Jérusalem dans l’impasse
Morsi Attalla
Israël
a toujours eu pour objectif de provoquer un changement
radical dans la structure démographique de la ville de
Jérusalem de façon à ce que le nombre de juifs soit
supérieur au nombre de Palestiniens, en particulier dans
Jérusalem-Est. L’Etat hébreu tente de réaliser cet objectif
par l’intermédiaire de procédures et de décisions
intransigeantes qui octroient des facilités sans fin aux
habitants juifs et qui, en même temps, imposent des
restrictions sans limites aux habitants arabes.
Donc, l’objectif d’Israël est de produire le plus rapidement
possible des changements géographiques globaux qui mènent à
une modification totale des aspects de la Ville sainte. Et
ce, par une condensation affreuse des colonies, de façon à
ce qu’il soit impossible de rediviser la ville. C’est ainsi
qu’une nouvelle réalité sera imposée sous une hégémonie
israélienne à la lumière de nouvelles données géographiques
et humaines.
L’objectif d’Israël est aussi de terroriser les habitants
arabes de Jérusalem, en exerçant des pressions contre eux
par les moyens légitimes et illégitimes de façon à les
obliger à quitter la ville et à vendre leurs propriétés.
C’est-à-dire leurs terres, leurs magasins et leurs maisons.
Et quand les Palestiniens ont résisté face à cette politique
israélienne, insistant à rester dans leur ville, Israël a eu
recours à la confiscation des propriétés et des terres.
L’occupant a également dressé des obstacles face à l’action
du travail et du commerce dans le secteur Est de la ville.
Par conséquent, il y a aujourd’hui une différence énorme
entre les niveaux de vie et les taux de croissance dans les
deux parties de la ville. Les juifs vivent dans une opulence
excessive et les Arabes dans une pénurie mortelle !
Il est donc temps que le négociateur palestinien adresse un
message clair et précis aux Israéliens. L’objectif de ce
message est de dire aux Israéliens que malgré les
changements démographiques qu’ils ont produits à Jérusalem,
il est impossible de parvenir à un règlement final sans que
ce règlement n’inclue clairement une formule déterminée
reflétant la souveraineté palestinienne sur le Jérusalem
arabe.
Si les procédures de judaïsation ont imposé une majorité
juive dans le Jérusalem arabe, le grand Jérusalem qui
comprend Ramallah et Bethléem, et qui constitue le
prolongement naturel de n’importe quel élargissement à
l’avenir, peut réaliser l’équilibre requis entre les
habitants arabes et les habitants juifs dans le cadre de
n’importe quel règlement probable.
Si certains disent que les colonies israéliennes à Jérusalem
constituent un obstacle sur la voie d’un règlement efficace
visant à réinstaurer la souveraineté arabe du secteur Est de
la ville, la réponse est la suivante : Pourquoi ne pas faire
de ces colonies une partie des indemnisations qu’Israël doit
au peuple palestinien selon les résolutions de l’Onu
promulguées en 1948 concernant le droit de rapatriement et
d’indemnité ?
Pourquoi ne pas faire ensuite de ce qui est appliqué sur
Jérusalem une introduction pour résoudre le problème des
colonies sur tous les territoires occupés, s’il est vraiment
question d’une paix réelle et d’une coexistence sincère
pendant les siècles prochains ?
Peut-être que réside ici l’importance de la proposition
palestinienne qui consiste à ce que Jérusalem soit la
capitale de deux Etats : un Etat palestinien et un Etat
juif. Cette solution n’est pas seulement valable pour
Jérusalem, mais peut aussi constituer le début d’une
solution équilibrée pour le conflit tout entier.