Emploi.
Le ministère de l’Environnement organise des formations au
sein des universités afin de faciliter l’entrée des jeunes
sur le marché du travail. Reportage.
Mieux vaut une tête bien verte
«il
faut trouver des solutions originales pour relever le défi
du chômage en Egypte ». Telle est la volonté du ministère de
l’Environnement. Pour la mettre en œuvre, il organise dans
les universités des cours d’écologie, qui selon lui,
faciliteront le recrutement des jeunes dans les organismes
soucieux du respect de l’environnement. « Je suis ravi de
l’enseignement sur le montage d’un petit projet écologique.
On apprend à créer un atelier de recyclage, à recycler la
paille de riz en engrais biologiques au lieu de la brûler en
plein air, ce qui contribue à diminuer le problème du smog
en automne, mais aussi et surtout créer de l’emploi. A la
fin du stage, un certificat écologique est délivré, ce qui
facilite le recrutement dans les organismes soucieux de
l’environnement », note Ahmad Abdel-Tawab, étudiant en 2e
année à la faculté d’économie et de sciences politiques. A
l’instigation du ministère de l’Environnement, 70 étudiants
y suivent cinq fois par semaine, de 10h à 14h, des cours
d’écologie. « Nous avons organisé la semaine dernière une
série d’ateliers avec pour objectif de sensibiliser les
étudiants à l’environnement », annonce le Dr Hoda Al-Chayeb,
conseillère au ministère de l’Environnement pour la
formation. Car résoudre le problème du chômage nécessite une
solution rapide sur le court terme, et figure parmi les
priorités du ministère de l’Environnement en raison des
chiffres alarmants du ministère de la Main-d’œuvre. Selon
ces statistiques, 10 % de la population active est sans
emploi et 88 % des chômeurs en Egypte sont âgés entre 20 et
40 ans. En outre, d’après un rapport publié récemment par le
Bureau International du Travail (BIT), 32 des 73 millions d’Egyptiens
sont considérés pauvres. Tandis que 6 des 32 millions sont
considérés comme très pauvres. Le rapport souligne aussi que
la pauvreté est passée de 39 % en 1990 à 48 % en 1999 dans
les régions urbaines et de 39% à 55 % sur la même période
dans les régions rurales.
Ainsi, le plan du ministère « est d’organiser en 2008 au
total 60 formations dans les différents gouvernorats (le
stage coûte au ministère 7 000 L.E.), dont 10 seront des
ateliers très spécialisés », déclare Dr Salah Al-Chérif, du
département de la formation au ministère de l’Environnement.
Par ce biais, ces étudiants joueront à long terme un rôle
positif vis-à-vis des problèmes environnementaux, notamment
au sein des ONG. Ces formations apprennent à créer et
produire à partir de rudiments matériels. Les thèmes des
déchets solides, des ressources naturelles, de
l’agriculture, des plantations sont aussi abordés.
Bassante, étudiante en 3e année, raconte qu’un groupe de
jeunes au chômage depuis plus de 2 ans, qui ont assisté à
l’une de ces formations, ont mené à bien un projet à Marg,
quartier populaire du Caire, consistant à cultiver des
légumes sur leur terrasse. « Il suffit de quelques tables en
bois, de plastique, de tuyaux perforés, de pots de terre, et
d’un système d’arrosage au goutte-à-goutte », informe un
spécialiste en environnement, à la suite d’un cours sur
l’agriculture et la plantation.
Echange d’expériences
A
la fin des cours, les étudiants se réunissent autour
d’experts et de spécialistes en environnement venant des
universités, des centres de recherches et du ministère de
l’Environnement pour échanger les points de vue et les
expériences. « Une ou deux formations par an ne suffisent
pas, il en faut beaucoup d’autres pour obtenir un changement
des comportements », reconnaît cependant l’un d’eux. Ahmad
Chaabane, originaire du gouvernorat du Fayoum, étudiant en
3e année à la faculté de sciences politiques, affiche, quant
à lui, ses espoirs : « Je veux un crédit bancaire ou du
Fonds social pour le développement pour monter un petit
atelier où je pourrais collecter les détritus, recycler les
déchets solides et organiques des ruelles du Caire, pour les
transformer en engrais ».
D’après le Dr Salah Hafez, ce genre de stage est une idée
nouvelle et positive, et il faudrait que chaque ministère
organise des stages similaires dans les universités, avec
obtention d’un diplôme à la clé. Mais d’autres sont plus
sceptiques et pensent que cette initiative n’est qu’un
leurre pour faire croire que le gouvernement agit en faveur
des jeunes. « Au lieu de remédier à la bureaucratie et à la
lenteur des procédures de la plupart des services, l’Etat ne
fait que procéder à des micro-mesures sans réel impact sur
la vie de la plupart d’entre nous », conclut un étudiant.
Manar
Attiya