Impôt Foncier.
Kamal Abou-Eita,
directeur du suivi au ministère des Finances, s’exprime sur
la nouvelle loi en préparation.
« Il nous faut un système où les riches payent le plus »
Al-Ahram
Hebdo : Une nouvelle loi sur l’impôt foncier est en
préparation. Quel est, selon vous, son intérêt ?
Kamal Abou-Eita :
Il y a une nécessité d’avoir une telle loi, puisqu’on
souffre actuellement de l’application en la matière de lois
contradictoires. Certaines remontent aux années 1800,
d’autres à 1954 et 1964. Nous avons connu différents régimes
politiques passant par le roi Farouq,
Nasser et Sadate. Chacun de ces régimes a promulgué des lois
en faveur de ses partisans. C’est ainsi qu’il nous faut de
nouvelles lois qui aillent de pair avec toutes les
modifications économiques. Mais il nous faut un système où
les plus riches payent le plus.
— Mais pensez-vous que cette nouvelle loi est adaptée ?
— La base pour chaque impôt est une somme d’argent payée à
partir d’un revenu réalisé. Mais ce qui est actuellement en
discussion est qu’elle soit appliquée même sur les
logements. Il y a un grand débat autour de ce point. Or, le
problème dans la nouvelle loi est celui des catégories qui
ne séparent pas entre les revenus moyens et les plus forts.
— Une exemption pour les loyers ne dépassant pas les 5 000
L.E. et les propriétés n’excédant pas les 400 000 L.E. est
prévue. Est ce convenable, selon vous ?
— Cette nouvelle loi se base sur l’évaluation du marché et
non pas sur l’évaluation du loyer de cette unité. Cette
dernière serait plus juste, notamment avec les 25 % de
réduction pour frais d’entretien. En outre, une taxe
progressive est une nécessité que la loi a négligée pour
garantir un équilibre social. On doit créer un impôt sur les
très grandes propriétés et les villages touristiques. Une
diversification des tranches pourrait être un casse-tête
pour le calcul, mais cela
réalisera une justice sociale. Le phénomène le plus flagrant
dans notre société est l’accumulation des biens et des
richesses par une tranche minime de la société. Par exemple,
une révision annuelle pour davantage d’exemptions d’impôts
en faveur des investisseurs afin d’encourager
l’investissement. Moi, je pense que de telles exemptions ne
servent qu’à opprimer les pauvres.
— Quel sera l’impact de cette nouvelle loi sur le secteur
immobilier ?
— Le prix des logements a augmenté en une seule année de 100
%. La classe moyenne a mis toute son épargne pour acheter un
logement. Son salaire est très modeste, donc elle très
affectée. Cela freinera la croissance de ce secteur puisque
personne n’aura recours à un tel investissement, notamment
avec l’envolée des prix des matières de construction.
— Les loyers n’augmenteront-ils pas avec la mise en
application de cette loi ?
— Logiquement oui, puisque c’est le propriétaire du loyer
qui assumera cet impôt. Mais j’espère que l’Etat réglera
cette affaire. Il a le pouvoir de contrôler les
propriétaires, qu’il peut utiliser quand il veut.
Ibtissam
Zayed