Al-Ahram Hebdo, Egypte | Réglementer le marché du travail
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 4 au 10 juin 2008, numéro 717

 

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Egypte

Main-d’Oeuvre. Le ministère prend des mesures pour mieux contrôler le nombre des travailleurs étrangers. Une démarche qui s’inscrit dans la lutte contre le chômage. 

Réglementer le marché du travail 

22 231. C’est le nombre des étrangers qui travaillent en Egypte en vertu d’une autorisation du ministère de la Main-d’œuvre. Ce chiffre officiel ne représente sûrement pas le nombre total des travailleurs étrangers dans le pays, puisqu’un nombre non défini exerce beaucoup de métiers au noir. Pour remédier à ce problème, Aïcha Abdel-Hadi, la ministre de la Main-d’œuvre, a donné ses ordres à toutes les institutions et organismes publics et privés de suspendre les salaires de leurs personnels étrangers jusqu’à ce qu’ils régularisent leur situation auprès du ministère. La loi 137 de l’année 1981 interdisant aux résidants étrangers de travailler sans autorisation du ministère n’est pas très respectée. La plupart des établissements ne respectent pas non plus le plafond précisé par la loi 12 de l’année 2003 qui limite à 10 % du personnel le nombre de travailleurs étrangers.

Pour assurer une meilleure efficacité à la récente décision ministérielle, de nombreuses démarches seront prises. Les campagnes d’inspection seront intensifiées dans la prochaine période sur divers lieux de travail. Les chefs d’entreprises contrevenants devront payer une amende qui varie entre 2 000 à 5 000 L.E. En outre, les autorisations ne seront renouvelées que si le ministère estime que les travailleurs en question sont utilisés dans la formation du personnel égyptien qui devra prendre la relève un jour. Dans ce contexte, un comité sera formé fin juin pour préparer un amendement de la loi du travail. Toutes les clauses relatives à la main-d’œuvre étrangère doivent désormais être amendées en fonction de la nouvelle réalité socioéconomique de l’Egypte.

Selon les spécialistes, un certain équilibre devra être réalisé entre la lutte contre le chômage et l’expansion économique qui nécessite le recours à l’expertise étrangère.

Selon la ministre Aïcha Abdel-Hadi, cette décision ne vise pas à se dispenser totalement de la main-d’œuvre étrangère, « mais plutôt à en contrôler l’importance de sorte à éviter tout empiétement sur les chances des Egyptiens à trouver un emploi ».

En fait, le flux de la main-d’œuvre étrangère a commencé à se faire sentir dans les années 1990 avec la croissance des investissements étrangers en Egypte et l’établissement d’un grand nombre de compagnies multinationales. De même, l’épanouissement du secteur du tourisme et de l’enseignement privé a créé le besoin d’une main-d’œuvre maîtrisant les langues étrangères. Il est en de même pour le secteur médical, surtout dans les hôpitaux dits « cinq étoiles » qui font appel aux infirmières étrangères dans le but de présenter « un service de qualité ». En général, la main-d’œuvre européenne est surtout répandue dans le business, alors que les travailleurs africains et asiatiques se trouvent dans le secteur industriel et commercial. « C’est illogique de laisser cette main-d’œuvre s’établir aux dépens des jeunes Egyptiens dont certains risquent leur vie dans des tentatives d’émigration illégitime à la quête d’une chance de travail », lâche Hussein Abdel-Razeq, du parti du Rassemblement. Sur le plan économique, Ali Hussein, professeur d’économie à l’Université de Hélouan, pense que la présence de cette main-d’œuvre est justifiée, surtout dans les pays en voie de développement. Toutefois, le phénomène doit être réglé, car trop de travailleurs étrangers entraînerait des conséquences économiques négatives. « Ces travailleurs touchent leur salaire en dollars et le transfèrent à l’étranger, ce qui, à un moment donné, pourrait entraîner une dévaluation de la livre égyptienne face au dollar, et une pénurie de devises étrangères », indique le professeur.

De l’autre côté de la barre, beaucoup d’hommes d’affaires n’ont pas très bien accueilli la nouvelle tendance du ministère. « Notre agence a eu recours aux jeunes diplômés des facultés de langues étrangères, mais ils n’étaient pas du tout compétents. Ceci a affecté notre réputation et nous avons dû avoir recours à des guides étrangers qui se sont avérés plus compétents », explique Ali Bahaeddine, propriétaire d’une agence de tourisme. Il regrette les démarches administratives, selon lui, trop compliquées, que nécessite le renouvellement du permis du travail et craint que la nouvelle tendance du ministère n’en rende les procédures encore plus difficiles.

D’autres estiment que la démarche du ministère ne représente pas une solution au problème du chômage dont les causes sont beaucoup plus compliquées. Nabil Abdel-Fattah, chercheur au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, pense que les efforts du ministère de la Main-d’œuvre n’atteindront pas leur objectif. Selon lui, tant que le niveau de nos diplômés restera dramatiquement inférieur à celui de leurs homologues étrangers, les chefs d’entreprises et patrons de travail trouveront des moyens détournés pour garder leur personnel étranger. « Le problème réside avant tout dans le niveau d’enseignement », conclut Abdel-Fattah.

Mirande Youssef

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Opération nettoyage des toits 

Le gouvernorat du Caire a décidé de lancer, début juillet, une campagne de propreté pour nettoyer les toits des immeubles du centre du Caire, transformés souvent en dépôts de déchets.

Pour les habitants du centre-ville, la vue panoramique est entachée par les toits voisins qui offrent un spectacle peu agréable.

De vieux meubles, des appareils électroménagers, des pneus de voiture, bref, tout ce qui n’est plus nécessaire est transporté vers l’espace d’en haut ... une vieille habitude contre laquelle le gouvernorat du Caire commence à lutter.

A partir du mois de juillet et pour trois mois, il lancera une campagne pour embellir les vieux bâtiments des principaux ronds-points et axes routiers comme les places Tahrir, Ramsès, l’Opéra, les rues Gomhouriya et Abdine qui comptent beaucoup d’immeubles d’une grande valeur architecturale.

Le nettoyage des toits fait partie d’une plus large campagne ayant commencé en 2006 et qui consiste également à multiplier les espaces verts et à repeindre les façades des immeubles, toujours au centre du Caire.

Les ouvriers de propreté dépendant du gouvernorat, certaines ONG œuvrant dans le domaine de l’environnement ainsi qu’un groupe de lycéens et d’étudiants participeront à la campagne.

« Les ONG et les étudiants auront surtout un rôle de sensibilisation. Ils distribueront des brochures aux habitants pour expliquer les dangers de transformer les toits de leurs maisons en dépôts d’ordures », déclare Mohamad Sultan, responsable au gouvernorat du Caire.

Il ajoute que les ONG ont fait un don de 50 arbres et 5 000 pots de plantes pour être placés devant et sur les toits des immeubles en question. « Les plantes sur les toits sont très utiles surtout dans une mégapole comme Le Caire, elles réduisent l’effet des gaz d’échappement et entraînent une baisse de la température, et par conséquent une réduction de l’utilisation des climatiseurs ... sans parler de leur effet esthétique », explique Ragheb Daoud, directeur d’une ONG appelée l’Organisation de la protection de l’environnement qui participe au projet.

Mirande Youssef

 




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