Examens.
La fuite des sujets du baccalauréat, révélée la semaine
dernière, continue à faire des remous. 16 personnes ont été
arrêtées dans le cadre de l’enquête.
A l’épreuve des faits
Les
faits remontent à la semaine dernière dans 3 villes du
gouvernorat de Minya à savoir Bandar Al-Minya, Mataya et
Bani Mazar, lorsque des plaintes ont été envoyées au
ministère de l’Education affirmant que des épreuves du
baccalauréat étaient vendues dans les rues jusqu’à 800 L.E.
le sujet.
Le
procureur général qui s’est rendu cette semaine à Minya a
déclaré que « personne n’échappera à la punition ». La fuite
des épreuves du baccalauréat continue à soulever des remous.
De fait, 16 personnes ont été arrêtées dans le cadre de
l’enquête lancée par le Parquet général. L’enquête a donné
lieu à une surprise de taille lorsque l’un des suspects, un
employé de la compagnie d’électricité, a reconnu qu’il
procédait à ce trafic des épreuves depuis trois ans déjà, et
ce avec la complicité du président de la commission des
examens de l’école secondaire de Bani Mazar (chargé de la
distribution des sujets) afin de les vendre à certains
députés et autres personnalités importantes dont les enfants
passaient le bac.
Avec ces
aveux à sensation, l’affaire a pris une nouvelle tournure
incitant plusieurs députés à demander des éclaircissements
au gouvernement, certains allant jusqu’à réclamer la
démission du ministre. « C’est une affaire très dangereuse
qui touche la sécurité sociale. Il faut faire la lumière sur
cette affaire rapidement et punir les vrais coupables »,
déclare Alaa Mékkawi, député du PND de Minya. Le directeur
général de l’administration de l’Education au gouvernorat de
Minya a été suspendu de ses fonctions et le ministre, Yousri
Al-Gamal, a formé un comité chargé de suivre le déroulement
des examens et de renforcer le contrôle sur les sujets. «
Nous sommes une cinquantaine de membres au sein de ce comité.
Notre travail consiste à suivre le trajet des sujets depuis
le centre de distribution jusqu’aux mains des élèves pour
éviter d’autres failles », affirme Hassan Al-Cheikh,
président du comité.
Avant de parvenir aux mains des élèves, le trajet des sujets
du bac est long. Ils sont imprimés dans les imprimeries du
ministère de l’Education puis acheminés dans des caisses
fermées vers les gouvernorats, sous escorte. Dans chaque
gouvernorat, existe un centre de distribution, qui siège
d’habitude dans une école. Ce centre est géré par une
commission formée d’un représentant du ministère de
l’Education, qui est le président de la commission, d’un
représentant de sécurité (ministère de l’Intérieur) et d’un
autre de l’Organisme de la défense civile. Les caisses sont
ouvertes et les sujets placés dans des enveloppes scellées à
la cire, envoyées dans les écoles où se déroulent les
examens. En principe, les enveloppes ne sont ouvertes que
dans les écoles et quelques exemplaires restent en réserve
dans le centre de distribution en cas de problème.
La fuite
des sujets a eu lieu pendant l’une des étapes de ce trajet.
« Des enveloppes renfermant des sommes d’argent ont été
trouvées avec le président du comité des examens », explique
Haggag Al-Husseini, journaliste et responsable du bureau
d’Al-Ahram à Minya et l’une des personnes ayant dévoilé
l’affaire. Et d’expliquer que la fuite des épreuves n’est
pas un phénomène nouveau. Elle a toujours existé mais elle
était limitée aux enfants de certaines personnalités comme
les députés.
Or là,
cela est devenu un commerce. Les sujets d’examens sont
vendus entre 10 et 800 L.E. en fonction de la proximité de
la date des examens. Ainsi, un sujet vendu deux semaines
avant l’examen coûte-t-il beaucoup plus cher qu’un sujet
pour l’examen du jour même. C’est donc un véritable trafic.
Un
scénario similaire à celui du gouvernorat de Minya, est
survenu il y a 5 ans dans le gouvernorat de Guiza. A
l’époque, plusieurs responsables au ministère de l’Education
avaient été condamnés. Si cette affaire des sujets du bac a
pris tant d’ampleur, c’est parce que les médias indépendants
et la presse l’ont transformée en procès d’opinion publique.
L’affaire met l’accent sur « le complexe » que constitue
désormais le bac en Egypte. Ne pas avoir son bac est
synonyme de rater sa vie professionnelle et même sa vie tout
court. Pour preuve : ces scènes de panique et d’hystérie de
certains parents accueillant leurs enfants à la sortie des
salles d’examen. Le gouvernement n’avait d’autre solution
que d’agir. Il doit maintenant faire face à des procès
exigeant de réorganiser les examens.
Sabah
Sabet