Al-Ahram Hebdo, Dossier | Le leitmotiv de la contestation
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 4 au 10 juin 2008, numéro 717

 

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Dossier

Gouvernement. La hausse des prix que le gouvernement n’arrive pas à juguler continue à susciter des réactions de colère et des grèves.

Le leitmotiv de la contestation

« Nous ne voulons pas être gouvernés par la Banque mondiale », « Non au gouvernement du capitalisme » , « Non à un gouvernement qui pille son peuple », tels ont été les slogans contre l’inflation des prix. Les manifestations sont venues s’ajouter à la colère grandissante contre l’inflation des prix qui a bouleversé les citoyens égyptiens durant la dernière année. Des cris qui se suivent alors que le gouvernement continue à faire la sourde oreille. Le mécontentement populaire qui a dernièrement secoué l’Egypte, face à la hausse des prix, n’a pas empêché le Parlement d’approuver une nouvelle augmentation de 30 à 50 % des prix des produits pétroliers, pour la deuxième fois depuis juin 2006. Le mécontentement populaire s’est intensifié suite à  l’annonce de cette augmentation du prix des carburants qui a entraîné une hausse des prix des transports en commun et des taxis de 10 à 20 % bien que le premier ministre Ahmad Nazif ait assuré une semaine auparavant que les prix n’augmenteraient pas.

Certains impôts ont été augmentés, comme la vignette automobile ou les taxes d’immatriculation de voiture, ainsi sur les zones franches. D’autres impôts, qui avaient été supprimés pour certains établissements privés d’éducation, ont été de nouveau appliqués.

Des mesures qui, selon le gouvernement, sont destinées à collecter 12,5 milliards de livres égyptiennes, soit 2,23 milliards de dollars pour couvrir une hausse de 30 % des salaires des fonctionnaires, promise par le président Hosni Moubarak une semaine auparavant pour faire face à une inflation qui dépasse les 15,8 %, et suite à des émeutes provoquées par la flambée des prix des produits alimentaires dans le pays.

En effet, au cours des derniers mois, l’Egypte a été le théâtre de plusieurs grèves et manifestations contre la hausse des prix, au moment où les prix des céréales ont bondi de près de 50 % par rapport à l’an dernier. Comme l’affirme l’économiste Magdi Sobhi, le prix de l’huile végétale a connu une hausse de 45,2 % tandis que les produits alimentaires en général ont augmenté en moyenne de 23,5 %. Le prix du pain a été multiplié par cinq dans les boulangeries privées, semant la panique parmi les consommateurs qui craignent que le pain manque dans les boulangeries contrôlées par l’Etat.

Des inflations qui ont engendré pour la première fois des appels à des grèves générales demandant au gouvernement de s’attaquer aux monopoles et d’augmenter le salaire minimum. Grève qui s’est soldée par une répression qui a fait de nombreux dégâts et victimes.

Le gouvernement, quant à lui, a essayé d’expliquer cette inflation par la hausse des prix alimentaires au niveau mondial, notant que l’Egypte dépend des importations pour la moitié de ses besoins en céréales et 90 % de ses besoins en huile alimentaire. Sobhi explique qu’avec l’inflation en 2006 et jusqu’à la fin 2007, le gouvernement n’a pas agi pour faire face à cette crise sous prétexte qu’elle est due à la grippe aviaire et à l’augmentation du prix du gasoil et de l’essence. Mais avec l’année 2007, il ne pouvait pas faire cas des mêmes arguments, les effets de ces deux causes ayant pris fin. « C’est ce qui explique cette dernière augmentation de 30 % ainsi que la levée des impôts sur le riz et l’huile importés, ainsi qu’avec l’arrêt d’exportation du riz et du ciment ».

Des décisions prises suite à la vague de protestations que connaît l’Egypte. Mais qui n’ont rien changé dans le fond. Les prix continuent à monter et le gouvernement continue à faire la sourde oreille aux protestations.

Chaimaa Abdel-Hamid

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