologie des armes nucléaires,
largement accessible, d’où mon appel à faire de la région du
Moyen-Orient une zone exempte d’armes de destruction massive
», a-il-annoncé.
Depuis 2005, avec le problème nucléaire iranien et les
menaces américaines contre Téhéran,
Baradei n’a cessé de se poser en intermédiaire entre
Washington, Téhéran et Tel-Aviv. Et il a menacé de
démissionner en cas d’usage de la force militaire contre
l’Iran, ce qui, selon lui, transformerait la région en une
boule de feu.
Le point de vue de Baradei est
en harmonie avec la position officielle de l’Egypte sur la
question. Le Caire, qui a signé le traité de non
prolifération nucléaire, a toujours appelé à faire du
Moyen-Orient une région exempte d’armes de destruction
massive.
Baradei
a critiqué la politique des deux poids deux mesures
qu’adoptent certaines puissances nucléaires qui font tout
pour éviter que d’autres nations puissent elles aussi
développer des armes nucléaires. Les prises de position de
Baradei lui ont valu beaucoup de
critiques, surtout de la part des Etats-Unis qui se sont
opposés à sa candidature pour un troisième mandat à la tête
de l’AIEA. Mais vu le fort soutien dont bénéficie
Baradei au sein de la communauté
internationale, la campagne contre lui a échoué. Enfin,
Baradei a encouragé l’Egypte en
tant que pays leader dans la région à s’élargir dans
l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques.
Marianne Youssef
Mirande
Youssef