Al-Ahram Hebdo,Sports | Sur le terrain du BOT
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 4 au 10 juin 2008, numéro 717

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Sports

Stade International du Caire. Un projet visant à mettre en œuvre le droit d’exploitation de ce complexe en appliquant le système du BOT soulève une inquiétude générale. Le stade étant le symbole de tout un patrimoine sportif.

Sur le terrain du BOT

Le fameux Stade international du Caire entre de plain-pied, lui aussi, dans l’ère de la libéralisation. De quoi susciter un pincement de cœur chez tous les Egyptiens. Car ce lieu concrétise, à lui seul, toute une histoire entamée lors de son inauguration le 24 juillet 1960. En 1969, ce stade avait vu l’équipe d’Ismaïli remporter pour l’Egypte la première Coupe d’Afrique. L’autre grande date, c’est le 17 novembre 1989 quand l’Egypte remporte son match contre l’Algérie (1-0) pour se qualifier au Mondial d’Italie en 1990. Puis, il y a eu la victoire de l’Egypte de la Coupe d’Afrique des nations en 1986 et des Jeux africains en 1991. Il y a deux ans, ce stade a été le théâtre d’un moment très spécial, la victoire de l’Egypte à la Coupe d’Afrique des nations 2006 avec, pour la première fois, des femmes sur les gradins. Des dates mémorables et des équipes prestigieuses telles l’Allemagne, l’Angleterre et les clubs, tels l’AS Rome, le Real Madrid et récemment la sélection d’Argentine. C’est pourquoi la plupart des Egyptiens refusent l’idée de mettre en œuvre le droit d’exploitation de ce stade.

C’est l’Organisme du Stade du Caire, présidé par Abdel-Aziz Amine, qui est à l’origine de ce projet basé sur le système international de BOT (Build Operate Tranfer). Un système qui consiste à exploiter les espaces vides qui se trouvent au Stade du Caire. Leur superficie est de 226 000 m2, ce qui représente 15 % de la surface du stade. Les sociétés ou les hommes d’affaires pourront en profiter pour une durée de 20 à 30 ans et construire des hôtels, un restaurant, une salle de gym, etc...

Il faut dire que le stade su Caire ne comporte pas seulement le terrain principal de football, mais également 6 autres sites dont le complexe des salles couvertes et le stade de hockey, le complexe de natation, et celui de tennis sans compter la salle ouverte, les terrains de squash, des terrains secondaires et le circuit d’équitation. Le but de ce projet est que l’Organisme du stade gagne de l’argent afin de pourvoir aux aménagements du stade et d’améliorer les salaires des employés. « Nous pourrons consacrer cet argent à la restauration des 7 complexes du Stade du Caire. En fait, nous avons un plan qui vise la restauration de ces sites, mais il nous manque le financement », souligne Ahmad Abdel-Khaleq, directeur général de la planification et du suivi. Le budget du stade alloué par l’Etat est 12 millions de L.E. qui couvrent les salaires, l’entretien, et les autres dépenses plus 2 autres millions pour le plan d’investissement. En 2007, l’Organisme du stade a réalisé un bénéfice de 11 millions de L.E. Mais son déficit durant les cinq dernières années s’est élevé à 2 milliards de L.E.

En fait, depuis l’inauguration du stade en 1960, il n’a fait l’objet que d’une seule restauration en 2006. « Cette restauration a coûté 152 millions de L.E. Il y a eu la rénovation des vestiaires, des gradins et des toilettes. Le second axe fut la modernisation du stade et la mise en place de 2 écrans géants. Mais aussi les composteurs électroniques, les caméras de surveillance, un réseau d’informatique », déclare Abdel-Aziz Amine, président de l’Organisme du Stade du Caire. Il est à noter que la qualité de la pelouse du Stade du Caire a été critiquée à plusieurs reprises. Lors de la Coupe d’Afrique des nations 2006, les joueurs africains se sont même plaints de son état. Ainsi, même la pelouse restaurée il y a 2 ans a besoin de travail.

Or, le lancement de ce projet par l’Organisme du Stade du Caire a suscité un grand débat. Les grands écrivains et journalistes égyptiens ont protesté contre ce projet et contre l’Organisme du Stade du Caire. De plus, plusieurs députés à l’Assemblée du peuple ont fait une interpellation contre Hassan Saqr, président du Comité national des sports, concernant ce projet. Les détracteurs du projet ont peur de perdre le stade qui est un patrimoine national. Ils ont peur que ce stade subisse la privatisation comme plusieurs autres sociétés égyptiennes.

La bataille continue puisque jusqu’à maintenant, le projet en est à son début. L’Organisme du Stade du Caire a mis le projet en adjudication et attend les offres. Ensuite, le dossier doit être soumis au Comité national des sports qui, à son tour, doit l’étudier avant de le présenter au Conseil des ministres.

Doaa Badr

Retour au sommaire

 

3 questions à Abdel-Aziz Amine, président de l’Organisme du Stade du Caire.

« Nous visons à transformer l’organisme en holding »

Al-Ahram Hebdo : Expliquez-nous le projet du BOT du Stade international du Caire ?

Abdel-Aziz Amine : Ce projet est très ancien, il date du temps de Alieddine Hilal, qui était ministre de la Jeunesse. Nous avons ensuite continué les discussions sur ce projet avec le président du Comité national des sports, Hassan Saqr. Ce dernier a l’esprit ouvert et est à la recherche de nouvelles idées. Il a approuvé ce projet qui vise à mettre en œuvre le droit d’exploitation des terrains vides autour du stade d’une superficie de 226 000 m 2 pour une durée de 30 ans. Nous visons à travers ce projet à transformer le stade qui était pour longtemps un organisme de service et qui ne vise pas le gain, en une société holding. Les sociétés intéressées pourront construire par exemple des hôtels, des restaurants, des centres commerciaux en contrepartie d’un droit d’exploitation. Nous avons fait rappel à un conseiller pour étudier et planifier ce projet et il existe un comité du Conseil d’Etat qui l’étudie également. En fait, nous avons bien étudié ce système appliqué dans les stades à Munich, Sydney, Pékin et au Qatar.

— Quel est l’objectif de ce projet ?

— A travers ce projet, l’Organise du stade pourra réaliser des gains à travers lesquels nous pourrons améliorer l’état du stade. Ce dernier a besoin de beaucoup du travail en matière d’infrastructure. Mais ce n’est pas tout, les employés du stade ont eux aussi besoin de formation. Avec de l’argent, nous pourrons envoyer les employés à l’étranger afin d’améliorer leur niveau en étudiant les systèmes internationaux d’administration.

— Le terrain principal du football a suscité un grand débat. Est-ce qu’il est prêt pour les matchs ou a-t-il besoin de restauration ?

— Le Stade du football est prêt et nous n’avons aucun problème. Mais nous espérons améliorer la pelouse qui est un peu dure, en appliquant les nouvelles technologies. Aujourd’hui, 80 % de la pelouse est composée de sable et 20 % de boue. Selon la technologie moderne, la pelouse doit être composée à 100 % de sable, ce qui donne aux joueurs plus de souplesse ; nous devons également la niveler.

Propos recueillis par D. B.

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.