Al-Ahram Hebdo, Arts | Images tonitruantes
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 Semaine du 16 au 22 juillet 2008, numéro 723

 

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Arts

Cinéma. Le Festival cinématographique de Munich, qui s’est achevé le 28 juin dernier, s’est particulièrement distingué par la présence de plusieurs cinéastes arabes aux œuvres imprégnées de douleurs.  

Images tonitruantes 

Le jour même où le gouvernement allemand était réuni pour décider des moyens d’aide qu’on peut attribuer au peuple palestinien, ont été projetés deux films arabes particulièrement touchants.

Le premier Ma Salama Jamil est l’œuvre de Omar Charquaoui, né d’une mère danoise et d’un père palestinien. Le film raconte, à l’aide d’images très violentes, les conflits de la communauté arabe à Copenhague, provenant entre autres de la haine entre chiites et sunnites. Le personnage principal, au prénom de Jamil, est déchiré entre la vengeance de sa mère cruellement tuée et l’espoir d’une meilleure vie pour son jeune fils. L’histoire prend un mauvais tournant, muant en un vrai drame avec des scènes sanglantes et fatiguantes. Même si le réalisateur avait de bonnes intentions, il n’a pas été tout à fait capable de les exprimer. Car ces images choquantes n’incitent pas à une réflexion objective sur la société musulmane. Interrogé par le public à cet égard, le réalisateur a affirmé que le film n’est pas si virulent que cela, la preuve est qu’il participera à plusieurs festivals au Moyen-Orient et qu’il sera projeté en Egypte. Il faut alors attendre les réactions.

Le deuxième film est Al-Qoloub al-mohtariqa (les cœurs brûlés) d’Ahmed El Maanouni. Un chef-d’œuvre, que l’on peut considérer aussi comme un hymne à la culture marocaine. Pris par un langage poétique, le spectateur se laisse aller facilement, partageant des émotions en noir et blanc. L’histoire est simple, elle sert de toile de fond à un poème mis en images. Le jeune architecte Amine, vivant à Paris, retourne à Fez, pour voir une dernière fois son oncle mourant qui l’a élevé. Ses visites à l’hôpital le ramènent à son enfance difficile. Son passé le hante.

Kharej Altagtia, (Out of Coverage) du Syrien Abdellatif Abdoulhamid, excelle à traduire intelligemment le dilemme éternel de l’homme pris entre deux femmes.

Comme de coutume, ces dernières années, le festival a privilégié le thème de la guerre d’Iraq. Le plus important a été un film de Mohamed Al-Daradji, La guerre, l’amour, Dieu et la folie, une sorte de documentaire sur le tournage d’une autre fiction intitulée Ahlam. L’équipe a vécu toutes les atrocités de la guerre et de la vie quotidienne en Iraq, après la chute du régime de Saddam Hussein. Le film aborde également les difficultés de trouver des acteurs à Bagdad, révélant que plusieurs comédiennes ont refusé de jouer le rôle d’Ahlam à cause d’une scène de viol.

Cette année, à l’occasion des Jeux olympiques de Pékin, le cinéma chinois s’est taillé pour la première fois une place importante dans le Filmfest München. Le cinéma actuel chinois évoque souvent les changements radicaux de la société là-bas et il donne une vision nouvelle de ce « dragon ».

Pour sa clôture, le festival a offert un cadeau au grand public, en projetant un film muet de Fritz Lang, Ernst Lubitsch, lequel a été reconstitué par les soins de la Fondation Friedrich Wilhelm Murnau et accompagné d’un concert live donné par Aljoscha Zimmermann et son ensemble.

Fawzi Soliman

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