Al-Ahram Hebdo, Sports | « Les arbitres sont des êtres humains »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 4 au 10 juin 2008, numéro 717

 

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Sports

Football. Très critiqué cette saison, Gamal Al-Ghandour, président du comité d’arbitrage auprès de la Fédération égyptienne de football, s’explique sur ses méthodes de travail et dresse son bilan.

« Les arbitres sont des êtres humains »

Al-ahram hebdo : Cette saison footballistique qui vient de s’achever a été marquée par les polémiques autour de l’arbitrage …

Gamal Al-Ghandour : La question ne concerne seulement pas cette saison. Critiquer l’arbitrage est l’une des traditions de la presse depuis longtemps. Nous sommes habitués à nous voir critiquer et attaquer par les médias et les dirigeants des clubs avec et sans raisons.

— Il n’y a pas que les critiques des médias et des clubs. Vous êtes aussi critiqué par des membres de la Fédération Egyptienne de Football (FEF) ...

— Dès mon arrivée à la tête du comité d’arbitrage au sein de la FEF au début de la saison 2005-2006, des membres de la FEF ne voulaient pas de moi. Ils sont en différend avec moi. Mais le problème est que ce n’est pas un simple différend théorique sur la manière de travailler, il concerne le simple fait d’en avoir un ! Ces membres ne ratent aucune occasion pour me bombarder de critiques acerbes dans les médias. C’est décevant. Mais vraiment le point positif est que la position de la FEF reste en ma faveur. La FEF me soutient toujours et malgré les critiques dont le comité d’arbitrage est l’objet, elle le soutient et soutient notre politique de travail.

— Le directeur technique d’Al-Masri, Hossam Hassan, a critiqué le comité d’arbitrage suite au penalty sifflé contre son équipe en faveur d’Enppi, en dernière journée de championnat. Il veut se présenter aux prochaines élections de la FEF, pour  mettre fin à ce qu’il appelle les « scandales de l’arbitrage ». Qu’en pensez-vous ?

— Hossam Hassan s’est trop énervé après ce match pour avoir concédé un nul à domicile, 2-2, après avoir mené 2-1 la rencontre. Il a perdu le contrôle et a fait ces déclarations qui sont hors de toute logique. Et c’est humain. Mais nous ne pouvons pas discuter ces déclarations avec lui, car à mon avis il n’était pas très conscient de ce qu’il disait à cause de la tension du match. C’est normal, il est directeur technique et ne veut pas perdre. En tout cas, je ne peux pas répondre à de telles déclarations …

— Mais à part ces critiques de Hossam Hassan, il y a vraiment eu cette saison des erreurs d’arbitrage qui ont changé les résultats des matchs ...

— Je ne nie pas qu’il y a eu des erreurs, les arbitres sont des êtres humains. Ils ne sont pas des extraterrestres qui ne commettent jamais de fautes. Mais l’essentiel est que ces erreurs n’ont pas été intentionnelles. Je parle avec mes arbitres après les matchs, et il y a sans doute des récompenses et des punitions à distribuer, selon leurs performances.

— Vous venez de remercier la FEF pour vous avoir soutenu et pour avoir soutenu votre politique de travail. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

— Je préfère parler avec des chiffres, c’est plus crédible. Depuis mon arrivée au début de la saison 2005-2006, j’ai appliqué le règlement des arbitres professionnels. Du côté financier, l’arbitre touchait 200 L.E. par match, ce que je considère comme une honte pour l’arbitrage égyptien. Aujourd’hui et après trois saisons, les primes d’arbitrage pour un match sont passées de 200 à 600 L.E., soit 300 %. Du côté technique, en arrivant j’ai commencé à étudier le niveau des arbitres qui existaient jusque-là. J’ai trouvé onze arbitres centraux seulement, qui sont à la hauteur d’arbitrer en championnat de première division. Alors, je les ai gardés et adopté un nouveau système de formation d’arbitres. J’ai commencé par chercher des arbitres talentueux. Je leur ai élaboré un programme de formation. Une fois prêt, je teste chaque arbitre lors de deux matchs de deuxième division, s’il réussit, je lui donne un match en D1. Normalement je commence par un match facile, et quand ils gagnent en confiance et expérience, je leur confie des matchs plus importants comme ceux de Zamalek, Ahli ou Ismaïli, par exemple. Lors de ma première saison, sur les 17 arbitres talentueux, 8 seulement ont réussi à la fin de la formation. Le nombre a augmenté la saison suivante. Ce système a porté ses fruits, et après 3 saisons le nombre d’arbitres centraux de D1 est passé de 11 arbitres en 2005 à 40 à la fin de cette saison. Seuls Essam Abdel-Fattah, Ahmad Ouda et Mohamad Kamal « Richa » sont toujours là depuis 2005-2006 et les autres sont les nouveaux prometteurs.

