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 Semaine du 4 au 10 juin 2008, numéro 717

 

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Opinion
 

La nouvelle Europe

Salama A. Salama

Contrairement à ce qui se passe dans nos pays, le droit de grève dans les Etats européens est un droit élémentaire permettant aux citoyens d’exprimer leurs revendications. J’ai dernièrement passé quelques jours à Paris durant lesquels les travailleurs dans le secteur des transports, les agriculteurs, les chauffeurs de camions, les producteurs de produits laitiers et les pêcheurs faisaient la grève. Le point commun entre tous ces grévistes était la protestation contre la hausse des prix des combustibles, qui a eu des répercussions néfastes sur le niveau de vie des citoyens, au point que Sarkozy a proposé d’annuler ou de baisser les taxes sur les combustibles.

Or, de telles mutations économiques que les services de suivi de l’Union Européenne (UE) prédisent et collaborent à contrôler ne causent pas un déséquilibre et ne mènent pas à la proclamation de l’état d’urgence. Et voilà que l’UE est aujourd’hui devenue le plus important bloc économique et politique dans le monde.

Le plus important dans tout ceci est le rôle que dirige la France de Sarkozy qui insiste à modifier ce dire de Donald Rumsfeld, l’ancien secrétaire à la Défense, selon lequel les pays européens refusant la guerre contre l’Iraq étaient qualifiées de « vieille Europe » en comparaison avec « la nouvelle Europe » qui s’est engagée dans les aventures de Bush comme la Grande-Bretagne, l’Espagne et l’Italie et qui ont vite fait de le regretter.

Aujourd’hui, Sarkozy tente de redonner à l’Europe son influence perdue sur la scène mondiale pour redevenir le centre d’un monde multipolaire où il ne faut pas laisser les Etats-Unis s’accaparer la prise de décision. Son objectif est également de ne laisser aucun vide qui permettrait à des forces comme la Chine, la Russie et l’Inde d’annuler ou d’affaiblir le rôle européen.

L’occasion à laquelle s’attache la France, malgré toutes les critiques adressées personnellement à Sarkozy, est qu’elle préside l’UE dans une phase cruciale de son évolution par l’intermédiaire de l’accord de Lisbonne qui a fondé l’UE sur de nouvelles bases. C’est-à-dire un seul président et une politique étrangère unique. La modernisation de l’UE coïncide avec une nouvelle administration américaine prévue pour janvier prochain. C’est ainsi que l’Europe pourra présenter une Feuille de route unique avec la coopération des Etats-Unis, en ce qui concerne des questions internationales très compliquées, dont les dossiers étaient jusqu’aujourd’hui accaparés par les Etats-Unis, comme le Proche-Orient, les conflits à l’intérieur de l’Afrique, la politique européenne de défense, etc. Et ce, en plus des problèmes qui viennent des Etats de voisinage comme l’Europe de l’Est ou les Etats du Sud de la Méditerranée, sans oublier l’immigration, les changements climatiques, l’énergie et la crise de nourriture.

Il y a donc des intérêts communs, qui convergent ou divergent, entre la nouvelle Europe et les pays arabes du littoral méditerranéen. Et du point de vue de la France, le processus de Barcelone n’a pas réalisé ses objectifs dans la réalisation de la stabilité dans la région par le règlement du conflit arabo-israélien. Donc, « l’Union pour la Méditerranée » constitue pour Sarkozy la solution magique qui évite les défauts de Barcelone. Mais quelle union et pour quelle Méditerranée ?

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