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Edito L’Union pour la Méditerranée :
une
gestation difficile
C’est
à moins d’un mois que doit se tenir le sommet de Paris au cours duquel l’Union
Pour la Méditerranée (UPM), dont le promoteur est le président français Nicolas
Sarkozy, doit voir le jour. Les difficultés et les divergences de vue n’en
restent pas moins évidentes avec des polémiques en cours et des gestes
d’humeur, si l’on peut dire, comme ceux du dirigeant libyen qui a dit un non
ferme, mais somme toute pas définitif à cette union. Parallèlement, c’est une
véritable évolution que représente l’éventuelle participation du président
syrien Bachar Al-Assad au
grand dam des Etats-Unis et d’Israël, sans oublier la déconvenue subie par la
majorité libanaise et la protestation en France même dont on connaît les liens
particuliers et spécifiques avec le pays du Cèdre.
L’initiative
du chef de l’Etat français n’avait pas au départ manqué de susciter une
opposition du côté de l’Union européenne. L’Allemagne et autres pays du Nord y
voyaient un ferment de division entre les pays de l’Union Européenne (UE),
riverains de la Méditerranée, et leurs alliés « nordistes ». En acceptant d’y
associer tous ses partenaires européens, Paris a finalement réussi en mars à
rallier Bruxelles à une version amendée de son projet, sorte de version
améliorée de l’actuel et peu efficace processus de Barcelone, comme l’ont
souligné les observateurs. Cette version nouvelle ne risque-t-elle pas d’ôter à
l’UPM une certaine spécificité, méditerranéenne justement ? Quoi qu’il en soit,
d’autres facteurs sont là pour mettre en exergue les difficultés qui entourent
cette initiative et les enchevêtrements d’intérêts qui la marquent. Certains
analystes n’ont pas manqué de relever le poids du conflit arabo-israélien qui
tarde d’être réglé et qui aurait été l’une des principales causes de l’échec de
l’ancien processus de Barcelone. Si la plupart des pays arabes ont déjà
confirmé leur présence au sommet du 13 juillet, il n’en est pas moins vrai que,
dans la pratique, cette question représentera une des principales difficultés à
l’image du processus de paix actuel laissé quasiment aux soins de l’Amérique et
où l’UE ne joue qu’un rôle secondaire. De toute façon, la politique est l’art
du possible, dit-on, mieux vaut avancer et tenter de résoudre les difficultés
que de rester à attendre une solution qui tomberait du ciel.
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