Découvertes.
La saison des fouilles touche à sa fin, une tête de
Cléopâtre à Alexandrie ainsi qu’une forteresse et un temple
pharaonique au Sinaï viennent couronner les travaux des
missions opérant en Egypte.
Les gardiens de l’est
Une
mission archéologique égyptienne vient de découvrir dans le
Sinaï l’une des plus grandes villes du Nouvel Empire, et
ceci lors des travaux de fouilles menés dans le cadre du
projet qui a commencé en 1986 et qui vise à découvrir les
forteresses se trouvant sur l’ancienne route militaire de
Horus et qui était considérée comme étant l’axe vital
commercial et économique qui reliait l’Egypte à la Palestine
et le reste de l’Asie.
A l’intérieur de cette ville, la mission a découvert des
inscriptions appartenant au roi Touthmosis II (1516-1504 av.
J.-C.). « C’est la première fois que l’on découvre une pièce
appartenant à Touthmosis II sur la route de Horus, ce qui
prouve qu’il avait fait des constructions militaires sur ce
chemin ». C’est-à-dire avant Touthmosis III, ce conquérant
que l’on compare à Napoléon. La mission a de même révélé les
vestiges d’une forteresse en brique crue qui remonte à
l’époque de Ramsès II (1304-1237 av. J.-C.), dont les
dimensions sont de 500 mètres de long et 350 mètres de
large, et qui possède des tours dont la hauteur atteint 4 m.
Les études préliminaires du site affirment que cette
forteresse était le siège de l’armée égyptienne depuis le
Nouvel Empire (1569-1081 av. J.-C.) jusqu’à l’époque
ptolémaïque (305-31 av. J.-C.).
De plus, la révélation d’un temple dans la zone constitue un
fait inédit. « C’est la première fois qu’on découvre dans
cette région un temple qui remonte au Nouvel Empire »,
souligne Mohamad Abdel-Maqsoud, directeur des antiquités de
la Basse-Egypte et directeur de la mission. Selon lui, les
études confirment que ce temple a été construit sur les
vestiges d’une forteresse qui
remonte à la XVIIIe dynastie (1569-1315 av. J.-C.). On a de
même découvert des inscriptions appartenant aux rois Ramsès
II et à Sethi Ier (1314-1304 av. J.-C.). En fait, ces
découvertes, selon Abdel-Maqsoud, viennent confirmer les
détails inscrits sur un papyrus se trouvant actuellement au
British Museum indiquant que les entrepôts de cette
forteresse contenaient des armes et des chars. Ces
découvertes viennent de même confirmer les inscriptions
gravées sur les murs du temple de Karnak, à Louqsor,
concernant la route militaire. Ces textes concernant la
route de Horus sont considérés comme la plus ancienne carte
topographique du monde déterminant l’existence de onze
forteresses militaires dans cet endroit qui avaient comme
but de protéger les frontières est du pays, et dont cinq
seulement ont été découvertes jusqu’à présent et d’où est
sortie l’armée égyptienne au temps des rois Touthmosis III,
Ramsès II, Merenptah et autres.
Ces forteresses témoignent en fait de la stratégie de
protection des frontières adaptée par les Egyptiens. En
fait, le Sinaï était autant un glacis désertique qu’une zone
habitée en partie et exploitée. La péninsule a isolé la
Vallée du Nil de ses voisins asiatiques avec lesquels
s’établissaient des liens tantôt amicaux et faits d’échanges
et tantôt belliqueux. Sous l’Ancien et le Moyen Empire, les
expéditions se rendaient au Sinaï pour exploiter les mines.
Le Nouvel Empire, lui, témoigna des guerres et des
conquêtes, d’où l’importance des places fortes. Les fouilles
vont se poursuivre au cours de la prochaine saison pour
retrouver les autres forteresses.
Hala
Fares