— Malgré tous ces succès, comment justifiez-vous ces critiques qui vous sont adressées, comme celle disant que ce comité d’arbitrage est le pire de tous ? 

— C’est normal. En arrivant en 2005, je savais que j’allais faire face à beaucoup de critiques et d’attaques, car je veux opérer des réformes, et partout dans le monde, ceux qui font des réformes sont toujours critiqués et attaqués au début par les autres. Dès le premier jour, j’ai connu des critiques et des attaques sévères par tout le monde. Si je n’avais pas cru en ce que je faisais, je serais parti surtout que j’ai beaucoup d’autres propositions. Mais j’ai préféré rester pour continuer ce que j’avais commencé. 

— Et pour la saison prochaine ?

— Je vais continuer ma mission pour essayer d’accomplir ce que j’ai déjà commencé il y a trois saisons.

— Il paraît que vous avez reçu une bonne proposition de la Fédération d’Oman et que vous allez quitter la tête du comité d’arbitrage de la Fédération égyptienne de football. C’est vrai ?

— Moi aussi j’ai entendu cela à la télévision et j’ai été très étonné. En plus, c’est le vice-président de la Fédération égyptienne de football qui l’a annoncé sur son émission sportive diffusée sur une chaîne privée. Je suis encore plus étonné. Je n’ai rien reçu de la Fédération d’Oman et j’ai l’intention de continuer avec la FEF.

— Il y a 10 ans, en revenant de la Coupe du monde 1998, vous avez confié à Al-Ahram Hebdo avoir beaucoup de rêves en ce qui concerne l’arbitrage égyptien. Aujourd’hui, avez-vous réalisé ce dont vous rêviez ?

— Franchement ce que j’ai réalisé va au-delà de mes rêves. J’ai réussi à me faire un nom, ainsi qu’à inscrire celui de mon pays et de mon continent dans l’Histoire. J’étais le premier arbitre arabe, africain et égyptien à arbitrer à l’Euro lors de l’édition 2000 puis le premier à arbitrer aux éliminatoires de la Coupe du monde (zone Amérique du Sud) en arbitrant le match Jamaïque–Mexique. En 2001, j’ai arbitré la Coupe des confédérations et j’ai eu l’honneur d’arbitrer la demi-finale entre la France et le Brésil. J’ai participé à la Coupe du monde 2002 co-organisée par la Corée du Sud et le Japon, et après avoir réussi un bon premier tour, le comité d’organisation m’a confié un match de quarts de finale entre l’Espagne et la Corée du Sud. Après avoir arrêté ma carrière d’arbitre, j’ai réussi mon rêve de formation des arbitres et j’ai réussi plusieurs autres choses, dont la plus importante est de devenir instructeur international auprès de la FIFA et superviseur de la FIFA sur les arbitres pour la Coupe du monde des moins de 20 ans (Canada 2007) et la Coupe du monde des moins de 17 ans (Corée du Sud 2007). Depuis 2003, je suis membre du comité d’arbitrage auprès de l’Union arabe de football et depuis 2005 je suis devenu le premier président du premier comité d’arbitrage professionnel en Egypte. En plus de cela, je suis le premier à intégrer l’analyse technique pour l’arbitrage des matchs à la télévision avec une méthode scientifique et académique, une première pour les chaînes de télévisions arabes.

— L’Egypte joue son premier match aux éliminatoires combinées de la Coupe du monde et de la Coupe d’Afrique des nations 2010 contre la RD Congo. Quelles sont, selon vous, les chances des Pharaons de se qualifier au Mondial ?

— Tout ce que je peux dire, c’est que cette fois-ci, les chances de l’Egypte sont meilleures par rapport aux éliminatoires précédentes. Mais cela ne veut pas dire que la qualification sera facilement acquise … Il faut beaucoup de concentration et de volonté. Si les Egyptiens présentent le même football que celui de Ghana-2008 et que les joueurs évoluent avec le même esprit de cette CAN, ils pourront facilement arracher leur ticket pour l’Afrique du Sud 2010.

Propos recueillis par Amr Moheb

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