Musique.
Différentes vagues se croisent et s’entremêlent à l’occasion
de la Fête de la musique dans une édition dédiée à
l’Afrique, sous l’égide du Centre français de culture et de
coopération.
Tempo africain
«
Le but derrière la Fête de la musique était d’abord de créer
un rendez-vous annuel, une fête à laquelle assiste un public
large, réuni derrière une idée qui est de rapprocher les
différentes cultures à travers un langage universel ... la
musique », explique Aurélia Feraris,
chargée de mission culturelle au CFCC. La Fête de la musique
devient aujourd’hui un événement important, mais aussi un
moment de découverte d’autres cultures, de partage et
d’échange entre les publics et les musiciens les plus
divers. Cette année, elle porte les couleurs de l’Afrique au
Caire, quant à Alexandrie, elle sera célébrée pendant plus
d’une semaine aussi bien au Centre culturel français qu’au
Centre des Jésuites.
La programmation musicale du CFCC (à la Citadelle, le 23
juin à 20h) est toujours fidèle au principe fondateur, 3
groupes locaux et un artiste étranger. Le public assistera à
une ouverture très dansante avec la musique électronique et
le saxophone joués par le DJ Haze
et le saxophoniste français Florent
Cornillet. Une musique inspirée par des courants
africains qui présente un mélange entre l’Afro Beat et la
musique électronique. A cela s’ajoute le saxophone de
Cornillet qui se distingue par
une musique variant entre des saveurs africaine, indienne et
occidentale.
L’enchaînement se déclare bien plus local avec la musique
nubienne du luthiste Kheidr
Al-Attar accompagné de ses musiciens et danseurs qui
présenteront un mélange de musique, de chant et de danse.
Des charmes africains, toujours présents à travers la danse
du bâton présenté par le Centre Medhat
Fawzi, un partage du patrimoine du sud de l’Egypte
que ressuscite ce centre créé par Al-Warsha,
la fameuse troupe de théâtre égyptienne. Une danse très
traditionnelle, mais qui est souvent peu connue par le
public bien que très attirante ; elle met toujours le public
dans une ambiance de compétitivité.
L’artiste étranger de cette édition est la plus grande
incarnation des « Résonances Africaines ».
Tiken Jah
Fakoly, chanteur ivoirien,
présent sur la scène musicale depuis cinq ans, est une des
plus grandes stars du reggae africain. Il joue une musique
pour « éveiller les consciences » comme il l’a expliqué lors
de diverses interviews. Sa musique parle de beaucoup
d’injustices que subit la population de son pays d’origine,
mais aussi et surtout du peuple africain. Ses albums les
plus connus sont Mangercratie
(1996), Cours d’Histoire (1999), Le Caméléon (2000),
Françafrique (2002) et Coup de
Gueule (2004). Dans son dernier album, l’Africain,
Tiken Jah
dénonce toutes formes de racisme et de discrimination et
mêle un style à la fois contemporain et traditionnel de
musique.
« Ce programme reflète les différentes facettes de
l’africanité » déclare Aurélia Ferraris.
A cela s’ajoutent les airs locaux qui ne manquent pas à leur
tour de montrer l’Afrique égyptienne traditionnelle.
Le programme d’Alexandrie ne repose pas cependant sur un
thème spécial, mais sur une variété d’événements proposés
par différentes institutions. Au Centre culturel français,
du 15 au 21 juin, chaque soirée accueille un événement
différent : projection de films égyptiens et français,
concerts musicaux, soirées de chants. Pour sa part, le
Centre des Jésuites d’Alexandrie organise plusieurs
projections de films pendant la même semaine, ainsi qu’un
concert du guitariste espagnol Fernando Perez accompagné du
percussionniste égyptien Aymane
Mabrouk.
Participent aussi à cette Fête de la musique d’autres
centres culturels et artistes indépendants, comme
Saqiet Al-Sawi
(le 20, à partir de 19h) avec notamment les troupes
Iftékassat,
Nagham masri, West al-balad,
le chanteur soufi Ahmad Al-Touni
et les marionnettes d’Al-Sawi. «
Nous avons beaucoup de chance et nous sommes vraiment très
bien accueillis par les institutions égyptiennes », conclut
Aurélia Ferraris. Une
coopération fructueuse qui révèle une réelle intégration de
l’événement dans la vie culturelle égyptienne.
Dina
Abdel-Hakim