Gouvernement.
Aïcha Abdel-Hadi est loin de susciter le soutien de la masse
ouvrière.
La mal-aimée
C’est
en 2006 que Aïcha Abdel-Hadi a été désignée ministre de la
Main-d’œuvre et de l’Immigration pour devenir la première
femme à occuper ce poste. Agée de 63 ans, Aïcha a une
expérience de 45 ans d’action syndicale. Elle fut membre du
Conseil exécutif de l’Union générale des syndicats des
ouvriers d’Egypte et secrétaire de l’Union générale des
affaires de la femme ouvrière et de l’enfant. Puis devint
vice-présidente du Syndicat général des industries
pétrochimiques. Elle est aussi la première assistante du
secrétaire général du Comité du travail de la femme arabe.
Elle s’est toujours présentée comme sortant des rangs des
ouvriers. Pourtant, c’est uniquement sous son ministère
qu’ont commencé les crises et les grèves ouvrières. Faut-il
la rendre responsable ou s’agit-il d’un processus qui n’a
fait qu’aboutir à l’heure où elle a été nommée ? Quoi qu’il
en soit, ce sont surtout ses déclarations et ses nombreuses
décisions qui ont provoqué des tollés.
Elle a d’ailleurs été la première à critiquer la grève des
ouvriers de Mahalla en décembre 2006. Elle s’est interférée
dans les élections du Syndicat des ouvriers en 2006,
résultat : 30 candidats ont été écartés. De janvier à
juillet 2007, 73 094 ouvriers ont été licenciés.
Les ouvriers travaillant en Libye ont été expulsés et
renvoyés. Elle a signé un protocole avec l’Arabie saoudite
pour y envoyer des femmes égyptiennes pour travailler comme
femmes de ménage, ce qui a choqué l’opinion publique qui y a
vu une humiliation.
D’importants mouvements de grèves ouvrières, dont la plus
célèbre est celle de l’entreprise de filature et de tissage
de Ghazl Al-Mahalla où 27 000 ouvriers ont procédé à un
arrêt de travail afin d’obtenir la part qui leur est due
dans les profits annuels de l’entreprise.
Suite à une expulsion massive de travailleurs égyptiens de
Libye, elle a déclaré : « Tripoli a le droit d’organiser le
travail de la main-d’œuvre sur son territoire, et ce pays
n’a pas violé les accords conclus avec l’Egypte concernant
la main-d’œuvre ».
Et sur la question de l’envoi de femmes de ménage en Arabie
saoudite :
« Je ne sais pas pourquoi ce protocole a provoqué tout ce
tabac (...). Les travailleurs égyptiens font souvent l’objet
de pratiques discriminatoires dans les pays du Golfe ».
Chaïmaa Abdel-Hamid