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 Semaine du 18 au 24 juin 2008, numéro 719

 

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Arts

Musique. Différentes vagues se croisent et s’entremêlent à l’occasion de la Fête de la musique dans une édition dédiée à l’Afrique, sous l’égide du Centre français de culture et de coopération. 

Tempo africain 

«  Le but derrière la Fête de la musique était d’abord de créer un rendez-vous annuel, une fête à laquelle assiste un public large, réuni derrière une idée qui est de rapprocher les différentes cultures à travers un langage universel ... la musique », explique Aurélia Feraris, chargée de mission culturelle au CFCC. La Fête de la musique devient aujourd’hui un événement important, mais aussi un moment de découverte d’autres cultures, de partage et d’échange entre les publics et les musiciens les plus divers. Cette année, elle porte les couleurs de l’Afrique au Caire, quant à Alexandrie, elle sera célébrée pendant plus d’une semaine aussi bien au Centre culturel français qu’au Centre des Jésuites.

La programmation musicale du CFCC (à la Citadelle, le 23 juin à 20h) est toujours fidèle au principe fondateur, 3 groupes locaux et un artiste étranger. Le public assistera à une ouverture très dansante avec la musique électronique et le saxophone joués par le DJ Haze et le saxophoniste français Florent Cornillet. Une musique inspirée par des courants africains qui présente un mélange entre l’Afro Beat et la musique électronique. A cela s’ajoute le saxophone de Cornillet qui se distingue par une musique variant entre des saveurs africaine, indienne et occidentale.

L’enchaînement se déclare bien plus local avec la musique nubienne du luthiste Kheidr Al-Attar accompagné de ses musiciens et danseurs qui présenteront un mélange de musique, de chant et de danse. Des charmes africains, toujours présents à travers la danse du bâton présenté par le Centre Medhat Fawzi, un partage du patrimoine du sud de l’Egypte que ressuscite ce centre créé par Al-Warsha, la fameuse troupe de théâtre égyptienne. Une danse très traditionnelle, mais qui est souvent peu connue par le public bien que très attirante ; elle met toujours le public dans une ambiance de compétitivité.

L’artiste étranger de cette édition est la plus grande incarnation des « Résonances Africaines ». Tiken Jah Fakoly, chanteur ivoirien, présent sur la scène musicale depuis cinq ans, est une des plus grandes stars du reggae africain. Il joue une musique pour « éveiller les consciences » comme il l’a expliqué lors de diverses interviews. Sa musique parle de beaucoup d’injustices que subit la population de son pays d’origine, mais aussi et surtout du peuple africain. Ses albums les plus connus sont Mangercratie (1996), Cours d’Histoire (1999), Le Caméléon (2000), Françafrique (2002) et Coup de Gueule (2004). Dans son dernier album, l’Africain, Tiken Jah dénonce toutes formes de racisme et de discrimination et mêle un style à la fois contemporain et traditionnel de musique.

« Ce programme reflète les différentes facettes de l’africanité » déclare Aurélia Ferraris. A cela s’ajoutent les airs locaux qui ne manquent pas à leur tour de montrer l’Afrique égyptienne traditionnelle.

Le programme d’Alexandrie ne repose pas cependant sur un thème spécial, mais sur une variété d’événements proposés par différentes institutions. Au Centre culturel français, du 15 au 21 juin, chaque soirée accueille un événement différent : projection de films égyptiens et français, concerts musicaux, soirées de chants. Pour sa part, le Centre des Jésuites d’Alexandrie organise plusieurs projections de films pendant la même semaine, ainsi qu’un concert du guitariste espagnol Fernando Perez accompagné du percussionniste égyptien Aymane Mabrouk.

Participent aussi à cette Fête de la musique d’autres centres culturels et artistes indépendants, comme Saqiet Al-Sawi (le 20, à partir de 19h) avec notamment les troupes Iftékassat, Nagham masri, West al-balad, le chanteur soufi Ahmad Al-Touni et les marionnettes d’Al-Sawi. « Nous avons beaucoup de chance et nous sommes vraiment très bien accueillis par les institutions égyptiennes », conclut Aurélia Ferraris. Une coopération fructueuse qui révèle une réelle intégration de l’événement dans la vie culturelle égyptienne.

Dina Abdel-Hakim

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