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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 25 juin au 1er juillet 2008, numéro 720

 

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Arts

Exposition. Oum Kalsoum, la voix des Arabes, est célébrée à l’Institut du Monde Arabe (IMA), à travers une exposition-spectacle, révélant ses multiples facettes.

Une diva qui défie le temps

 

Paris,
De notre correspondant - Ahmed Youssef

Victor Hugo évoquait : « La gloire et le soleil des morts ». Cela s’applique bel et bien à la diva Oum Kalsoum, à qui l’Institut du Monde Arabe ( l’IMA) consacre toute une exposition jusqu’au 2 novembre prochain. Cela intervient 30 ans après sa disparition, et quelque cent ans après sa naissance dont la date demeure incertaine (1989? 1904?)

L’idée de cette magnifique manifestation sur l’astre de l’Orient, comme la surnommaient ses fans, est née lors d’un dîner organisé par Dominique Baudis, président de l’IMA, à l’honneur de Mohamed Salmawy, rédacteur en chef d’Al-Ahram Hebdo et son épouse la peintre Nazli Madkour, ainsi que l’auteur de cet article.

Assistait à ce dîner également Ysabel Baudis, l’épouse du président de l’IMA et surtout auteure d’une célèbre biographie d’Oum Kalsoum (Editions Le Rocher). C’est en parlant d’une récente conférence sur Oum Kalsoum au Centre culturel égyptien à Paris, brillamment donnée par Ysabel Baudis et l’écrivain égyptien Ahmad Antar, que l’idée d’une grande manifestation sur Oum Kalsoum fut évoquée par tous les convives des Baudis. Cette genèse a été suivie immédiatement par quelques voyages du président de l’IMA et quelques rencontres avec le ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni (présent au vernissage).

A Paris, tout un bataillon a été chargé de l’organisation, engageant une véritable course contre la montre. Ainsi a vu le jour l’exposition-spectacle, « Oum Kalsoum, la quatrième pyramide » se déroulant actuellement dans le grand espace de la Médina à l’IMA. L’inauguration a été si émouvante grâce notamment à la présence de plusieurs intellectuels, admirateurs arabes et étrangers venus de tout bord pour rendre hommage à leur tour à celle qui a représenté leur voix pendant si longtemps. De quoi montrer combien sa mémoire est encore vivante.

Sans adopter un parcours chronologique, l’exposition révèle quatre facettes de cette personnalité mythique, recourant à des photos, séquences sonores et audiovisuelles, documents, objets, costumes et autres.

Ces traces d’une vie sont narrées à travers quatre sections. D’abord, « L’Egyptienne », mélangeant l’histoire de cette figure de proue artistique à celle du pays, sillonnant les règnes de Fouad et Farouk, les mandats de Nasser et Sadate ainsi que les défaites de 1948 et de 1967.

La deuxième section, « Le Talent » tente d’expliquer ce qui était à l’origine de son succès dépassant les siècles et les frontières. Paroles, musiques et surtout la voix miraculeuse étaient là pour transcender les foules. Des extraits de ses concerts et films sont projetés dans la salle.

La troisième section « L’Engagement » rend compte de l’implication de la diva dans la vie publique. Ce n’est pas uniquement la femme émancipée qui tient quand même aux traditions et la chantre d’un panarabisme, ayant le vent en poupe sous Nasser.

La quatrième section, « L’Héritage », fait une sélection parmi les œuvres de plasticiens contemporains où l’image d’Al-Set (la Dame) est récurrente. On continue à la peindre des années après sa disparition comme cela est le cas avec Adam Hénein, Georges Bahgouri, Khaled Hafez, Adel Al-Siwi, ...

Annexé à l’exposition, un café Oum Kalsoum reçoit les visiteurs qui seront bercés par la voix de la Dame dont l’œuvre est à l’honneur à travers un dossier documentaire et des ouvrages disponibles à la bibliothèque (jusqu’au 30 septembre), des concerts et des ateliers pour jeunes (les samedis de 15h à 17h jusqu’au 26 juillet).

Quelque 40 ans, après avoir chanté à l’Olympia, c’est à l’IMA aujourd’hui de célébrer son omniprésence.

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Du mardi au vendredi de 10h à 18h et les week-ends et jours fériés de 10h à 19h.

Entrée par le parvis.

 




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