Al-Ahram Hebdo, Idées | Rendez-vous sans surprise
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 25 juin au 1er juillet 2008, numéro 720

 

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Idées

Prix d'Etat. L’édition de cette année, la 41e, marquée par le doublement de la valeur des prix, a autant joué l’équilibre que les précédentes. Tout en évitant soigneusement l’actualité polémique. 

Rendez-vous sans surprise 

Même si la désignation des lauréats a été tout aussi laborieuse que les années précédentes, avec près de sept heures de délibération du Conseil Suprême de la Culture (CSC), la plupart des noms pressentis ont été primés. Le prix Moubarak, dont la valeur, tout comme celle des autres prix, a doublé cette année (400 000 L.E.), a été attribué à titre posthume à deux lauréats. Un fait qui n’a pas manqué d’être relevé par les observateurs, dont certains se demandaient pourquoi l’on attendait le décès de certaines personnalités pour reconnaître la valeur de leur apport aux sciences de leur pays. En arts (théâtre), il s’agit de Saad Ardach, et pour les lettres, de Ragaa Al-Naqqach, critique littéraire. Le nom d’Al-Naqqach jouissait d’une quasi-unanimité, et avait même été soutenu par Bahaa Taher qui avait retiré sa propre candidature pour mettre plus de chances du côté d’Al-Naqqach. Taher était déjà lauréat du prix Booker arabe 2008, tout comme le romancier Edouard Al-Kharrat, lui aussi candidat au prix Moubarak, déjà lauréat du prix du roman 2008, également attribué par le CSC. Dans le domaine des sciences sociales, le prix Moubarak va au pédagogue Hamed Ammar.

Côté prix d’Estime (200 000 L.E.), dans le domaine des arts, c’est Ossama Anouar Okacha, auteur de scénarios célèbres ; la musique était à l’honneur avec le pianiste Ramzi Yassa, la sculpture avec Sobhi Guirguis, tandis qu’Ahmad Nawwar, considéré comme proche du ministre de la Culture, est rentré bredouille. En lettres, le romancier qui a fait d’Alexandrie sa muse, Ibrahim Abdel-Méguid, a été primé et, côté Excellence (100 000 LE), la romancière Neamat Al-Béheiri était parmi les lauréates.

Tous prix confondus, 15 n’ont pas été attribués cette année, pour manque de candidats remplissant les conditions nécessaires, malgré une proposition faite le matin même par Mohamed Salmawy, président de l’Union des écrivains, d’interdire la non attribution. Un phénomène qui a touché particulièrement les prix d’Encouragement (50 000 L.E.)., mais dont seuls 20 ont été attribués cette année (sur 32). Au nombre des gagnants en lettres, on remarquait le nom de Mekkawi Saïd, l’auteur de Taghridet al-bagaa (le Chant du cygne, voir Hebdo n°715), qui faisait partie des six noms sélectionnés pour le Booker arabe. Côté « sciences sociales », on remarquait Waël Lotfi, auteur de Zaheret al-doaat al-godod, (le phénomène des nouveaux prédicateurs, voir Hebdo n°590). En arts, citons le jeune réalisateur Mohamad Aboul-Kheir, primé pour sa mise en scène de l’opérette Miramar, ainsi que Wissam Soliman, l’auteure du scénario de Banat West Al-Balad (les filles du centre-ville).

Malgré les débats de la matinée, sur les modalités du vote, et sur les institutions habilitées à proposer des candidatures pour ce prix — d’aucuns soutenant que la Bibliothèque d’Alexandrie devrait avoir ce droit — cette édition aura été assez calme. Même le coup de gueule du poète Ahmad Abdel-Moeti Hegazi, s’étonnant de ne pas voir le nom de Alaa Al-Aswani proposé à aucun prix, n’a pas provoqué de grande polémique.

L’attention, dans les coulisses, était centrée sur une autre polémique, celle soulevée par les déclarations toutes fraîches de M. Farouk Hosni au quotidien israélien Yediot Aharonot. De nombreux intellectuels, parmi lesquels Sonallah Ibrahim, Bahaa Taher, Amina Rachid, Sayed Bahrawi, avaient immédiatement réagi à cette interview dans un communiqué soulignant que « le seul fait d’avoir accordé un entretien à un journal israélien était une forme de normalisation avec l’ennemi qui n’a de cesse de violer des terres arabes ». A la fin de la séance de délibérations et dès qu’il eut annoncé les noms des lauréats, Hosni s’est levé, coupant ainsi court à la conférence de presse, et à toutes les questions « hors sujet » qui auraient pu être gênantes.

Dina Heshmat

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