Al-Ahram Hebdo, Afrique | Le président courtise les militaires
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 4 au 10 juin 2008, numéro 717

 

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Afrique

Guinée. Le gouvernement tente de régler par la négociation la crise déclenchée par la mutinerie de membres de l’armée qui protestaient contre des retards dans le paiement de leurs soldes.

Le président courtise les militaires

Après quelques jours de violences meurtrières, le calme régnait dans plusieurs régions de Guinée. Mais, cette dernière est toujours menacée par une reprise des troubles qui secouent ce pays, où l’armée qui est considérée comme le pilier du régime est à l’origine des difficultés. Les mutins, dont les exigences tournaient au départ autour de questions liées à ces arriérés de primes, ont réclamé ensuite dans de nouvelles revendications le départ de tous les généraux de l’armée. Puis, le mouvement s’est transformé en affrontements avec des violences qui ont fait au moins trois morts et des dizaines de blessés depuis le 26 mai. Les soldats mécontents avaient posé six conditions pour mettre un terme à leur mouvement, notamment le limogeage du ministre de la Défense et le versement des arriérés de soldes, dont certains remontaient à 1996. En première réaction à leur revendication, le ministre de la Défense, le général Mamadou Baïlo Diallo, avait également été démis de ses fonctions par le chef de l’Etat, mais la liste de leurs demandes demeure toujours longue.

Les soldats en colère avaient également demandé qu’un prix subventionné soit accordé pour le riz. Sur ce dossier, « le gouvernement va consentir des efforts pour que notre vaillante armée connaisse de meilleures conditions de vie », a souligné le nouveau premier ministre guinéen, Ahmed Tidiane Souaré, qui a pris ses fonctions le 20 mai en remplacement de Lansana Kouyaté. Pour sa part, le chef d’état-major de l’armée, le général de brigade Diarra Camara, a demandé aux soldats mutins de « rentrer dans les rangs » en pensant aux « conditions économiques » du pays et à la population.

Pour mettre fin à ce mouvement, le président Lansana Conté, au pouvoir depuis 1984, a rencontré des militaires mutins deux fois au cours de ces derniers jours. Après la première réunion, qui s’est tenue entre le général Conté et des militaires mutins dans un camp militaire de Conakry en présence de chefs de l’armée, les autorités ont commencé à verser leurs arriérés de primes. Chaque soldat doit percevoir un million de francs guinéens (GNF), sur cinq millions de GNF, le reliquat devant être payé « de manière graduelle ». Mais il semble que cet acte est insuffisant. Ainsi, le président Conté a reçu dimanche dernier une délégation de militaires mutins et leur a demandé de « reprendre le travail », promettant d’« examiner favorablement » leurs revendications financières. « Allez reprendre le travail, je vais examiner favorablement vos revendications », a indiqué le chef de l’Etat. Après cette rencontre, le chef de l’Etat a ordonné de « libérer tous les otages », notamment le chef d’état-major adjoint, le général Mamadou Sampil.

Pour sa part, le premier ministre Ahmed Tidiane Souaré avait rencontré les responsables de partis politiques, de la mouvance présidentielle comme de l’opposition à l’exception notable du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG, opposition) d’Alpha Condé. Les discussions avaient porté sur les tensions actuelles, un éventuel gouvernement élargi à l’opposition et les élections législatives prévues à la fin de l’année. A cet égard, les mutins avaient retiré leur exigence la plus radicale, le départ à la retraite de tous les généraux. Mais, ils exigent une amnistie pour les faits de ces derniers jours.

Souaré s’est montré déterminé à un « règlement définitif » de la question de la mutinerie, qui date de 1996. Il n’a pas précisé le nombre de soldats concernés, ni le montant global qui leur est dû depuis 1996. Le problème s’est de nouveau posé en 2007, année à laquelle une « commission a été mise en place » pour gérer ce dossier, d’après M. Souaré.

Maha Salem

 




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