Gouvernement.
La pénurie d’eau est encore loin d’être réglée en dépit de
travaux en cours, mais insuffisamment
financés.
Au compte-gouttes
Le
30 juin 2008 : un rendez-vous important pour Ahmad
Al-Maghrabi, ministre de l’Habitat. C’est la fin du délai
qu’il a accordé à l’Organisme des égouts et de l’eau potable
afin de régler les problèmes de l’or bleu en Egypte : manque
d’eau d’un côté et pollution d’un autre. D’ailleurs, l’été
2007 a été inoubliable pour Al-Maghrabi. L’Egypte a vécu
pour la première fois et depuis des années des
manifestations et des sit-in dans les quatre coins du pays
contre la pénurie. La scène la plus dure était celle des
citoyens de Borg Al-Borollos dans le nord du pays, où il
n’existe pas de réseau. Ils attendent les camions-citernes
qui leur transportent ce liquide précieux. Malgré cela, ils
acceptent leur sort. Mais le pire est que ces véhicules ont
commencé à diminuer leur rendement. Pour riposter, les
habitants ont organisé des manifestations, des sit-in mais
sans la moindre utilité. Un jour, ils ont perdu patience,
les villageois ont bloqué pendant 10 heures l’autoroute
Baltim-Borollos avec leurs jerrycans vides comme symbole.
Les incidents de Borg Al-Borollos étaient le point de départ
qui a mis le feu partout. La crise de l’eau n’était pas
limitée seulement aux villages, mais elle a atteint aussi
les quartiers huppés du Caire comme Madinet Nasr, qui se
trouve tout près de la résidence présidentielle. De même,
les nouvelles villes ont été atteintes, comme Al-Chourouq,
où les citoyens ont expliqué le problème par une édification
des villes sans plan précis au départ. De même, le quartier
de Maadi qui regroupe le plus grand nombre de diplomates a
souffert de cette pénurie. Les citoyens des quartiers
Al-Haram et Fayçal, près des glorieuses pyramides, n’ont pas
été épargnés.
Ce ne sont pas seulement les foyers qui ont souffert mais
aussi les magasins qui ont été obligés de fermer leurs
portes momentanément en pleine saison.
Mais comment le pays du Nil pouvait-il souffrir de cette
sécheresse ? « Il s’agit d’un problème temporaire lié aux
travaux entrepris pour renouveler le réseau de distribution
de l’eau en Egypte », c’est ainsi que le ministre avait
déclaré à l’époque. Il a de même promis que la crise de
cette année soit la dernière de ce genre en Egypte en
donnant un délai jusqu’au 30 juin à l’Organisme des égouts
et de l’eau potable pour terminer les travaux de la première
phase d’un long plan et qui a pour but d’augmenter le taux
de l’eau de 25 % par rapport à la production actuelle. C’est
d’ailleurs ce qu’a affirmé Hamdine Sabbahi, député nassérien
de la circonscription où se trouve Al-Borollos. Pour lui, si
les travaux se poursuivent sur le même rythme, cet été va se
passer en paix. Mais il paraît que ce genre de solutions
temporaires ne vont pas régler le problème, surtout après
les déclarations de Saïd Saad, vice-président de l’Organisme
des égouts et de l’eau potable, qui a expliqué que
l’organisme a demandé 6,3 milliards de L.E. pour son budget
2008/2009, mais n’a reçu que 2 milliards. Cela veut dire
d’après lui que le manque d’investissements va mener à un
ralentissement des travaux. Peut-être que le citoyen
pourrait résister à l’augmentation des prix des denrées, au
manque du pain, mais peut-il résister à l’absence de l’eau
pour quelques jours ?
Chérine
Abdel-Azim