Stade International du Caire.
Un projet visant à mettre en œuvre le droit d’exploitation
de ce complexe en appliquant le système du BOT soulève une
inquiétude générale. Le stade étant le symbole de tout un
patrimoine sportif.
Sur le terrain du BOT
Le
fameux Stade international du Caire entre de plain-pied, lui
aussi, dans l’ère de la libéralisation. De quoi susciter un
pincement de cœur chez tous les Egyptiens. Car ce lieu
concrétise, à lui seul, toute une histoire entamée lors de
son inauguration le 24 juillet 1960. En 1969, ce stade avait
vu l’équipe d’Ismaïli remporter pour l’Egypte la première
Coupe d’Afrique. L’autre grande date, c’est le 17 novembre
1989 quand l’Egypte remporte son match contre l’Algérie
(1-0) pour se qualifier au Mondial d’Italie en 1990. Puis,
il y a eu la victoire de l’Egypte de la Coupe d’Afrique des
nations en 1986 et des Jeux africains en 1991. Il y a deux
ans, ce stade a été le théâtre d’un moment très spécial, la
victoire de l’Egypte à la Coupe d’Afrique des nations 2006
avec, pour la première fois, des femmes sur les gradins. Des
dates mémorables et des équipes prestigieuses telles
l’Allemagne, l’Angleterre et les clubs, tels l’AS Rome, le
Real Madrid et récemment la sélection d’Argentine. C’est
pourquoi la plupart des Egyptiens refusent l’idée de mettre
en œuvre le droit d’exploitation de ce stade.
C’est l’Organisme du Stade du Caire, présidé par Abdel-Aziz
Amine, qui est à l’origine de ce projet basé sur le système
international de BOT (Build Operate Tranfer). Un système qui
consiste à exploiter les espaces vides qui se trouvent au
Stade du Caire. Leur superficie est de 226 000 m2, ce qui
représente 15 % de la surface du stade. Les sociétés ou les
hommes d’affaires pourront en profiter pour une durée de 20
à 30 ans et construire des hôtels, un restaurant, une salle
de gym, etc...
Il
faut dire que le stade su Caire ne comporte pas seulement le
terrain principal de football, mais également 6 autres sites
dont le complexe des salles couvertes et le stade de hockey,
le complexe de natation, et celui de tennis sans compter la
salle ouverte, les terrains de squash, des terrains
secondaires et le circuit d’équitation. Le but de ce projet
est que l’Organisme du stade gagne de l’argent afin de
pourvoir aux aménagements du stade et d’améliorer les
salaires des employés. « Nous pourrons consacrer cet argent
à la restauration des 7 complexes du Stade du Caire. En
fait, nous avons un plan qui vise la restauration de ces
sites, mais il nous manque le financement », souligne Ahmad
Abdel-Khaleq, directeur général de la planification et du
suivi. Le budget du stade alloué par l’Etat est 12 millions
de L.E. qui couvrent les salaires, l’entretien, et les
autres dépenses plus 2 autres millions pour le plan
d’investissement. En 2007, l’Organisme du stade a réalisé un
bénéfice de 11 millions de L.E. Mais son déficit durant les
cinq dernières années s’est élevé à 2 milliards de L.E.
En fait, depuis l’inauguration du stade en 1960, il n’a fait
l’objet que d’une seule restauration en 2006. « Cette
restauration a coûté 152 millions de L.E. Il y a eu la
rénovation des vestiaires, des gradins et des toilettes. Le
second axe fut la modernisation du stade et la mise en place
de 2 écrans géants. Mais aussi les composteurs
électroniques, les caméras de surveillance, un réseau
d’informatique », déclare Abdel-Aziz Amine, président de
l’Organisme du Stade du Caire. Il est à noter que la qualité
de la pelouse du Stade du Caire a été critiquée à plusieurs
reprises. Lors de la Coupe d’Afrique des nations 2006, les
joueurs africains se sont même plaints de son état. Ainsi,
même la pelouse restaurée il y a 2 ans a besoin de travail.
Or, le lancement de ce projet par l’Organisme du Stade du
Caire a suscité un grand débat. Les grands écrivains et
journalistes égyptiens ont protesté contre ce projet et
contre l’Organisme du Stade du Caire. De plus, plusieurs
députés à l’Assemblée du peuple ont fait une interpellation
contre Hassan Saqr, président du Comité national des sports,
concernant ce projet. Les détracteurs du projet ont peur de
perdre le stade qui est un patrimoine national. Ils ont peur
que ce stade subisse la privatisation comme plusieurs autres
sociétés égyptiennes.
La bataille continue puisque jusqu’à maintenant, le projet
en est à son début. L’Organisme du Stade du Caire a mis le
projet en adjudication et attend les offres. Ensuite, le
dossier doit être soumis au Comité national des sports qui,
à son tour, doit l’étudier avant de le présenter au Conseil
des ministres.
Doaa
Badr