Gouvernement.
Avec Messelhi comme ministre de la Solidarité sociale, on
relève un véritable effondrement de cette notion.
Un contrat social illusoire
Ali
Messelhi, ministre de la Solidarité sociale, est le ministre
des crises par excellence. Président de l’Organisme national
des postes durant trois ans, il détient en 2006 le
portefeuille du ministère de la Solidarité sociale. C’est un
nouveau ministère, né de la fusion de deux ensembles, celui
de l’Approvisionnement et celui des Affaires sociales.
C’est-à-dire là où les pauvres sont les plus concernés. Et
on a vu que le taux de pauvreté en Egypte a largement
augmenté. Le dernier rapport du Pnud vient le démontrer.
De plus, la crise actuelle du pain est jugée comme la plus
dure dans l’Histoire de l’Egypte. Il est accusé d’être le
responsable principal de cette pénurie. Les politiques de
cet ancien conseiller de l’ex-premier ministre Atef Ebeid,
sont pointées du doigt à cet égard. Premièrement, sa
décision de ne plus acheter le blé des paysans et de
l’importer, a énormément affecté la production locale de
cette denrée stratégique.
Ensuite, vient sa crise avec les boulangers. Une transaction
de farine, qui a été lancée par son ministère en février
dernier et qui a été remportée par 8 entreprises privées aux
dépens de celles du secteur public, a soulevé la colère de
ce dernier et de l’opinion publique. Il a été ainsi accusé
de mettre le pain des pauvres entre les mains du secteur
privé qui ne s’intéresse qu’aux gains.
La découverte des milliers de tonnes de farine jugées
cancéreuses dans certains stocks avait bouleversé aussi le
ministre.
D’ailleurs, les baguettes qui ont pris dans certaines
régions la forme et la longueur d’un stylo furent appelées «
le pain Messelhi».
« Je vais œuvrer à établir un nouveau contrat social entre
le gouvernement et les citoyens », avait dit Messelhi après
avoir prêté serment. Mais il est clair après deux ans qu’il
a surtout réussi à rompre l’ancien.
Aliaa
Al-Korachi