Liban.
La relance de l’industrie touristique est en cours grâce au
succès de la conférence de Doha qui a permis la sortie de
crise politique et l’élection du président de la
République.
Le tourisme reprend des couleurs
La
paix revient, le tourisme remonte en flèche. Les
réservations pleuvent sur le Liban depuis le retour au
calme. Prévisions d’un été touristique chaud qui succéderait
aux pertes des années d’insécurité. Tout porte à croire que
le Liban va enfin surmonter son marasme économique et
touristique dans les quelques mois qui viennent. « L’accord
de Doha était à peine conclu que les téléphones ont commencé
à sonner. Du Golfe, d’Europe, de partout, on réserve jusqu’à
la fin de l’été », souligne Mary Shwairy, responsable des
relations publiques à l’hôtel de luxe Phoenicia à Beyrouth.
« Des restaurants et des cafés fermés depuis deux ans ont
rouvert en un temps record ces trois derniers jours »,
déclare Essam Ebeid, un responsable de la municipalité, qui
prépare un programme de loisirs et de festivités.
Le ministre du Tourisme sortant, Joe Sarkis, s’attend aux «
chiffres des meilleures années ». Selon les estimations, 1,8
million de touristes attendent aux portes du Liban la
stabilisation des conjonctures sécuritaires et politiques. «
Depuis l’accord de Doha, une hausse de 30 % du nombre des
touristes est prévue par rapport à l’année dernière. Les
hôtels réembauchent et les compagnies aériennes organisent
des vols supplémentaires », souligne Sarkis.
Pour l’économie libanaise qui est basée au premier plan sur
les services, le tourisme est un secteur-clé. Par
conséquent, les mauvaises conjonctures sécuritaires sont
l’ennemi n°1 du tourisme.
Déjà, ce secteur témoigne de pertes annuelles de 3,5
milliards de dollars depuis 2005. Selon les estimations
officielles, 300 000 personnes travaillent dans le secteur
du tourisme. Les revenus sur le tourisme pourront atteindre
cette année 12 % du PIB, alors qu’ils ne dépassaient pas les
8 % depuis 2000. Et si le plan de développement touristique
vient à être appliqué, les revenus pourront atteindre 20 %
du PIB. Les touristes sont à 40 % des Arabes, 25 % des
Européens et le reste d’autres nationalités. « Jusqu’à fin
avril 2008, nous n’avions reçu que 280 000 touristes en
raison de l’insécurité. Aujourd’hui, nous prévoyons de 1,3 à
1,6 million de touristes (sur l’année), soit le même chiffre
que celui attendu en 2006, année qui s’annonçait la plus
prometteuse », précise Sarkis.
L’offensive israélienne contre le Liban en juillet 2006 à la
suite de l’enlèvement de deux soldats israéliens par le
Hezbollah avait anéanti les attentes du secteur touristique
libanais. « En 2006, sur les 4,4 milliards de dollars de
revenus de tourisme attendus, investissements compris, seul
1,5 milliard environ a été réalisé », déplore Sarkis. En
plus de la guerre, la crise de 18 mois entre majorité et
opposition, les assassinats politiques, des affrontements
entre l’armée libanaise et un groupe islamiste en 2007, et
enfin les combats intercommunautaires de début mai avaient
dissuadé les touristes de visiter le pays.
Stabilité et confiance
Pour redonner vie à l’un des piliers de l’économie
libanaise, le ministère du Tourisme poursuit l’application
de son plan d’urgence basé sur la continuité pour que le
Liban se taille une place sur la carte touristique mondiale.
Le prestigieux Festival international de Beiteddine,
interrompu depuis 2006, reprendra du 11 juillet au 12 août.
De même, l’institution publique pour l’encouragement de
l’investissement a tenu une conférence de presse pour
annoncer la tenue du Forum pour la promotion du tourisme et
de l’investissement touristique et immobilier, les 8 et 9
juillet prochain à Beyrouth. Ce forum constituera un début
encourageant pour exposer les opportunités d’investissement
dans le domaine de l’investissement immobilier et
touristique, ainsi que les éléments d’attraction des
touristes.
En fait, les investissements arabes au Liban atteignent près
de 15 milliards de dollars, soit 4,5 % du total des
investissements arabes au Moyen-Orient et en Afrique évalués
à 60 milliards de dollars. Ce chiffre représente moins de
0,5 % du volume des investissements arabes à l’étranger
évalué à 300 milliards de dollars. « Une amélioration
palpable de la situation financière est prévue après
l’accord de Doha qui a mis fin à la crise politique entre la
majorité et l’opposition. L’élection du président de la
République et la mise en marche des institutions ont conféré
une certaine stabilité et confiance, s’attendant à ce que
l’année 2008 soit prometteuse et l’année 2009 encore plus »,
a souligné le ministre des Finances, Gihad Azour.
Le Liban s’attend donc à une prospérité de ce secteur vital
à l’économie notamment après un triste bilan de l’année
écoulée. Avec un recul de revenus en 2007 de 14,5 % par
rapport à 2006 (69 millions de dollars) et de 13,2 % en
comparaison avec 2005 (68 millions de dollars). En fait, ce
sont les Libanais à l’étranger qui maintiennent ce secteur
en vie. Selon l’Administration centrale des statistiques,
sur les 2 140 591 voyageurs entrés au pays du Cèdre l’an
dernier, 914 716 étaient libanais, soit plus de 42 % du
total des entrants.
Maher
Meqled (avec AFP)