Al-Ahram Hebdo, Arts | Les jeunes font danser leur ames
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 Semaine du 4 au 10 juin 2008, numéro 717

 

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Arts

Danse. La 9e édition du Festival de la danse contemporaine, dédiée à Maurice Béjart, se déroule du 2 jusqu’au 21 juin. Cette année, le rendez-vous est purement égyptien, histoire de capnt danser leur âme 

Les jeunes font danser leur ames 

« La danse, un minimum d’explication, un minimum d’anecdotes et un maximum de sensations ». C’est la devise qu’affectait de répéter le maître de la danse moderne, Maurice Béjart, décédé en novembre dernier. Elle caractérise le festival annuel de la danse moderne organisé par l’Opéra du Caire et dirigé par Walid Aouni, disciple de Béjart. Cette année, Aouni rend hommage à ce dernier, programmant une projection de films chaque mardi évoquant ses chefs-d’œuvre, ses répétitions, ses créations, etc.

Contrairement au passé, où des compagnies étrangères de l’Occident étaient invitées, cette édition se limite aux créations égyptiennes avec un seul invité d’honneur : la compagnie tunisienne de Hafedh Zellit. « L’Egypte a bien introduit et lancé la danse moderne dans le monde arabe. Aujourd’hui, des expériences intéressantes émergent un peu partout en Algérie, en Tunisie, au Maroc … Hafedh Zellit a bien forgé son nom dans le domaine de la chorégraphie. Peut-être l’idée de le recevoir cette année favorisera l’accueil des compagnies de danse des pays arabes, dans l’avenir », estime Aouni.

Tous les chorégraphes et metteurs en scène considèrent cette édition égyptienne comme la meilleure occasion pour eux d’exister. Ils le sentent bien, le festival est fait pour eux. « Il est temps de capter ce qui se passe sur la scène de la chorégraphie égyptienne. Beaucoup de jeunes noms fleurissent. Il faut donc les promouvoir. Le festival leur offre alors l’occasion de représenter leurs spectacles et les gratifie d’une petite subvention de 5 000 L.E. pour financer le décor et les habits », souligne Aouni.

Ainsi débusque-t-on Mirette Michel, une jeune chorégraphe habituée du festival. Dans son spectacle Choueya choueya (vas y molo), elle mêle la danse à la projection vidéo … Le rythme saccadé, le cadre fixe, les prises de photos traduisent un aspect visuel statique que privilégie Michel, s’interrogeant sur la vie actuelle de l’homme. Parmi les autres habitués, on trouve Mohamad Faouzi, Mohamad Habib et Omar Ghayatt. Parfois, ils s’y présentent comme chorégraphes, scénographes, danseurs ou metteurs en scène. Habib et Faouzi se distinguent notamment par une chorégraphie dramatique et touchante. Leur mouvement rapide, voire agité, est un moyen de condamner l’atrocité et la cruauté d’aujourd’hui. Habib anticipe sur les métamorphoses du futur dans son spectacle 6 avril 2030’ et Faouzi fait sa critique de la société dans le sien, Le zoo. Dans Les passagers, Omar Ghayatt retrace la mémoire d’un homme agonisant au milieu de la foule. La danse et la marche de celle-ci évoquent la léthargie, effet d’un quotidien pesant.

Nora Amin, quant à elle, à l’origine metteur en scène, puise dans le monde animal, adopte la gestuelle et le mouvement du chat dans son spectacle Un chat mourant, configurant le combat de l’homme contre les difficultés l’assiégeant.

Pour sa part, Adham Hafez continue toujours sa quête sur le corps et le mouvement. Par ailleurs, dans ses deux petits spectacles Corps et C’est ça, Adham Hafez explore toute la gestuelle du danseur dans un rapport de proximité avec le public.

Toutefois, cette édition a réservé des surprises, révélant de nouveaux talents : Salah Al-Brougui, Yasser Nabil et Mohamad Rouchdi qui ont remporté l’adhésion du public lors du festival des jeunes créateurs du CFCC en janvier dernier. Salah, qui a remporté le prix du meilleur danseur, reproduit son spectacle, Les événements changent sans modification de tournant. Il s’agit d’une confrontation entre le danseur et une porte fermée. Une barrière à transcender ?

Quant à Mohamad Rouchdi et Yasser Nabil, ils présentent leurs spectacles produits antérieurement, avec quelques changements nécessaires. Lorsque le choix change, le contenu suit, de Rouchdi, est un ensemble de gestes qui évoque l’indifférence et l’inconscience des gens. « Tout d’abord, le spectacle était inféodé au texte. Puis, j’ai voulu expérimenter, le présentant uniquement à travers le langage du corps », déclare Rouchdi qui harmonise bien l’éclairage avec la musique et les pas des danseurs.

Quant au Journal, de Yasser Nabil, il dénonce beaucoup de problèmes d’actualité à travers la danse. « Le geste reprend ce que le langage réfute. La danse est une expression facile. Pourtant, les chorégraphies et les détails sont plus complexes. Le mouvement doit garder toujours en soi le drame et le caractère du personnage », estime Yasser Nabil.

A l’origine danseur, Ayman Qassem présente, à son tour, le goût de ma peur, un spectacle qui traduit les tréfonds de l’âme humaine : les sentiments de peur, d’hésitation. « On a souvent peur de l’inconnu, de demain, de confronter l’Autre … La danse exprime cette panoplie de sentiments », souligne Qassem.

On se rappelle alors des mots du chorégraphe feu Béjart : « La danse n’a plus rien à raconter : elle a beaucoup à dire ! ».

May Sélim

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* Pour programme détaillé, voir calendrier.

 




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