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 Semaine du 18 au 24 juin 2008, numéro 719

 

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Iran. Le rejet par Téhéran d’un nouveau paquet d’offres européennes en contrepartie d’une suspension de l’enrichissement de l’uranium met la République islamique en butte à de nouvelles sanctions internationales.

Durcissement des positions

Malgré la politique de la carotte et du bâton adoptée par la communauté internationale pour forcer l’Iran à stopper son programme nucléaire, la crise nucléaire iranienne semble toujours acculée à l’impasse. Ainsi, le premier ministre britannique, Gordon Brown, a affirmé, lundi dernier, lors d’une conférence de presse commune avec le président américain George Bush à Londres que l’Union européenne va convenir de nouvelles sanctions contre l’Iran, notamment le gel des avoirs à l’étranger de la plus grande banque du pays, Mehli. Même le Japon a appelé, lundi, les ministres des Affaires étrangères des pays du G8, dont il accueillera une réunion fin juin, à envoyer un « message fort » contre les programmes nucléaires de l’Iran et de la Corée du Nord.

Quant aux ennemis les plus farouches des Iraniens, les Américains, ils ont indiqué que l’Onu pourrait infliger des sanctions supplémentaires à l’Iran s’il refusait l’offre présentée samedi par le diplomate en chef de l’UE, Javier Solana, en visite à Téhéran. « Je crois qu’un rejet de cette offre mènerait à une isolation de l’Iran encore plus grande et à des sanctions internationales supplémentaires », a menacé un responsable du département d’Etat américain.

L’offre de M. Solana qualifiée de « vaste et généreuse » est présentée par les grandes puissances pour convaincre l’Iran de suspendre son enrichissement d’uranium, dont la communauté internationale craint qu’il n’alimente un programme de fabrication de l’arme atomique.

Selon les experts, l’offre est une version remaniée de celle que M. Solana avait présentée il y a deux ans à l’Iran, et que ce dernier avait alors rejetée. Dans cette nouvelle proposition, les grandes puissances « reconnaissent le droit de l’Iran à développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques ». Elles proposent, comme en 2006, d’aider l’Iran à se doter des technologies les plus modernes dans ce domaine, et de garantir son approvisionnement en combustible nucléaire. Les Six proposent aussi de « normaliser les relations économiques et commerciales » avec Téhéran et de l’aider à jouer un rôle important dans la sécurité au Moyen-Orient. Mais cette offre rappelle aussi que l’Iran doit se plier aux quatre résolutions du Conseil de sécurité — dont trois assorties de sanctions — exigeant la suspension de l’enrichissement d’uranium et une plus grande coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Selon M. Solana, cette offre généreuse prouve le désir de l’UE et des six pays de développer une relation constructive et de coopération avec l’Iran dans le champ nucléaire et de nombreux autres secteurs, soulignant que les propositions étaient destinées à soutenir l’Iran dans le développement d’un programme d’énergie nucléaire moderne. De retour de Téhéran, M. Solana a pressé les dirigeants iraniens à donner une réponse rapide à son offre : « Plus l’Iran répondra vite à l’offre de coopération des grandes puissances, mieux ce sera ».

 

Un refus prévu

La réponse iranienne semble de toute façon négative. Les premières réponses n’étaient pas très encourageantes selon les analystes. Sans réfléchir, Téhéran avait préalablement rejeté toute suspension de cet enrichissement, principale condition de l’offre présentée par M. Solana au nom du groupe des Six (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne). « La position de l’Iran est claire : aucune condition préalable à propos de la suspension de nos activités nucléaires ne peut être acceptée », a déclaré, dimanche, le porte-parole du gouvernement Gholam Hossein Elham. Nuançant un peu les propos de M. Elham, le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, a mis dans la balance un paquet iranien de propositions avancées pour régler « les grandes questions du monde ». Plusieurs journaux conservateurs ont d’ailleurs critiqué dimanche la visite du diplomate en chef de l’Union européenne et tout le paquet qu’il porte.

Certain que les négociations seraient stériles, le président américain, George W. Bush, a prévenu lundi qu’il n’avait écarté aucune option pour forcer l’Iran à suspendre son programme nucléaire controversé, tout en espérant régler cette crise par la diplomatie. Une façon de préparer le terrain aux nouvelles sanctions. Et pourquoi pas à une frappe militaire.

Maha Al-Cherbini

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