Al-Ahram Hebdo,Société | Le professeur virtuel arrive
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 mai 2008, numéro 713

 

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Société

Education . Pour la première fois, les élèves disposent de la possibilité de réviser sur leur ordinateur. Leurs travaux sont pilotés par un enseignant online, qui dirige les leçons, les exercices, et donne des explications complémentaires. Un moyen qui attire de plus en plus les familles.  

Le professeur virtuel arrive 

Le cours commence par un enchaînement direct avec des exercices de vocabulaire sous des formes plus ou moins ludiques, puis de la grammaire et de la conjugaison. Il suffit d’un clic pour que le programme apparaisse. Une voix explique la leçon du jour et les différents types d’exercices. Le principe est simple : le professeur s’exprime dans un microphone et son discours anime l’écran. Pas question, pour Hassan, élève, de s’accorder une pause, sinon la session se déconnecte. Le professeur virtuel intervient régulièrement pour s’assurer que la leçon a été comprise avant de passer au chapitre suivant. Et s’il constate que Hassan a levé le doigt en appuyant sur une touche, il n’hésite pas à répéter le paragraphe et donne à son étudiant des exercices pour tester s’il a bien compris. Ces exercices sont surveillés en permanence : le professeur suit Hassan, mais aussi d’autres élèves qui sont en ligne. Un cours en live comme en classe. « Je ne me sens pas seul. C’est comme si j’étais en classe, face à un tableau et que le professeur est en train d’expliquer sa leçon. Il y a toujours une réaction. Ce professeur virtuel répond à toutes nos questions, nous fait participer au cours et nous demande d’accélérer quand il constate que le sujet a été bien assimilé. Bref, je travaille comme avec un prof réel », explique Hassan, élève en cinquième primaire, tout en ajoutant que même les absences sont enregistrées à travers le courrier électronique.

En effet, la conception du professeur online est tout à fait nouvelle.

Une société spécialisée dans l’enseignement via Internet s’est lancée tout récemment dans ce procédé en tablant sur les techniques les plus récentes. Pour la première fois, les élèves des écoles, à commencer par la 4e primaire jusqu’au bac, peuvent apprendre et réviser sur leur ordinateur, et leurs travaux sont pilotés par un professeur virtuel, online. Ce dernier reste à la disposition de l’étudiant sept jours sur sept, mais à des heures bien précises et suivant les matières. www.Ostaz Online.com. Un site qui a réussi à gagner la confiance de beaucoup d’élèves, à leur présenter une méthode d’enseignement plus divertissante. « Si vous rencontrez des problèmes dans vos études, cliquez sur 19719 , un professeur online vous aidera à comprendre ces détails plus facilement », un slogan utilisé par Ostaz Online (professeur en direct), un site réputé pour ce genre de service très en vogue actuellement. « Lorsqu’on l’a créé en 2004, le nombre d’élèves n’était pas important. On a commencé par des annonces publicitaires, mais on a préféré informer les gens par téléphone. Alors qu’on ne comptait que 500 élèves, le chiffre est passé aujourd’hui à 7 000 », explique Ahmad Chaarawi, contrôleur de qualité dans cette société, tout en ajoutant que c’était le seul moyen pour alléger les souffrances des familles.

Une fois l’inscription faite ainsi que le payement, l’élève reçoit un email qui contient des indications et une brève description des programmes. Selon lui, ce système va de plus en plus se répandre pour être ensuite appliqué par les universitaires, surtout que les prix des cours sont abordables. L’objectif du professeur virtuel est double : il veille à ce que l’étudiant comprenne correctement sa leçon et, parallèlement, il fait en sorte que l’apprentissage se déroule de façon efficace, tout en profitant des nouvelles technologies. Le contact entre le professeur virtuel et son élève s’établit automatiquement au moment où l’étudiant se branche.

