Une confection populaire des lois
Morsi Attalla
Une
session parlementaire difficile vient de se terminer. Au
cours de celle-ci, une quantité énorme de lois ont été
promulguées. Ce qui mérite d’être salué. Mais permettez-moi
de faire une remarque afin d’éviter à l’avenir la
condensation législative observée aux cours des dernières
semaines de la session. Il est également ici question de
consacrer assez de temps aux études préalables et
référendums autour des nouveaux projets de lois.
En effet, la loi construit une plate-forme formée de règles
qui gèrent les relations et rapports entre les individus.
Ainsi, une loi ne peut acquérir sa légitimité et le respect
de l’opinion publique que si elle remplit les conditions lui
permettant de devenir acceptable sur le fond comme sur la
forme. Le premier de ces facteurs est de convaincre
l’opinion de la justesse du texte de loi et de son
application simple dans la réalité. C’est là qu’apparaît
l’importance de la participation populaire dans la
confection des lois. Effectivement, la loi acquiert sa
légitimité non seulement par la justesse des procédures
constitutionnelles et législatives nécessaires à sa
promulgation, mais aussi par la protection que lui procure
l’opinion parce qu’elle en est convaincue et non parce
qu’elle est obligée de l’accepter.
Nous sommes tous d’accord sur le fait que pour instaurer une
démocratie réelle, il faut des mesures sérieuses. Le premier
pas est d’accepter la participation populaire et partisane
dans la promulgation des lois, même si la période de
gestation est allongée avant chaque « naissance légitime »
d’une nouvelle loi. De plus, cette méthode dans la
promulgation des lois s’accorde parfaitement à l’esprit de
la démocratie.
Certains pourraient dire que cette méthode obligera
l’Assemblée du peuple et le Conseil consultatif à consacrer
une session entière à la promulgation d’une seule loi,
surtout s’il est question d’une loi concernant directement
une grande partie des citoyens comme celle sur les impôts
fonciers. Là, nous répondons qu’il vaut mieux que le
Parlement soit accusé de lenteur, plutôt que d’être accusé
de prendre des décisions précipitées et de promulguer des
lois sans études approfondies préalables. La précipitation
implique alors la probabilité de l’existence de nombreuses
lacunes qui n’apparaîtront que lors de la mise en
application des lois. Ce qui nécessitera alors des
amendements pour y remédier. Or, il est bien connu que
tenter de remédier aux vides juridiques en provoque en fait
de plus larges, ce qui mène à de graves répercussions
sociales.