Gouvernement.
La hausse des prix que le gouvernement n’arrive pas à
juguler continue à susciter des réactions de colère et des
grèves.
Le leitmotiv de la contestation
«
Nous ne voulons pas être gouvernés par la Banque mondiale »,
« Non au gouvernement du capitalisme » , « Non à un
gouvernement qui pille son peuple », tels ont été les
slogans contre l’inflation des prix. Les manifestations sont
venues s’ajouter à la colère grandissante contre l’inflation
des prix qui a bouleversé les citoyens égyptiens durant la
dernière année. Des cris qui se suivent alors que le
gouvernement continue à faire la sourde oreille. Le
mécontentement populaire qui a dernièrement secoué l’Egypte,
face à la hausse des prix, n’a pas empêché le Parlement
d’approuver une nouvelle augmentation de 30 à 50 % des prix
des produits pétroliers, pour la deuxième fois depuis juin
2006. Le mécontentement populaire s’est intensifié suite à
l’annonce de cette augmentation du prix des carburants qui a
entraîné une hausse des prix des transports en commun et des
taxis de 10 à 20 % bien que le premier ministre Ahmad Nazif
ait assuré une semaine auparavant que les prix
n’augmenteraient pas.
Certains impôts ont été augmentés, comme la vignette
automobile ou les taxes d’immatriculation de voiture, ainsi
sur les zones franches. D’autres impôts, qui avaient été
supprimés pour certains établissements privés d’éducation,
ont été de nouveau appliqués.
Des mesures qui, selon le gouvernement, sont destinées à
collecter 12,5 milliards de livres égyptiennes, soit 2,23
milliards de dollars pour couvrir une hausse de 30 % des
salaires des fonctionnaires, promise par le président Hosni
Moubarak une semaine auparavant pour faire face à une
inflation qui dépasse les 15,8 %, et suite à des émeutes
provoquées par la flambée des prix des produits alimentaires
dans le pays.
En effet, au cours des derniers mois, l’Egypte a été le
théâtre de plusieurs grèves et manifestations contre la
hausse des prix, au moment où les prix des céréales ont
bondi de près de 50 % par rapport à l’an dernier. Comme
l’affirme l’économiste Magdi Sobhi, le prix de l’huile
végétale a connu une hausse de 45,2 % tandis que les
produits alimentaires en général ont augmenté en moyenne de
23,5 %. Le prix du pain a été multiplié par cinq dans les
boulangeries privées, semant la panique parmi les
consommateurs qui craignent que le pain manque dans les
boulangeries contrôlées par l’Etat.
Des inflations qui ont engendré pour la première fois des
appels à des grèves générales demandant au gouvernement de
s’attaquer aux monopoles et d’augmenter le salaire minimum.
Grève qui s’est soldée par une répression qui a fait de
nombreux dégâts et victimes.
Le gouvernement, quant à lui, a essayé d’expliquer cette
inflation par la hausse des prix alimentaires au niveau
mondial, notant que l’Egypte dépend des importations pour la
moitié de ses besoins en céréales et 90 % de ses besoins en
huile alimentaire. Sobhi explique qu’avec l’inflation en
2006 et jusqu’à la fin 2007, le gouvernement n’a pas agi
pour faire face à cette crise sous prétexte qu’elle est due
à la grippe aviaire et à l’augmentation du prix du gasoil et
de l’essence. Mais avec l’année 2007, il ne pouvait pas
faire cas des mêmes arguments, les effets de ces deux causes
ayant pris fin. « C’est ce qui explique cette dernière
augmentation de 30 % ainsi que la levée des impôts sur le
riz et l’huile importés, ainsi qu’avec l’arrêt d’exportation
du riz et du ciment ».
Des décisions prises suite à la vague de protestations que
connaît l’Egypte. Mais qui n’ont rien changé dans le fond.
Les prix continuent à monter et le gouvernement continue à
faire la sourde oreille aux protestations.
Chaimaa Abdel-Hamid