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 Semaine du 4 au 10 juin 2008, numéro 717

 

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Economie

Impôt Foncier. Kamal Abou-Eita, directeur du suivi au ministère des Finances, s’exprime sur la nouvelle loi en préparation.  

« Il nous faut un système où les riches payent le plus » 

Al-Ahram Hebdo : Une nouvelle loi sur l’impôt foncier est en préparation. Quel est, selon vous, son intérêt ?  

Kamal Abou-Eita : Il y a une nécessité d’avoir une telle loi, puisqu’on souffre actuellement de l’application en la matière de lois contradictoires. Certaines remontent aux années 1800, d’autres à 1954 et 1964. Nous avons connu différents régimes politiques passant par le roi Farouq, Nasser et Sadate. Chacun de ces régimes a promulgué des lois en faveur de ses partisans. C’est ainsi qu’il nous faut de nouvelles lois qui aillent de pair avec toutes les modifications économiques. Mais il nous faut un système où les plus riches payent le plus.

— Mais pensez-vous que cette nouvelle loi est adaptée ?

— La base pour chaque impôt est une somme d’argent payée à partir d’un revenu réalisé. Mais ce qui est actuellement en discussion est qu’elle soit appliquée même sur les logements. Il y a un grand débat autour de ce point. Or, le problème dans la nouvelle loi est celui des catégories qui ne séparent pas entre les revenus moyens et les plus forts.

— Une exemption pour les loyers ne dépassant pas les 5 000 L.E. et les propriétés n’excédant pas les 400 000 L.E. est prévue. Est ce convenable, selon vous ?

— Cette nouvelle loi se base sur l’évaluation du marché et non pas sur l’évaluation du loyer de cette unité. Cette dernière serait plus juste, notamment avec les 25 % de réduction pour frais d’entretien. En outre, une taxe progressive est une nécessité que la loi a négligée pour garantir un équilibre social. On doit créer un impôt sur les très grandes propriétés et les villages touristiques. Une diversification des tranches pourrait être un casse-tête pour le calcul, mais cela réalisera une justice sociale. Le phénomène le plus flagrant dans notre société est l’accumulation des biens et des richesses par une tranche minime de la société. Par exemple, une révision annuelle pour davantage d’exemptions d’impôts  en faveur des investisseurs afin d’encourager l’investissement. Moi, je pense que de telles exemptions ne servent qu’à opprimer les pauvres.

— Quel sera l’impact de cette nouvelle loi sur le secteur immobilier ?

— Le prix des logements a augmenté en une seule année de 100 %. La classe moyenne a mis toute son épargne pour acheter un logement. Son salaire est très modeste, donc elle très affectée. Cela freinera la croissance de ce secteur puisque personne n’aura recours à un tel investissement, notamment avec l’envolée des prix des matières de construction.

— Les loyers n’augmenteront-ils pas avec la mise en application de cette loi ?

— Logiquement oui, puisque c’est le propriétaire du loyer qui assumera cet impôt. Mais j’espère que l’Etat réglera cette affaire. Il a le pouvoir de contrôler les propriétaires, qu’il peut utiliser quand il veut.

Ibtissam Zayed

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