Al-Ahram Hebdo, Economie | Le tourisme reprend des couleurs
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 Semaine du 18 au 24 juin 2008, numéro 719

 

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Economie

Liban. La relance de l’industrie touristique est en cours grâce au succès de la conférence de Doha qui a permis la sortie de crise politique et l’élection du président de la République. 

Le tourisme reprend des couleurs 

La paix revient, le tourisme remonte en flèche. Les réservations pleuvent sur le Liban depuis le retour au calme. Prévisions d’un été touristique chaud qui succéderait aux pertes des années d’insécurité. Tout porte à croire que le Liban va enfin surmonter son marasme économique et touristique dans les quelques mois qui viennent. « L’accord de Doha était à peine conclu que les téléphones ont commencé à sonner. Du Golfe, d’Europe, de partout, on réserve jusqu’à la fin de l’été », souligne Mary Shwairy, responsable des relations publiques à l’hôtel de luxe Phoenicia à Beyrouth. « Des restaurants et des cafés fermés depuis deux ans ont rouvert en un temps record ces trois derniers jours », déclare Essam Ebeid, un responsable de la municipalité, qui prépare un programme de loisirs et de festivités.

Le ministre du Tourisme sortant, Joe Sarkis, s’attend aux « chiffres des meilleures années ». Selon les estimations, 1,8 million de  touristes attendent aux portes du Liban la stabilisation des conjonctures sécuritaires et politiques. « Depuis l’accord de Doha, une hausse de 30 % du nombre des touristes est prévue par rapport à l’année dernière. Les hôtels réembauchent et les compagnies aériennes organisent des vols supplémentaires », souligne Sarkis.

Pour l’économie libanaise qui est basée au premier plan sur les services, le tourisme est un secteur-clé. Par conséquent, les mauvaises conjonctures sécuritaires sont l’ennemi n°1 du tourisme.

Déjà, ce secteur témoigne de pertes annuelles de 3,5 milliards de dollars depuis 2005. Selon les estimations officielles, 300 000 personnes travaillent dans le secteur du tourisme. Les revenus sur le tourisme pourront atteindre cette année 12 % du PIB, alors qu’ils ne dépassaient pas les 8 % depuis 2000. Et si le plan de développement touristique vient à être appliqué, les revenus pourront atteindre 20 % du PIB. Les touristes sont à 40 % des Arabes, 25 % des Européens et le reste d’autres nationalités. « Jusqu’à fin avril 2008, nous n’avions reçu que 280 000 touristes en raison de l’insécurité. Aujourd’hui, nous prévoyons de 1,3 à 1,6 million de touristes (sur l’année), soit le même chiffre que celui attendu en 2006, année qui s’annonçait la plus prometteuse », précise Sarkis.

L’offensive israélienne contre le Liban en juillet 2006 à la suite de l’enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah avait anéanti les attentes du secteur touristique libanais. « En 2006, sur les 4,4 milliards de dollars de revenus de tourisme attendus, investissements compris, seul 1,5 milliard environ a été réalisé », déplore Sarkis. En plus de la guerre, la crise de 18 mois entre majorité et opposition, les assassinats politiques, des affrontements entre l’armée libanaise et un groupe islamiste en 2007, et enfin les combats intercommunautaires de début mai avaient dissuadé les touristes de visiter le pays.

 

Stabilité et confiance

Pour redonner vie à l’un des piliers de l’économie libanaise, le ministère du Tourisme poursuit l’application de son plan d’urgence basé sur la continuité pour que le Liban se taille une place sur la carte touristique mondiale. Le prestigieux Festival international de Beiteddine, interrompu depuis 2006, reprendra du 11 juillet au 12 août. De même, l’institution publique pour l’encouragement de l’investissement a tenu une conférence de presse pour annoncer la tenue du Forum pour la promotion du tourisme et de l’investissement touristique et immobilier, les 8 et 9 juillet prochain à Beyrouth. Ce forum constituera un début encourageant pour exposer les opportunités d’investissement dans le domaine de l’investissement immobilier et touristique, ainsi que les éléments d’attraction des touristes.

En fait, les investissements arabes au Liban atteignent près de 15 milliards de dollars, soit 4,5 % du total des investissements arabes au Moyen-Orient et en Afrique évalués à 60 milliards de dollars. Ce chiffre représente moins de 0,5 % du volume des investissements arabes à l’étranger évalué à 300 milliards de dollars. « Une amélioration palpable de la situation financière est prévue après l’accord de Doha qui a mis fin à la crise politique entre la majorité et l’opposition. L’élection du président de la République et la mise en marche des institutions ont conféré une certaine stabilité et confiance, s’attendant à ce que l’année 2008 soit prometteuse et l’année 2009 encore plus », a souligné le ministre des Finances, Gihad Azour.

Le Liban s’attend donc à une prospérité de ce secteur vital à l’économie notamment après un triste bilan de l’année écoulée. Avec un recul de revenus en 2007 de 14,5 % par rapport à 2006 (69 millions de dollars) et de 13,2 % en comparaison avec 2005 (68 millions de dollars). En fait, ce sont les Libanais à l’étranger qui maintiennent ce secteur en vie. Selon l’Administration centrale des statistiques, sur les 2 140 591 voyageurs entrés au pays du Cèdre l’an dernier, 914 716 étaient libanais, soit plus de 42 % du total des entrants.

Maher Meqled (avec AFP)

 

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