Al-Ahram Hebdo,Arts | Un festival digne du pays du phœnix 
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 Semaine du 16 au 22 juillet 2008, numéro 723

 

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Arts

Prix Annuel. Depuis 8 ans, le Liban organise son murex d’or, récompensant les chefs-d’œuvre de l’année écoulée, allant au-delà des différends politiques.  

Un festival digne du pays du phœnix  

Beyrouth,
Correspondance

Désormais, c’est le rendez-vous artistique annuel incontournable que le Liban et tout le monde arabe attendent impatiemment. Sa huitième édition a été réellement couronnée par le faste qui l’a caractérisée. Si le mois de mai est la date annuelle du fameux Festival de Cannes, juin est plutôt réservé à la Nuit des murex d’or où tous les genres artistiques sont à l’honneur, présentant des œuvres qui ont marqué l’année 2007.

Contrairement à la Croisette, la huitième édition de cet événement s’est déroulée au cours d’une grande soirée. Ayant duré jusqu’au petit matin, elle a été une soirée digne des Mille et une nuits. Celle-ci s’est déroulée à la salle des ambassadeurs du célèbre Casino du Liban surplombant la baie de Jounieh à Beyrouth.

Organisée par la chaîne satellite LBC et le Lion’s Club Ourjouan, le jury de la Nuit des murex fixe un pourcentage d’évaluation allant jusqu’à 50 %, alors que 25 % des voix vient du public et 25 % des journalistes et hommes des médias. Ainsi, la Nuit des murex d’or récompense annuellement tous ces artistes qui travaillent dans des conditions difficiles, contribuant à une véritable renaissance de l’art libanais et arabe. Et quel trophée plus beau et plus symbolique que ce beau murex conçu spécialement à l’image de ce mollusque producteur de la pourpre qui faisait la notoriété des côtes phéniciennes. Le murex a aussi, pour ceux qui l’ignorent, une signification symbolique, c’est une marque de réussite et de succès.

Ainsi, en présence de plus de 50 vedettes arabes, 33 noms ont eu droit à cette magnifique statuette à trois dimensions honorant leurs œuvres et réunissant, loin de la politique et de ses déboires, tout le monde arabe, sans exception.

Présentée par la célèbre journaliste Gisèle Habib en présence du toujours souriant ministre de la Culture, Tareq Mitri, de la célèbre journaliste May Chidiac, des précurseurs du cinéma libanais, les frères Hélou, entre autres, la soirée débuta par un hommage rendu au père des millions qu’il faisait gagner dans sa célèbre émission Qui va gagner le million ? Tout le monde le reconnut, applaudissant celui qui fait l’unanimité et la joie de tous les téléspectateurs au Liban et à l’étranger, il s’agit bien entendu de Georges Cordahi. Puis, ce fut le tour du grand ami du Liban, le comédien Hussein Fahmi récompensé pour l’ensemble de son œuvre, des  chanteurs Carole Samaha et Mohamad Hamaqi, et la liste continue. La soirée n’a pas manqué de sketchs dansants et de spectacles, notamment celui donné par un grand artiste du Liban qui s’habille dans la peau des femmes. C’est Bassam Feghali qui a réussi avec brio à imiter les grands du monde du spectacle avec une prouesse sans pareille. Puis, vint le tour de la vedette syrienne Soulaf Fawakhergi, de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki, couronnée pour son film à succès, Caramel lequel a fait le tour du monde.

Sur le plan arabe, l’Egypte a eu sa part belle avec la comédienne Nelly pour l’ensemble de ses œuvres. La Syrie a été également à l’honneur pour la seconde fois avec la chanteuse Assala qui a enchanté le public avec son interprétation remarquable des chansons traditionnelles libanaises, notamment celles de la grande Sabah présente bien entendu à la soirée. L’Iraq n’a pas été oublié. Côté théâtre, c’est Jawad Al-Assadi qui remporta le trophée pour sa pièce Nissaa al-saxophone donnée sur les planches du théâtre Babel, et côté chanson c’est l’ancienne vedette de la Star Academy, Chaza Hassoun, qui fut à la page. L’Emirati Hussein Al-Jassemi fut élu meilleur chanteur arabe. Et la scène continue pour sélectionner les meilleurs acteurs, compositeurs, producteurs, comédiens, réalisateurs de vidéo-clips ou de télé-feuilletons. Ainsi, le comédien qui a interprété avec brio le rôle du roi Farouk, le Syrien Tayem Hassan, a eu droit a une véritable ovation du public.

Ainsi, et pendant plus de 5 heures de diffusion non stop, le public du Casino du Liban a applaudi ses stars, partageant avec elles ses émotions. Un moment de bonheur où l’on a pu mettre de côté les différends politiques. On a oublié en l’espace d’une soirée, la crise libanaise et l’on se pose la question : comment ce peuple dynamique arrive-t-il à produire de tels événements divertissants à l’heure où ses politiciens l’enfoncent dans le cercle infernal de la paralysie politique meurtrière ?

Mireille Bouabjian

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