Al-Ahram Hebdo, Dossier | Sur une pente glissante
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 16 au 22 juillet 2008, numéro 723

 

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Dossier

Bourse. Le Case 30 a perdu de sa valeur pendant toute la semaine dernière en raison d’une série de mesures gouvernementales strictes, qui a provoqué un départ des investisseurs étrangers. 

Sur une pente glissante 

L’indice de la Bourse égyptienne, le Case 30, poursuivait dimanche sa tendance à la baisse, entamée il y a trois mois, enregistrant une contre performance de -0,28 % par rapport à la veille. Le Case 30 a ainsi perdu 10 % de sa valeur depuis le début de l’année. A 10 169,27 points à la mi-mai dernier, l’indice est passé à 9827,28 points fin juin et 9350,74 le 8 juillet dernier. Selon Amr Al-Alfi, directeur des recherches auprès de la maison de courtage CI Capital, dépendante de la banque CIB, « dans tous les pays, le marché financier reflète la performance de l’économie et l’effondrement du Case 30 est le résultat d’une série de mesures du gouvernement pour stabiliser le marché et faire face aux conséquences de la crise économique mondiale », souligne Al-Alfi. En fait, avec ces mesures (voir encadré), le gouvernement a touché à l’attractivité des investissements étrangers même si l’Egypte a été placée en 2007 à la tête des pays les plus réformateurs en terme de facilité des procédures d’investissement, suite à la publication du rapport Doing Business par la Banque mondiale.

Aujourd’hui, l’économie égyptienne a perdu des points suite à la publication le mois dernier de l’agence de notation américaine Moody’s, marquant un classement négatif en matière de capacité d’endettement public et l’échec du gouvernement égyptien de traiter des dossiers très sensibles comme celui de la vente de la Banque du Caire il y a trois semaines, annulée par le gouvernement pour des raisons stratégiques, ou encore celui du projet Agrium annulé suite aux pressions de la société civile.

Walaa Hazem, analyste financier auprès du groupe d’investissement HC, note que depuis la prise de ces décisions gouvernementales, l’indice de la Bourse égyptienne n’a cessé de chuter, perdant ainsi la confiance des institutions financières étrangères à la recherche d’investissements dans les pays émergeants, mais refroidies par un marché égyptien peu stable. « Ces investisseurs se sont orientés depuis le début 2008 vers d’autres marchés : ceux du Golfe, du Maroc, de Tunisie, du Ghana ou encore du Botswana, puisque le climat de l’investissement là-bas est plus stable et même prometteur », note Hazem. Il souligne que la sortie de ces investissements étrangers a porté atteinte à la capitalisation du marché, qui enregistrait au début de l’année une moyenne quotidienne de 2,5 milliards de L.E. et ne dépasse maintenant même pas 1 milliard. Ce ralentissement de la Bourse égyptienne a également porté atteinte aux cours des valeurs-vedettes à l’exemple d’Orascom Telecom, Orascom Construction et Industrie, Telecom Egypt, EFG-Hermès, CIB et Fer Ezz. Selon Taïmour Al-Dereni, analyste financier chez Beltone, ces actions sont les premières à être affectées par une chute moyenne de 30 % par rapport au début de l’année. « Ces dernières ont chuté, affectées par leur baisse en Bourse de Londres. Ce qui a à son tour fait fléchir le Case 30 puisqu’elles pèsent 77 % dans ce dernier », explique-t-il en soulignant que puisque les valeurs-vedettes sont fondamentalement fortes, elles auront la tâche d’empêcher un fléchissement supplémentaire car « très demandées en raison de leur prix attractif ».

 

Instabilité du marché local

Mohamad Al-Assar, analyste technique auprès d’EFG-Hermès, assure que « l’achat massif de valeurs-vedettes ces trois derniers jours (mercredi, jeudi et dimanche dernier) ont contribué à la stabilité de l’indice, même s’il a baissé très légèrement », remarque Al-Assar, sans donner de conseils sur l’achat de petites actions. « Ces dernières représentent un vrai risque puisqu’elles souffrent toutes d’une performance modeste et leurs cours élevés ne reflètent pas la santé de l’entreprise », souligne Assar qui prévoit que l’indice ne dépassera pas les 9 600 pts pendant quelques temps et pourrait même baisser à 9 200 pts. Et de préciser qu’ « il n’y a aucun lien entre la situation sur le marché international et la chute de notre Bourse, qui s’explique seulement par l’instabilité du marché local ».

Essam Khalifa, directeur de la société Al-Ahli Investments, assure de son côté que les fonds d’investissements sont les seuls à échapper à cette dégradation puisqu’ils peuvent investir dans les obligations et minimiser ainsi les risques. Ils possèdent de plus assez de liquidité pour vendre à perte puis acheter d’autres actions afin de compenser.

Pour se rattraper, le gouvernement semble avoir un plan : une forte rumeur circule sur une émission probable des actions de la Banque du Caire en souscription générale. Affaire à suivre.

Dahlia Réda

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