La Commissaire européenne des relations extérieures et de la
politique du voisinage, Benita
Ferrero-Waldner, a
assisté au quatrième Conseil d’association égypto-européenne
qui s’est tenu les 28 et 29 avril à Luxembourg. Elle évalue
l’état d’avancement dans l’application de l’accord
d’association entre l’Egypte et l’Union européenne.
« Pour que le plan d’action soit effectif, il doit être
ressenti par la population égyptienne »
Al-Ahram-Hebdo
: A l’occasion du quatrième Conseil d’association
égypto-européenne auquel assistait le chef de la diplomatie
égyptienne, Ahmad Aboul-Gheit, comment voyez-vous les
perspectives de coopération économique entre l’Egypte et
l’Union Européenne (UE) ?
Benita Ferrero-Waldner :
L’accord d’association et le plan d’action conclus entre l’Egypte
et l’Union européenne garantissent pour les deux parties un
cadre officiel de dialogue et de coopération. Ce récent
Conseil d’association était une bonne occasion pour que l’UE
apporte son soutien au plan d’action de la politique
européenne du voisinage et lui donne un nouvel élan. La
Commission européenne demeure un important partenaire pour
l’Egypte en vue de faire face à ses défis économiques et
sociaux, d’élargir le cadre du partenariat politique et dans
le suivi des réformes sociales, notamment dans les secteurs
de l’éducation et de la santé, dans lesquels l’Egypte a
réalisé de grands progrès grâce au soutien de l’UE.
Et pour que le plan d’action soit de plus en plus effectif,
ses effets doivent être ressentis par la population
égyptienne. Il doit dépasser les politiques pour parvenir
aux simples gens comme les agriculteurs, les entrepreneurs,
la société civile, les professeurs, les scientifiques, les
hommes, les femmes, les adultes et les personnes âgées. Les
relations égypto-européennes sont déjà fortes et
importantes. Il est donc possible d’utiliser les cadres
disponibles de ces relations afin de parvenir à une plus
grande compréhension et de réaliser des intérêts communs.
— Quel est l’état d’avancement de l’application du plan
d’action de la Politique européenne du voisinage en Egypte ?
— Les deux parties, l’Egypte et l’UE, ont signé le plan
d’action en mars 2007. A partir de cette date, l’Egypte a
présenté son engagement de mettre en place des cadres
institutionnels qui facilitent l’exécution de ce plan, et de
traiter avec tous les mécanismes offerts pour la coopération
dans le cadre de la politique européenne du voisinage.
L’Egypte a réalisé de grands progrès, par exemple, dans les
domaines des réformes économiques, des négociations sur la
libéralisation du commerce dans les secteurs de
l’agriculture et de la chasse. Début 2008, on a entamé les
négociations pour la libéralisation des services. Il est à
noter que le plan d’action souligne le renforcement de la
coopération égypto-européenne dans le domaine de l’énergie.
Il est prévu que l’Egypte et l’UE signent un mémorandum afin
d’augmenter l’efficacité de la consommation de l’énergie,
élargir la production d’énergies renouvelables et garantir
les ressources en énergie. Ainsi, le plan d’action n’est pas
seulement un accord commercial et technique, mais c’est un
instrument politique qui aide l’Egypte à réaliser les
objectifs de la réforme dans les domaines politique et
social. Le soutien de l’UE à l’Egypte, qui s’élève à 558
millions d’euros pour la période 2007-2010, représente
l’engagement de l’Europe envers l’Egypte dans la réalisation
de ses priorités nationales nécessaires au progrès et à la
réforme.
— Mais l’Egypte n’a toujours pas reçu ces aides de 558
millions d’euros ...
— Le programme indicatif national de l’Egypte pour la
période 2007-2010 est en cours d’exécution. Tandis que les
autres projets prévus pour la même période ne seront pas
appliqués du jour au lendemain. Lorsqu’une somme est allouée
à un projet, des consultations préalables doivent être
faites et des plans mis en place, afin de s’assurer que
cette somme soit versée de manière propice. Cependant, les
projets qui ont été planifiés dans le cadre du soutien
européen pour la période 2002-2006 se déroulent bien.
En 2007, on a accordé 137 millions d’euros à des secteurs
spécifiques : 120 millions d’euros pour moderniser le
secteur de l’éducation et 17 millions d’euros pour soutenir
l’exécution du plan d’action pour le développement des
institutions égyptiennes à travers l’instrument du jumelage
et d’autres mécanismes existants. En 2008, nous
travaillerons sur un autre paquet d’aides qui s’élèvent à
139 millions d’euros qui sont destinés à des réformes
politiques dans les secteurs des droits de l’homme, de la
démocratie et de la bonne gouvernance, ainsi que pour le
développement des secteurs du transport et de l’eau.
— Quel rôle l’Union européenne peut-elle jouer pour
encourager le secteur privé européen à investir en Egypte ?
— Dans le cadre de la politique européenne du voisinage, on
a mis en place un mécanisme qui facilite les investissements
européens dans les pays voisins. Nous soutenons le processus
d’octroyer des crédits à travers la Banque Européenne
d’Investissement (BEI) et d’autres institutions financières
européennes afin de fournir plus de chance pour installer
des projets dans les pays de la région, surtout dans les
domaines de l’énergie, du transport et de l’environnement et
de soutenir les initiatives du secteur privé et de la
société civile dans les pays concernés. Nous allons
consacrer une somme de 250 millions d’euros au mécanisme qui
facilite les investissements dans les pays voisins pour la
période de 2007-2010. Outre 450 millions d’euros qui seront
alloués à la période 2011-2013. Le total est de 700 millions
d’euros. Ce mécanisme présentera les investissements voulus
dans plusieurs secteurs et dans différents pays voisins.
— L’Association égypto-européenne comporte aussi un volet
politique concernant les conflits dans la région du
Proche-Orient. Avez-vous discuté de ces questions avec le
ministre égyptien des Affaires étrangères ?
— L’Egypte joue un rôle majeur dans le processus de paix au
Proche-Orient, entre Israéliens et Palestiniens. Nous
apprécions les efforts déployés par l’Egypte dans des
circonstances très difficiles afin de parvenir à une
réconciliation entre les différentes parties du conflit.
Nous reconnaissons aussi le rôle pionnier de l’Egypte dans
le suivi de l’exécution de l’initiative arabe de paix et son
rôle dans le cadre de la Conférence d’Annapolis pour la
paix.
Propos recueillis par Dina Ibrahim