 

Un procédé en vogue

« Nous présentons quatre cours par semaine, le coût dépend de la matière, du niveau de l’élève et de la langue utilisée en cours. Par exemple, il faut compter une soixantaine de L.E. par mois pour des cours de sciences en anglais avec en plus la possibilité de revoir le cours plusieurs fois si les élèves ont mal compris », précise Ahmad. Un soulagement matériel pour les familles qui se saignent aux quatre veines pour que leurs enfants réussissent.

Autrement dit, le stress atteint son paroxysme à l’approche des examens de fin d’année. Les parents sont mobilisés et les jeunes ne savent plus où donner de la tête avec les cours particuliers. Cependant, la flexibilité des leçons virtuelles intéressent beaucoup d’élèves. On les rencontre partout, dans le métro, les cafés et les clubs, les yeux fixés sur leur ordinateur portable, en train de réviser à n’importe quel moment de la journée. Grâce à cette technique, l’étudiant travaille quand il veut, tant qu’il veut, chez lui ou à n’importe quel endroit où il se trouve. Il suffit qu’il dispose d’Internet. Il progresse suivant ses besoins, rapidement ou moins vite, et il est le seul à décider de ses heures de révision. Quant au professeur virtuel, il est à son entière disposition, mais à des heures précises, prêt à réagir dès que l’élève manifeste son désir de travailler. Samir, en 1re secondaire, nous confie qu’avec cette méthode, il peut au moins sortir de la maison, s’attabler dans un café sans être retardé dans ses révisions. « C’est nettement plus pratique que de prendre des cours particuliers, perdre mon temps dans les transports et arriver exténué au point de ne pouvoir me concentrer sur ma leçon. Dans un café, je suis plus détendu, je casse la routine et cela me permet de mieux réviser », souligne Samir. Et d’ajouter : « L’ordinateur, c’est mon passe-temps favori et voilà que je m’en sers pour mes études. Depuis que je me promène partout avec mon ordinateur, je me sens moins stressé et je travaille à mon rythme ». Quant à Gamila, mère de deux enfants, l’un en 1re primaire et l’autre en cinquième primaire, elle est entièrement satisfaite du nouveau procédé qui donne l’occasion à ses enfants de découvrir pour la première fois des leçons virtuelles. L’enfant bénéficie des avantages de l’Internet, mais découvre aussi les atouts de la nouvelle technologie qui le font sortir du système traditionnel. « J’ai moins de déplacements à faire et je suis tranquille, car il est devant moi. Au moins, je sais à quel moment il a compris ou pas, car je ne le quitte pas des yeux », dit Gamila, qui renforce ces cours par des leçons particulières, étant donné que son aîné a des difficultés d’assimilation.

Cependant, d’autres mamans ne sont pas de son avis. Il est vrai que ce nouveau procédé d’enseignement dépend de beaucoup de facteurs personnels, dont le talent de l’étudiant, sa disponibilité et sa volonté d’apprendre. Nagwa, femme au foyer et mère de trois enfants, préfère la méthode classique. Elle pense que la présence d’un professeur est indispensable. Alaa Abdallah, professeur, considère que ce procédé ne pourra jamais remplacer le professeur traditionnel, ni le détrôner, car les étudiants ont besoin d’un professeur en chair et en os. « Ce dernier encourage ses élèves et leur donne un coup de pouce moral, même s’ils n’ont pas envie de travailler. Alors que le professeur virtuel ne peut rappeler l’élève à l’ordre. Le suivi des élèves permet à l’enseignant de décider du programme de rattrapage », dit-il, tout en assurant que cette nouvelle méthode peut servir aux élèves du cycle primaire et non pas du préparatoire ou du bac où les études deviennent plus difficiles. De plus, certains parents assurent que ce genre de leçons virtuelles a ouvert la porte à la mafia des cours particuliers. « Certains enseignants ne ratent pas l’occasion de passer des annonces publicitaires sur des sites, faisant croire qu’ils sont en mesure de rendre publics les sujets d’examens contre des sommes d’argent. Un moyen de soudoyer les étudiants qui ne tarderont pas à découvrir la supercherie », conclut Karim, un père qui remet en cause cette méthode, selon lui, peu efficace.

Chahinaz Gheith

 




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