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Examens.
La difficulté de certaines épreuves du baccalauréat a ouvert
de nouveau le débat sur le système d’enseignement et des
examens.
Un casse-tête égyptien
Des
sanglots, des larmes et des hurlements. Les commissions
d’examens du bac ont été la scène d’émotions et de panique
en raison de la difficulté anormale de certaines épreuves.
La tension a atteint son comble avec celles du calcul
différentiel et intégral perçues par les élèves comme une
véritable énigme insoluble. « Nous n’avions jamais vu de
telles épreuves. Même les meilleurs élèves ont eu beaucoup
de mal à répondre aux questions », se plaint Ahmad Abbass,
étudiant à l’école Tawfiqiya dans le quartier de Choubra au
Caire. Dans les salles d’examens, de nombreux élèves,
choqués, sont restés pendant plus d’une heure à contempler
leurs copies sans bouger. D’autres ont fait des crises de
nerfs. Selon les élèves, la première question obligatoire
était au niveau de l’élève moyen mais les 4 autres questions
étaient totalement hors de leur portée. Les professeurs ont
reconnu d’ailleurs cette difficulté des examens. « Les
questions étaient très difficiles et proportionnellement le
temps accordé pour l’épreuve était insuffisant », explique
William Hanna, professeur de mathématiques. Il montre des
exemplaires du manuel scolaire et les examens des années
passées, et de commenter : « Il n’y a jamais eu de telles
questions ».
450 000 élèves environ effectuent depuis le 7 juin les
examens du baccalauréat dans les disciplines scientifiques
et littéraires. La difficulté anormale des examens cette
année alimente un débat houleux. En effet, elle ne serait
pas fortuite. Selon Mohamad Gamaleddine, ancien responsable
au ministère de l’Education et expert de l’enseignement
technique, c’est la politique générale du ministère. «
L’orientation actuelle consiste à réduire le nombre d’élèves
dans les universités afin d’améliorer la qualité de
l’enseignement et de diriger les élèves vers des filières
techniques qui sont plus adaptées au marché du travail »,
assure-t-il, en expliquant que le ministère a voulu placer
la barre plus haut afin de réaliser cet objectif. « Au cours
des dix dernières années, le niveau des examens était plutôt
faible. Le résultat a été des pourcentages de note très
élevés et nous avons assisté à des aberrations avec des
élèves qui obtenaient 103 et 105 % avec le niveau élevé »,
ajoute Gamaleddine. Conséquence de cette situation : les
universités ne sont plus en mesure d’assimiler le nombre
croissant d’élèves. L’Etat souhaite donc orienter une partie
des élèves vers les universités privées et une autre partie
vers l’enseignement technique. Les universités publiques
égyptiennes souffrent d’un manque de moyens et d’une
détérioration de la qualité de l’enseignement. L’Etat avait
autorisé, il y a dix ans environ, la création des
universités privées afin d’alléger les pressions qui pèsent
sur l’enseignement public. Le problème est que si l’Etat
veut orienter les élèves vers le technique, il doit d’abord
améliorer ce secteur de l’enseignement qui est très négligé.
« Des milliards de L.E. sont allouées à l’enseignement
secondaire général alors que le budget des écoles techniques
reste très limité », critique Mohamad Gamaleddine. Et
d’expliquer que jusqu’à ce que l’Etat trouve des solutions
adéquates au problème de l’enseignement technique, le
scénario dramatique va se répéter chaque année et le bac va
être la maladie saisonnière de la famille égyptienne.
La difficulté des examens a été un véritable casse-tête pour
les familles qui déversent leur colère sur le ministère. Des
milliers de plaintes sont parvenues au ministre de
l’Education et aux différentes chaînes satellites de même
que sur Internet. Achraf Al-Sayed, responsable d’un site
consacré au baccalauréat sur Internet, assure : « Nous avons
reçu en un seul jour plus de 6 000 plaintes sur la
difficulté des examens. Outre le calcul différentiel, il y a
des plaintes sur les examens d’anglais de la deuxième
secondaire », assure-t-il. Face à ces critiques et désirant
sans doute calmer les ardeurs des familles, le ministre de
l’Education, Yousri Al-Gamal, a annoncé qu’un comité serait
formé afin de s’assurer de la crédibilité de ces plaintes.
Le ministre a promis de revoir à la baisse le coefficient
des questions jugées très difficiles. Les élèves eux ont du
mal à se remettre de cette expérience douloureuse.
Sabah
Sabet
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Des scandales
en série
Outre la difficulté des examens, les épreuves du
baccalauréat ont été entachées cette année par une série
d’incidents. Dans le gouvernorat de Minya, la fuite d’un
sujet d’examen de mathématiques de troisième année
secondaire a provoqué un tohu-bohu. Tout commence lorsqu’un
employé du département de l’éducation de Minya s’est mis
d’accord avec le propriétaire d’une bibliothèque et son
épouse pour photocopier des exemplaires de sujets d’examen
avant de les vendre et de se partager l’argent. La police a
arrêté les deux hommes alors qu’ils photocopiaient le
sujet. Ils ont été placés en détention provisoire pendant 15
jours, accusés d’avoir laissé filtrer des informations
secrètes, de les avoir photocopiées et distribuées devant
certaines écoles, deux heures avant le début de l’examen. Le
gouverneur de Minya, Ahmad Diaaeddine, avait pourtant nié
que des fuites avaient eu lieu lors de l’examen mais il est
vite revenu sur ses propos et a reconnu qu’ « il existe des
lacunes et des défaillances » dans le système. Un autre
incident s’est produit lorsqu’on a découvert que des salles
d’examens avaient été spécialement aménagées dans un hôpital
de Minya pour les fils des responsables aux ministères de
l’Intérieur, de la Justice et de la Santé. L’épisode de la
fuite des sujets d’examens se répète chaque année. Des voix
s’élèvent réclamant la nécessité d’annuler ces examens et de
les refaire passer aux élèves. « La fuite de sujets veut
dire que le principe de l’égalité des chances n’existe pas,
donc il y a une grosse lacune dans le processus de l’examen
», explique le conseiller Ahmad Al-Chazli, vice-président du
Conseil d’Etat. Les failles du système administratif et la
terreur que constitue l’examen du bac pour la plupart des
familles sont à l’origine de ce feuilleton à répétition.
Sabah
Sabet
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