Al-Ahram Hebdo,Arts | Akram Zaatari, « Depuis l’assassinat de Hariri, je sens que nous sommes dans un tunnel étroit, sans fin »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 18 au 24 juin 2008, numéro 719

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Arts

Cinéma. Dès sa fondation en 1954, le Festival international du court métrage de Oberhausen (en Allemagne) a eu pour emblème « La voie vers le voisin ». Sa 54e édition a rendu hommage au Libanais Akram Zaatari, projetant 9 films-vidéos retraçant ses 15 ans de carrière.  

« Depuis l’assassinat de Hariri, je sens que nous sommes dans un tunnel étroit, sans fin » 

Al-Ahram Hebdo : Après avoir effectué des études en architecture à l’Université américaine de Beyrouth (AUB), vous vous êtes tourn5é vers la photographie et la vidéo. Comment vous avez pu tourner votre film All is Well on the Border, (tout va bien à la frontière) sous l’occupation israélienne en 1997 ?

Akram Zaatari : J’ai d’abord étudié la vidéo et le cinéma à New York ; ensuite, de retour à Beyrouth, j’ai travaillé pour la chaîne satellite libanaise Future TV qui m’a donné la possibilité de disposer de ses caméras et de ses moyens techniques, m’aidant ainsi à produire mes premiers courts métrages.

Il n’était pas possible de visiter la région, sous occupation israélienne à l’époque, alors j’ai tourné le film suivant les échos qui me parvenaient de la ligne frontalière, notamment les témoignages des anciens prisonniers détenus en Israël, soit pour leurs idées ou leurs combats armés contre l’Etat hébreu. Nous avons commencé par filmer avec certains prisonniers libérés et habitants qui ont été déplacés de la région frontalière pour s’installer à la banlieue sud de Beyrouth. J’ai enregistré des témoignages et introduit d’autres personnages qui étaient nécessaires pour l’intrigue du film comme celui du chauffeur de taxi qui travaillait sur la ligne Beyrouth-Damas.

— Qu’en est-il des scènes réelles qu’on retrouve dans le film ?

— Je les ai obtenues des archives de la Future TV, des archives des organisations internationales et du Hezbollah qui envoyait un photographe avec les commandos effectuant des opérations militaires pour affirmer leur succès au reste du monde.

— La guerre contre le Liban en 2006 ne vous a-t-elle pas inspiré un autre film ?

— Depuis l’assassinat de Rafiq Al-Hariri en 2005, je sens que nous sommes coincés dans un tunnel étroit, sans fin. En tant que réalisateur, il m’est très important de disposer d’un espace libre, de recul, pour débattre du sujet que je désire présenter dans mon film. Tant que je ne vois pas la fin du tunnel, je ne peux rien présenter sur l’agression israélienne qui a frappé le Sud du Liban en juillet 2006. Toute l’histoire était une folie et une impulsion injustifiée et il nous est impossible de connaître exactement les événements qui se sont déroulés sur le terrain de la réalité.

Actuellement, je travaille plutôt sur un thème traitant de Chebaa, cette terre libanaise d’importance stratégique majeure vu son emplacement sur la montagne Al-Cheikh. Occupée par les Israéliens en 1967 avec le Golan, elle demeure un point de litige entre le Liban, la Syrie et Israël.

— Votre dernier film, Nature morte, illustre un homme en train de fabriquer une bombe et un autre plus jeune en train de repriser une veste. N’y trouvez-vous pas une incitation à la violence ?

— Le film est une sorte de métaphore. Non, je n’encourage pas la fabrication des bombes et je suis complètement hostile à la guerre et à la violence. Mais l’honnêteté exige de transmettre ces images telles qu’elles se déroulent au Liban ou ailleurs dans le monde arabe. Au Liban, tous les jours, il y a des gens qui planifient pour planter une bombe quelque part et ils sont tous libanais. Mon film, par ailleurs, ne révèle pas le pourquoi de la chose. Nous retrouvons dans le film deux personnages, l’un désirant partir à la montagne, alors que l’autre préfère faire du surplace. C’est là une façon de refléter l’actuelle division du Liban quant à l’armement de la résistance. La moitié du pays veut que la résistance soit armée, alors que l’autre moitié n’a plus foi en une expérience militaire, vieille de deux décennies, et du coup ne croit plus aux solutions militaires. Le Liban est divisé en deux sur ce sujet et c’est ce que j’ai voulu transmettre dans le film.

— La projection du film a été problématique en Allemagne ? 

— J’ai présenté le film à la compétition officielle du Festival du court métrage à Oberhausen, mais on a refusé de l’accepter dans ce cadre, préférant le présenter à travers la section « Profil ». En fait, c’est une production du centre Pompidou à Paris, qui y a été diffusée dans le cadre d’une exposition sur le conflit au Moyen-Orient l

Propos recueillis par Fawzi Soliman 

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.