Des rêves légitimes
Morsi Attalla
Nous
avons le droit de rêver tant que nos rêves sont réalisables.
Nous avons le droit de rêver que l’Egypte retrouve son
célèbre titre de « mère du monde ».
Je rêve que Le Caire redevienne le joyau de l’Orient quand
nous aurons repeint tous ses bâtiments, quand nous aurons
transféré toutes les usines et tous les ateliers qui s’y
trouvent vers des cités industrielles et quand le chaos de
la circulation, des microbus et des charrettes tirées par
les ânes aura totalement disparu.
Je rêve comme beaucoup de voir disparaître les tas
d’immondices qui jonchent les rues. Je rêve de voir des
usines spécialisées dans la transformation de ces ordures en
engrais et en gaz nitrogènes utiles comme dans les pays
développés.
Je rêve aussi que la verdure recouvre les quatre coins de
mon pays. Je rêve de voir le désert se transformer en
paradis verts, de voir des dizaines d’arbres dans toutes les
rues, sur toutes les places et dans les jardins publics pour
que disparaisse toute agression contre les surfaces
agricoles.
Je rêve que les organisations de la société civile orientent
leurs efforts vers la restitution de l’aspect civilisé de l’Egypte
pour que la propreté réapparaisse dans le comportement
quotidien du citoyen égyptien. L’absence regrettable de la
propreté n’est nullement due au manque de moyens, comme on
aime le répéter, ni à la négligence des appareils
gouvernementaux. Il s’agit d’une affaire de comportement qui
se contredit avec l’une de nos principales croyances qui dit
que la propreté est l’un des aspects de la foi.
Je souhaite aussi que les organismes de contrôle de
l’hygiène des aliments jouent un rôle plus actif alors que
nous avons été choqués par des comportements dégouttants de
vente de viande d’ânes.
La liste des rêves et des souhaits est encore longue. Je
souhaite que nous réduisions l’emploi des engrais chimiques
dans l’agriculture et que nous augmentions l’emploi des
engrais biologiques. Ce afin de réduire le taux des maladies
contemporaines et afin que nos fruits et légumes retrouvent
leurs goûts réputés.
Je rêve de voir disparaître le laisser-aller, la négligence
et l’indifférence des lieux de travail dans le public. Je
rêve que l’accomplissement des devoirs précède par la
demande des droits. Je rêve que l’énervement et la colère
disparaissent pour céder la place à l’amour, l’amitié, la
tolérance et la fraternité.
L’Egypte mérite que l’on rêve pour elle. Mais les rêves
doivent être précédés par un accord général sur l’importance
du travail dans tous les domaines, avec un nouvel esprit et
une nouvelle pensée.
De ce fait, nous avons besoin d’ouvrir une nouvelle page du
dialogue raisonnable constructeur autour des soucis du
présent et des rêves de l’avenir. Ce dialogue doit se baser
sur la véritable volonté de trouver des solutions pratiques
aux problèmes internes et aux défis externes. Il ne sert
plus à rien de se vanter des prouesses du passé. Toutes les
donnes de l’époque que nous vivons indiquent que la
politique dans le monde d’aujourd’hui ne se limite plus aux
emblèmes et aux discours retentissants. La politique
d’aujourd’hui se traduit en travail et efforts qui ne
connaissent aucun genre de vantardise.
Dans le monde d’aujourd’hui, le rôle de l’homme politique
n’est pas d’enflammer les sentiments du peuple. Sa
principale mission est de satisfaire les besoins et les
ambitions légitimes du peuple. Il lui incombe d’adopter des
mouvements dynamiques rapides, car il est dans un conflit
avec les problèmes qui augmentent et s’amplifient en
permanence en conséquence des évolutions naturelles et de la
croissance démographique galopante.