Al-Ahram Hebdo, Egypte |Mohamad Al-Baradei,  L’Université du Caire honore Baradei 
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 16 au 22 juillet 2008, numéro 723

 

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Egypte

Prix. L’Université du Caire a décerné un doctorat honoris causa à l’Egyptien fr, directeur de l’AIEA, qui a réitéré dans son discours son ambition de faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires.  

L’Université du Caire honore Baradei  

Après le prix Nobel de la paix qui lui a été attribué en 2005, l’Egyptien Mohamad Al-Baradei, directeur de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA), c’est l’Université du Caire qui lui a décerné la semaine dernière un doctorat honorifique en droit pour ses efforts contre l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins militaires. Dans la prestigieuse salle de conférences, la cérémonie a commencé par un documentaire sur les grandes personnalités à qui l’Université du Caire a décerné un doctorat honorifique au cours des quarante dernières années dont le dernier en date fut le président Nelson Mandela en 1990.

Dans son discours, le recteur de l’université, Ali Abdel-Rahmane, a justifié le choix de Mohamad Al-Baradei : « C’est un homme dont le pragmatisme lui a valu de mener beaucoup de batailles toujours avec l’objectif de rendre le monde plus sûr. Diplomate de carrière, Mohamad Al-Baradei s’emploie à persuader l’humanité qu’il y a un danger qui la menace. La sécurité de toute l’humanité est son profond souci ». Il a également qualifié Baradei de « grand défenseur » de la non prolifération nucléaire. Sous les applaudissements des assistants, parmi lesquels figuraient Fathi Sourour, le président du Parlement, Boutros Ghali, le président du Conseil national pour les droits de l’homme, Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe ainsi que Hani Hilal, ministre de l’Enseignement supérieur, Baradei a prononcé son discours qui a porté sur l’importance d’une réforme de l’enseignement et de la recherche scientifique, ainsi que sur les principaux sujets d’actualité internationale, notamment le dossier du nucléaire. Il a par ailleurs mis l’accent sur l’importance du développement du système de l’enseignement dans un pays comme l’Egypte où le taux d’analphabétisme atteint 40 %. Il s’est également arrêté devant le problème de la recherche scientifique en Egypte réclamant une augmentation du budget alloué à ce domaine (1 % du PNB).

A l’échelle régionale, Baradei a parlé de la paix au Moyen-Orient et a lancé une série de mises en garde. « Le monde se dirige vers sa perte à moins que la communauté internationale ne parvienne à empêcher la prolifération de la technologie des armes nucléaires, largement accessible, d’où mon appel à faire de la région du Moyen-Orient une zone exempte d’armes de destruction massive », a-il-annoncé.

Depuis 2005, avec le problème nucléaire iranien et les menaces américaines contre Téhéran, Baradei n’a cessé de se poser en intermédiaire entre Washington, Téhéran et Tel-Aviv. Et il a menacé de démissionner en cas d’usage de la force militaire contre l’Iran, ce qui, selon lui, transformerait la région en une boule de feu.

Le point de vue de Baradei est en harmonie avec la position officielle de l’Egypte sur la question. Le Caire, qui a signé le traité de non prolifération nucléaire, a toujours appelé à faire du Moyen-Orient une région exempte d’armes de destruction massive.

Baradei a critiqué la politique des deux poids deux mesures qu’adoptent certaines puissances nucléaires qui font tout pour éviter que d’autres nations puissent elles aussi développer des armes nucléaires. Les prises de position de Baradei lui ont valu beaucoup de critiques, surtout de la part des Etats-Unis qui se sont opposés à sa candidature pour un troisième mandat à la tête de l’AIEA. Mais vu le fort soutien dont bénéficie Baradei au sein de la communauté internationale, la campagne contre lui a échoué. Enfin, Baradei a encouragé l’Egypte en tant que pays leader dans la région à s’élargir dans l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques.

Marianne Youssef
Mirande Youssef

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