Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Mise en route laborieuse
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 25 juin au 1er juillet 2008, numéro 720

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde Arabe

Union Pour la Méditerranée. Paris intensifie ses efforts à la veille du lancement officiel du projet, prévu le 13 juillet. Mais les nombreuses réserves arabes, notamment sur les conséquences de la participation d’Israël, n’ont toujours pas été apaisées.

Mise en route laborieuse

A trois semaines du lancement officiel du le projet de l’Union Pour la Méditerranée (UPM), de nombreux doutes planent toujours sur l’efficacité de ce projet parrainé par le président français François Sarkozy. Ce faisant, lors de sa visite en Algérie, le premier ministre français François Fillon, a notamment tenté de convaincre l’Algérie de s’engager dans l’UPM. Mais la réponse du président algérien Abdelaziz Bouteflika est restée floue : « Chaque chose en son temps », a dit laconiquement le chef de l’Etat algérien aux journalistes, à l’issue d’une audience de plus de deux heures accordée à dimanche M. Fillon, entouré de la délégation française qui l’accompagne dans son séjour officiel en Algérie.

L’Algérie est l’un des derniers pays riverains de la Méditerranée à maintenir le suspense sur sa participation à l’UPM, un projet de partenariat politique Nord-Sud qui sera lancé le 13 juillet à Paris. Pour l’heure, seule la Libye de Mouammar Kadhafi a décliné formellement l’invitation.

Si la délégation française présente à Alger ne s’attendait pas à recevoir une réponse du président algérien Abdelaziz Bouteflika, Paris s’attend tout de même à compter sur la présence en juillet du chef d’Etat algérien. Le premier ministre algérien Abdelaziz Belkhadem a prolongé le suspense dans une interview au quotidien français Le Monde, qui a indiqué il y a quelques jours que la venue à Paris de M. Bouteflika n’est « pas exclue ». L’Algérie est favorable au rapprochement des deux rives de la Méditerranée, poursuit M. Belkhadem, avant de regretter que l’initiative « exposée en 2007 par le président Sarkozy n’est plus celle qui nous est présentée aujourd’hui ». En d’autres termes, Alger déplore l’amarrage de l’UPM à l’Union européenne, au détriment de la démarche initiale qui devait associer plus étroitement les seuls pays riverains de la Méditerranée.

Aussi, si Alger a marqué très tôt son intérêt pour ce projet cher au président Nicolas Sarkozy, les autorités algériennes jugent-elles que son contenu est flou. Cette position n’est pas propre à l’Algérie uniquement. L’ensemble des pays arabes ont d’ailleurs demandé le 6 juin lors d’une réunion du Forum des pays de la Méditerranée (Formed) à Alger des « clarifications sur les conséquences » de l’entrée d’Israël dans cette Union.

Or, à la veille de lancer son projet d’Union pour la Méditerranée, Nicolas Sarkozy a entamé dimanche, avec le titre d’ami de l’Etat hébreu, sa première visite en tant que président en Israël et dans les territoires palestiniens, alors que le processus de paix patine. A défaut de pouvoir relancer spectaculairement le processus de paix, le président français, plus proche de l’Etat hébreu que son prédécesseur, a donc plaidé auprès de ses interlocuteurs pour son projet, dont il espère qu’il permettra de rapprocher les protagonistes du conflit israélo-arabe. Le premier ministre israélien comme le président syrien Bachar Al-Assad ont promis, selon Paris, d’être présents à Paris le 13 juillet pour le coup d’envoi de l’UPM. Mais là encore, les deux responsables, qui ont repris langue via la Turquie, ont exclu toute négociation directe à cette occasion.

Paris optimiste malgré tout

Les difficultés auxquelles fait face le processus de paix sont donc l’une des entraves principales à ce projet, dont le lancement intervient alors que le processus politique est en panne. A trois semaines de son coup d’envoi officiel, l’UPM continue ainsi à susciter réserves et controverses, ébranlé notamment par les rodomontades du guide libyen Mouammar Kadhafi et les hésitations de la Turquie. Pour autant, Paris assure ne pas craindre de vague anti-UPM de la part de ses alliés arabes. Ni même la répétition du front anti-israélien qui a paralysé le processus de Barcelone. « Ces déclarations ne nous surprennent pas », avait assuré un diplomate français à la suite de la salve de critiques lancées par la Libye. « Ce qui nous rassure, c’est qu’aucun autre pays n’est sur la même ligne ». Pour Tripoli, l’UPM est un « projet passager » voué à l’échec, comme ceux du processus de Barcelone ou de la politique de voisinage de l’UE avec ses partenaires de la rive sud de la Méditerranée.

D’autre part, l’éventuelle venue du président syrien Bachar Al-Assad, dénoncé notamment par les Etats-Unis et Israël comme soutenant le terrorisme, suscite déjà la polémique dans les rangs de l’opposition en France et de la majorité au Liban. Outre ces atermoiements arabes, le succès du sommet de Paris est également suspendu à la participation de la Turquie, peu enthousiaste pour un projet volontiers présenté comme un « lot de consolation » au refus de certains pays, dont la France, de l’accepter au sein de l’UE. « C’est vrai que la participation d’Ankara est étroitement liée à la question de son adhésion à l’UE », concède-t-on à Paris, « mais l’UPM est un projet à géométrie variable qui garantit que les absents n’empêcheront pas ceux qui le veulent de travailler ensemble ».

Malgré tous ces obstacles, délibérément optimistes, les pilotes du futur partenariat assurent aussi que les tractations sur ses institutions sont « en bonne voie ». Pourtant, le fait même de réunir la totalité des représentants des deux rives de la Méditerranée est en soi un casse-tête. Réunir les représentants de pays comme Israël, la Syrie, l’Autorité palestinienne, le Maroc ou l’Algérie autour de la même table, « c’est extrêmement difficile », reconnaissait déjà le 14 mars dernier Nicolas Sarkozy, avant d’ajouter : « Ce n’est pas une raison pour ne pas le faire ». Encore faut-il qu’après les avoir rassemblés, le projet se poursuive sur une bonne voie.

Abir Taleb

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.