Prix Annuel.
Depuis 8 ans, le Liban organise son murex d’or, récompensant
les chefs-d’œuvre de l’année écoulée, allant au-delà des
différends politiques.
Un festival digne du pays du phœnix
Beyrouth,
Correspondance
Désormais,
c’est le rendez-vous artistique annuel incontournable que le
Liban et tout le monde arabe attendent impatiemment. Sa
huitième édition a été réellement couronnée par le faste qui
l’a caractérisée. Si le mois de mai est la date annuelle du
fameux Festival de Cannes, juin est plutôt réservé à la Nuit
des murex d’or où tous les genres artistiques sont à
l’honneur, présentant des œuvres qui ont marqué l’année
2007.
Contrairement à la Croisette, la huitième édition de cet
événement s’est déroulée au cours d’une grande soirée. Ayant
duré jusqu’au petit matin, elle a été une soirée digne des
Mille et une nuits. Celle-ci s’est déroulée à la salle des
ambassadeurs du célèbre Casino du Liban surplombant la baie
de Jounieh à Beyrouth.
Organisée par la chaîne satellite LBC et le Lion’s Club
Ourjouan, le jury de la Nuit des murex fixe un pourcentage
d’évaluation allant jusqu’à 50 %, alors que 25 % des voix
vient du public et 25 % des journalistes et hommes des
médias. Ainsi, la Nuit des murex d’or récompense
annuellement tous ces artistes qui travaillent dans des
conditions difficiles, contribuant à une véritable
renaissance de l’art libanais et arabe. Et quel trophée plus
beau et plus symbolique que ce beau murex conçu spécialement
à l’image de ce mollusque producteur de la pourpre qui
faisait la notoriété des côtes phéniciennes. Le murex a
aussi, pour ceux qui l’ignorent, une signification
symbolique, c’est une marque de réussite et de succès.
Ainsi,
en présence de plus de 50 vedettes arabes, 33 noms ont eu
droit à cette magnifique statuette à trois dimensions
honorant leurs œuvres et réunissant, loin de la politique et
de ses déboires, tout le monde arabe, sans exception.
Présentée par la célèbre journaliste Gisèle Habib en
présence du toujours souriant ministre de la Culture, Tareq
Mitri, de la célèbre journaliste May Chidiac, des
précurseurs du cinéma libanais, les frères Hélou, entre
autres, la soirée débuta par un hommage rendu au père des
millions qu’il faisait gagner dans sa célèbre émission Qui
va gagner le million ? Tout le monde le reconnut,
applaudissant celui qui fait l’unanimité et la joie de tous
les téléspectateurs au Liban et à l’étranger, il s’agit bien
entendu de Georges Cordahi. Puis, ce fut le tour du grand
ami du Liban, le comédien Hussein Fahmi récompensé pour
l’ensemble de son œuvre, des chanteurs Carole Samaha
et Mohamad Hamaqi, et la liste continue. La soirée n’a pas
manqué de sketchs dansants et de spectacles, notamment celui
donné par un grand artiste du Liban qui s’habille dans la
peau des femmes. C’est Bassam Feghali qui a réussi avec brio
à imiter les grands du monde du spectacle avec une prouesse
sans pareille. Puis, vint le tour de la vedette syrienne
Soulaf Fawakhergi, de la réalisatrice libanaise Nadine
Labaki, couronnée pour son film à succès, Caramel lequel a
fait le tour du monde.
Sur le plan arabe, l’Egypte a eu sa part belle avec la
comédienne Nelly pour l’ensemble de ses œuvres. La Syrie a
été également à l’honneur pour la seconde fois avec la
chanteuse Assala qui a enchanté le public avec son
interprétation remarquable des chansons traditionnelles
libanaises, notamment celles de la grande Sabah présente
bien entendu à la soirée. L’Iraq n’a pas été oublié. Côté
théâtre, c’est Jawad Al-Assadi qui remporta le trophée pour
sa pièce Nissaa al-saxophone donnée sur les planches du
théâtre Babel, et côté chanson c’est l’ancienne vedette de
la Star Academy, Chaza Hassoun, qui fut à la page.
L’Emirati Hussein Al-Jassemi fut élu meilleur chanteur arabe.
Et la scène continue pour sélectionner les meilleurs acteurs,
compositeurs, producteurs, comédiens, réalisateurs de vidéo-clips
ou de télé-feuilletons. Ainsi, le comédien qui a interprété
avec brio le rôle du roi Farouk, le Syrien Tayem Hassan, a
eu droit a une véritable ovation du public.
Ainsi,
et pendant plus de 5 heures de diffusion non stop, le public
du Casino du Liban a applaudi ses stars, partageant avec
elles ses émotions. Un moment de bonheur où l’on a pu mettre
de côté les différends politiques. On a oublié en l’espace
d’une soirée, la crise libanaise et l’on se pose la question
: comment ce peuple dynamique arrive-t-il à produire de tels
événements divertissants à l’heure où ses politiciens
l’enfoncent dans le cercle infernal de la paralysie
politique meurtrière ?
Mireille Bouabjian