Al-Ahram Hebdo, Economie | Des opportunités d’affaires inexploitées
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 16 au 22 juillet 2008, numéro 723

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Economie

Sinaï. Les deux gouvernorats du Nord et du Sud-Sinaï souffrent d’un manque d’investissements alors qu’ils possèdent des potentiels de développement énormes.

Des opportunités d’affaires inexploitées

Seules 704 entreprises ont été créées dans le Sinaï depuis sa récupération en 1982. Un chiffre bien modeste comparé à celui de 150 entreprises créées chaque semaine dans le pays. Le Sinaï est en fait un cas révélant le centralisme et le déséquilibre de la répartition des investissements dans les différents gouvernorats. « Le Sinaï ne bénéficie pas des investissements qu’il mérite », se lamente Amr Assal, président de l’Organisme de développement industriel. Même son de cloche chez Assem Ragab, président de l’Organisme des investissements, tous les deux présents à la conférence sur l’investissement dans le Sinaï, qui a lieu samedi 12 juillet à Al-Arich. « Les investissements industriels sont rares dans le Sinaï. Il existe des cas de réussite mais il s’agit de cas particuliers et ils ne sont pas à la hauteur de nos ambitions. Il y a beaucoup d’opportunités que le milieu des affaires ne prend pas en considération », estime Assem Ragab. En fait, 85 % des investissements réalisés dans les deux gouvernorats du Sinaï concernent le domaine du tourisme contre seulement 6 % dans le domaine industriel. Alors que les possibilités qu’offre le Sinaï dans les domaines industriels, métallurgiques et agricoles sont énormes. « Les capacités du Sinaï dans la métallurgie pourraient être la locomotive de la croissance de l’Egypte. Bien utilisées, elles pourront nous permettre de dépasser le taux de croissance de 7 % », estime Assem Ragab. Abdel-Aal Attiya, président de l’Administration centrale de l’organisme des richesses métallurgiques, énumère les particularités de la région dans ce domaine. Selon lui, le Sinaï dispose de réserves énormes de pierres d’ornement de très bonne qualité, comme le granit. « Aucune de ces richesses n’est utilisée », se plaint Fayçal Mahmoud, membre de la municipalité du Nord-Sinaï. Le domaine agricole n’offre pas moins d’opportunités, toujours négligées. « Mais les derniers mois ont témoigné d’un changement dans ce domaine. Dans le Sinaï et en Egypte, en général, il existe une augmentation du nombre d’entreprises dans le domaine agricole. C’est surtout dû à la hausse du prix des produits agro-alimentaires. Ce qui représente pour le consommateur un problème est en fait une opportunité pour les investisseurs. Le rendement économique et financier des projets agricoles a considérablement augmenté », explique Mahmoud Mohieddine, ministre de l’Investissement qui a promis que la situation dans le Sinaï allait s’améliorer. « Avant, il y avait un manque de coopération entre les différents ministères, et aussi entre les gouvernorats eux-mêmes », reconnaît-il.

Ce sont les tensions dans la zone frontalière avec Israël, qui ont mis cette région dans une situation particulière. Les ministères de la Défense et de l’Intérieur sont omniprésents dans les deux gouvernorats du Sinaï. Le gouvernement refuse de vendre les terrains de cette zone de peur de les voir acquis par des Israéliens. Ce faisant, il ne les cèdent que selon un système de concession. Une condition qui pose problème aux investisseurs car les banques refusent de leur octroyer des crédits pour financer les projets construits sur ces terrains, qui ne leur appartiennent pas. Le ministre de l’Investissement a promis résoudre prochainement cette difficulté. « En coopération avec la Banque Centrale et le ministère de la Justice, nous allons édicter des règles pour clarifier et résoudre les problèmes que pose ce système », assure Mohieddine. Le ministère de l’Investissement, semble-t-il, s’est rendu compte du rôle que le gouvernement doit jouer pour promouvoir les investissements dans cette zone très prometteuse. Le secteur privé, à lui seul, ne peut diriger la croissance, du moins pour le moment. Ainsi, la société Holding pour les industries chimiques va-t-elle investir 800 millions de L.E. pour la création d’une entreprise de production de carbonate de sodium au Sinaï. « Nous sommes importateurs de cette matière vitale qui entre dans beaucoup d’industries », ajoute Mohieddine. Le gouvernement étudie également la création d’une société holding pour l’investissement dans l’industrie au Sinaï. Les actionnaires seront le ministère du Commerce et de l’Industrie, celui du Pétrole, les gouvernorats du Nord et du Sud-Sinaï et le ministère de la Défense. En outre, 7 zones industrielles spécialisées dans différentes industries devront être construites ainsi que plusieurs projets touristiques.

Mais pour profiter des richesses du Sinaï, il faut de la volonté politique et beaucoup d’efforts car il manque de l’infrastructure. Plusieurs grands projets, suspendus depuis des années, auraient dû être relancés. Les plus importants sont la construction du canal Al-Salam, qui devrait relier l’est et l’ouest du Sinaï. 8 milliards de L.E. ont été dépensées sur ce projet vital et seulement 20 % des travaux ont été achevés. Ce projet pouvait à lui seul permettre la bonification de 500 000 feddans. Un autre projet important est suspendu, il s’agit de la ligne de chemin de fer qui devrait relier Le Caire et Al-Arich. Les travaux sont suspendus à quelque 120 km d’Al-Arich.

Marwa Hussein

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.