Corée du Nord.
Après 9 mois d’interruption, les négociations à six, qui
visent à convaincre Pyongyang de renoncer à ses activités
nucléaires, se sont achevées avec un certain progrès qui
doit être suivi de mesures concrètes.
Pyongyang sommé de prouver sa bonne volonté
Destinées à mettre fin à la crise nucléaire nord-coréenne,
les négociations à six (Corée du Nord et du Sud, Etats-Unis,
Chine, Russie, Japon), qui ont duré 3 jours, ont débouché,
samedi dernier, sur une feuille de route visant à « vérifier
le désarmement complet de la Corée du Nord ». Pendant les
pourparlers qui ont repris après une interruption de 9 mois,
les négociateurs se sont principalement penchés sur la façon
de vérifier la déclaration faite en juin par les
Nord-coréens sur l’abandon de leurs activités nucléaires. «
La vérification est la chose la plus importante. Nous
voulons accélérer le rythme de mise hors service des
installations nucléaires de Pyongyang », a déclaré en début
de semaine le principal négociateur américain sur le dossier
nord-coréen, Christopher Hill. « La vérification comprend
des documents, la visite des sites, des entretiens. De toute
évidence, les détails de la procédure de vérification
doivent être mis au point », a souligné M. Hill, estimant
que cela prendrait « des semaines, et peut-être des mois ».
L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) pourra
également être consultée si besoin.
A l’issue des pourparlers, M. Hill a souligné que les
détails du processus de vérification devaient encore être
affinés, mais que Washington espérait que cela serait fait
avant la fin août. « Nous aimerions parvenir à un protocole
dans les 45 jours et dans une seconde phase, commencer
vraiment la vérification dans les 45 jours », a-t-il
déclaré, ajoutant ne pas « voir d’obstacles » à cela.
Ne pouvant qu’obtempérer à ce consensus international visant
sa dénucléarisation, la Corée du Nord a accepté, samedi,
d’achever le démantèlement complet de sa principale
installation nucléaire « avant la fin octobre », autorisant
les inspections internationales, en contrepartie de la
livraison d’une aide énergétique de la part des cinq autres
parties aux négociations « avant la fin du même mois ».
Les négociateurs se sont également entendus sur la mise en
place d’une équipe d’experts chargés de visiter les
installations nucléaires nord-coréennes, de vérifier son
programme et d’interroger ses experts. La troisième et
dernière phase de l’accord oblige Pyongyang à démanteler de
manière définitive ses installations nucléaires et à livrer
la totalité de ses matériaux et armements nucléaires.
Sceptique toujours quant à l’engagement sérieux des
Nord-coréens à se dénucléariser, le ministre japonais des
Affaires étrangères, Masahiko Komura, a mis en garde,
dimanche, le régime stalinien contre toute duperie dans
l’exécution de l’accord de démantèlement de ses activités
nucléaires. « Les sanctions peuvent être levées et imposées
à nouveau ensuite. C’est une grave erreur s’ils considèrent
avoir obtenu ce qu’ils voulaient, sans fournir ensuite ce
qu’ils avaient promis », a menacé M. Komura. Malgré
l’opposition de Tokyo, Washington s’est déjà préparée à
retirer Pyongyang de la liste des pays qui soutiennent le
terrorisme après la publication le mois dernier par la Corée
du Nord d’une liste de ses programmes nucléaires, longtemps
retardée.
Les négociations à six, qui ont débuté en 2003 et se
déroulent à Pékin, visent à convaincre le régime communiste
de Pyongyang de renoncer à toute activité nucléaire en
échange d’une aide énergétique et d’une normalisation de ses
relations avec Washington. Avec beaucoup de retard sur le
délai prévu, la Corée du Nord a finalement remis fin juin un
inventaire de ses activités nucléaires, conformément à un
accord conclu en février 2007. En un geste symbolique,
Pyongyang a détruit le 27 juin une tour de refroidissement
de son réacteur de Yongbyon, épine dorsale de son programme
nucléaire militaire.
Maha
Al-Cherbini