Diplomatie.
Le président Moubarak s’est rendu à Rome cette semaine pour
une visite de trois jours durant laquelle il a assisté à la
conférence de l’Organisation pour l’alimentation et
l’agriculture (FAO)
L’Egypte demande une solution à la crise alimentaire
Comment
faire face au problème de la hausse des prix des produits
alimentaires, et quelles sont les stratégies à adopter pour
garantir la sécurité alimentaire dans le monde ? Tels
étaient les thèmes abordés par le président Moubarak à la
conférence de la FAO (Organisation de l’alimentation et
l’agriculture) organisée du 3 au 5 juin à Rome. Accompagné
de plusieurs ministres, le chef de l’Etat a été le premier
interlocuteur parmi les 30 chefs d’Etat et de gouvernements
qui ont participé à cet événement. Moubarak a appelé à une
position commune des pays participants pour trouver des
remèdes face à la flambée des prix des denrées alimentaires.
Cette visite du chef de l’Etat à Rome pour participer à la
conférence de la FAO intervient à un moment où l’Egypte est
frappée par la crise alimentaire mondiale. En effet, la
hausse des prix du blé sur les marchés mondiaux a provoqué
une hausse simultanée de cette denrée en Egypte occasionnant
sa vente sur le marché noir et provoquant une pénurie de
pain et une hausse des prix d’autres denrées comme les
pâtes. « Or, Le Caire s’inquiète des conséquences de cette
crise alimentaire qui a envahi le monde. L’Egypte, qui
souffre d’une démographie galopante avec ses 80 millions
d’habitants, serait le premier pays touché dans la région
arabe si cette crise venait à s’aggraver », analyse
Abdel-Hamid Chadi, politologue. D’où la nécessité urgente de
faire pression sur les pays industrialisés pour adopter un
plan d’action face à la crise. Selon une source diplomatique
qui a requis l’anonymat, l’Egypte a soulevé la question
épineuse des agrocarburants. « L’incinération par les pays
riches des denrées alimentaires pour avoir de l’énergie va
générer un sentiment de haine chez les pays pauvres qui ne
trouvent pas ces denrées pour se nourrir », explique la
source. Et d’expliquer qu’une crise alimentaire mondiale
aggravée pourrait mener à la violence et encourager
l’immigration clandestine vers les pays du Nord. C’est
précisément ce que l’Egypte entend expliquer au cours de
cette conférence. La FAO a averti que les prix agricoles
allaient demeurer à des niveaux très élevés au cours de la
prochaine décennie. L’organisation internationale, qui
réclame de 1,2 à 1,7 milliard de dollars pour des programmes
urgents de distribution de semences et de fertilisants afin
de sauver la production agricole de l’année 2008-2009,
espère recueillir pendant le sommet des engagements
financiers, même si le but de la conférence n’est pas de
lever des fonds.
Mémorandums d’entente
Durant son séjour à Rome, Moubarak doit avoir des entretiens
bilatéraux intensifs avec les chefs d’Etat, les présidents
des organisations internationales participant à la
conférence incluant le président français Sarkozy , le
premier ministre japonais, et le directeur général de la
FAO. Selon le ministre des Affaires étrangères, Ahmad
Aboul-Gheit, ces entretiens seront axés sur la sécurité
alimentaire. Aboul-Gheit a déclaré que c’est la première
visite officielle d’un président arabe en Italie depuis
l’arrivée du gouvernement Silvio Berlusconi. Les deux pays
doivent signer des contrats dans les domaines politique,
économique et agricole. Des mémorandums d’entente seront
signés entre les deux pays sur le lancement d’un partenariat
stratégique renforcé concernant le développement du Musée
égyptien, la protection des biens culturels et la
coopération dans le domaine des pêcheries. D’autre part, la
création d’une université égypto-italienne spécialisée dans
l’enseignement technique a été également à l’ordre du jour.
Les deux pays entendent relancer leurs relations
commerciales. L’Italie est le premier partenaire commercial
de l’Egypte au niveau européen. Les questions politiques ont
enfin figuré à l’ordre du jour des entretiens
Moubarak-Berlusconi comme le processus de paix, l’Iraq, la
situation au Liban ainsi que les moyens de relancer le
processus de coopération euro-méditerranéenne.
Chérif Ahmed