Football.
L’attaquant international ghanéen Junior Agogo a intégré
Zamalek pour les 4 prochaines saisons. Un transfert
important vu les grandes capacités du joueur.
Un Blackstar chez les Blancs
Mettant
fin à trois semaines de négociations, Zamalek a enfin
déclaré que l’international ghanéen de Nottingham Forest
(D2, Ang) Junior Agogo rejoindra son groupe pour la saison
prochaine. Un soulagement pour les supporters qui
redoutaient que l’affaire d’Agogo (29 ans) ne connaisse le
même sort du célèbre entraîneur italien Alberto Zaccheroni,
pressenti pour prendre l’équipe en charge dès la saison
prochaine, mais qui n’a finalement pas signé avec les
Blancs.
Selon Mohamad Sabri Abou-Alam, membre du conseil
d’administration de Zamalek, le recrutement du joueur
ghanéen coûtera 2,4 millions d’euros, dont 1 million pour le
club anglais et le reste pour le joueur, soit 350 000 euros
par saison. Ce qui en fait le transfert le plus cher de
l’histoire du football égyptien ... de quoi avoir suscité de
nombreuses critiques, surtout de la part des candidats aux
prochaines élections du club. « Les dernières saisons ont
révélé que l’équipe de football du club a besoin de joueurs
de grandes qualités pour qu’elle retrouve sa forme
habituelle et redevienne l’une des grandes puissances sur la
scène africaine, et non pas seulement égyptienne. Alors, les
recrues doivent être à la hauteur du club. C’est pour cela
que l’équipe a besoin de joueurs du calibre d’Agogo et d’Aymane
Abdel-Aziz », explique Mamdouh Abbass, président du club.
Les capacités d’Agogo sont prouvées. L’international ghanéen
a démontré son talent et son efficacité lors de la dernière
CAN et ses trois buts avec les Blackstars. Doté d’une grande
puissance physique, rapide, dominant dans les airs, Agogo
est un attaquant complet. « La meilleure chose pour moi
c’est de marquer des buts. Cela m’apporte beaucoup de joie.
Mais j’aime aussi offrir des buts à mes coéquipiers et me
confronter aux défenseurs adverses. J’ai tout de l’attaquant
», confie-t-il. Il est certain que la CAN 2008 a été
décisive dans sa carrière. Avant, Agogo était un joueur
inconnu. « J’ai gagné une grande popularité au Ghana après
la CAN 2008, tout le monde me traite à Accra comme une
grande star. Ce qui n’était pas le cas auparavant »,
reconnaît-il. Son arrivée en Angleterre à 15 ans pour des
raisons familiales a aussi changé beaucoup de choses. « Mon
arrivée en Angleterre a modifié ma notion du football. Chez
nous, au Ghana, on joue avec de petits ballons en plastique
et on s’amuse. Mais en Angleterre la situation est
complètement différente, les bases sont apprises très tôt »,
explique Agogo.
Cadre de la sélection
La carrière du nouvel attaquant de Zamalek en tant que
joueur professionnel a commencé en 1995 avec Sheffield
Wednesday (D1, Ang à l’époque), où il est resté deux saisons
avant d’être prêté à de nombreuses équipes anglaises de D2
comme Oldham Athletic, Chester City, Chesterfield, Lincoln
City, avant de se diriger vers les Etats-Unis en 2000. Là,
il a évolué avec trois clubs : Chicago Fire, Colorado Rapids
et San José Earthquakes avant de revenir en Angleterre pour
intégrer les rangs de Barnet (D3, Ang) en 2002. Un an après,
il a porté le maillot de Bristol Rovers (D2, Ang) où il est
resté trois saisons et marqué 41 buts en 126 rencontres
avant d’être transféré à Nottingham Forest (D2, Ang). Un
transfert qui a coïncidé avec sa première sélection avec les
Blackstars en 2006. Mais le nouvel attaquant n’a pas réussi
à séduire le Serbe Ratomir Dujkovic, directeur technique des
Blackstars, et voyager avec l’équipe en Allemagne.
Après ce Mondial, Agogo a de nouveau été sélectionné le 14
novembre 2006 pour une rencontre face à l’Australie, qui a
témoigné de son premier but international avec les
Blackstars. Depuis, il est devenu l’un des cadres de la
sélection ghanéenne avant de briller d’une façon
exceptionnelle lors de la CAN 2008. Après celle-ci, Agogo a
continué sur la même lancée en marquant trois buts sur 6
marqués par les Blackstars dans les qualifications pour le
Mondial (deux contre le Lesotho et un contre la Libye)
devenant ainsi le buteur de la sélection dans les
qualifications. Des succès qui ont beaucoup rassuré les
Zamalkaouis qui voient en lui un nouveau Kawarchi, ex-star
ghanéenne de Zamalek dans les années 1980.
Mohamad Mosselhi