Al-Ahram Hebdo,Environnement | Mieux vaut une tête bien verte
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 Semaine du 7 au 13 mai 2008, numéro 713

 

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Environnement

Emploi. Le ministère de l’Environnement organise des formations au sein des universités afin de faciliter l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Reportage.

Mieux vaut une tête bien verte

«il faut trouver des solutions originales pour relever le défi du chômage en Egypte ». Telle est la volonté du ministère de l’Environnement. Pour la mettre en œuvre, il organise dans les universités des cours d’écologie, qui selon lui, faciliteront le recrutement des jeunes dans les organismes soucieux du respect de l’environnement. « Je suis ravi de l’enseignement sur le montage d’un petit projet écologique. On apprend à créer un atelier de recyclage, à recycler la paille de riz en engrais biologiques au lieu de la brûler en plein air, ce qui contribue à diminuer le problème du smog en automne, mais aussi et surtout créer de l’emploi. A la fin du stage, un certificat écologique est délivré, ce qui facilite le recrutement dans les organismes soucieux de l’environnement », note Ahmad Abdel-Tawab, étudiant en 2e année à la faculté d’économie et de sciences politiques. A l’instigation du ministère de l’Environnement, 70 étudiants y suivent cinq fois par semaine, de 10h à 14h, des cours d’écologie. « Nous avons organisé la semaine dernière une série d’ateliers avec pour objectif de sensibiliser les étudiants à l’environnement », annonce le Dr Hoda Al-Chayeb, conseillère au ministère de l’Environnement pour la formation. Car résoudre le problème du chômage nécessite une solution rapide sur le court terme, et figure parmi les priorités du ministère de l’Environnement en raison des chiffres alarmants du ministère de la Main-d’œuvre. Selon ces statistiques, 10 % de la population active est sans emploi et 88 % des chômeurs en Egypte sont âgés entre 20 et 40 ans. En outre, d’après un rapport publié récemment par le Bureau International du Travail (BIT), 32 des 73 millions d’Egyptiens sont considérés pauvres. Tandis que 6 des 32 millions sont considérés comme très pauvres. Le rapport souligne aussi que la pauvreté est passée de 39 % en 1990 à 48 % en 1999 dans les régions urbaines et de 39% à 55 % sur la même période dans les régions rurales.

Ainsi, le plan du ministère « est d’organiser en 2008 au total 60 formations dans les différents gouvernorats (le stage coûte au ministère 7 000 L.E.), dont 10 seront des ateliers très spécialisés », déclare Dr Salah Al-Chérif, du département de la formation au ministère de l’Environnement. Par ce biais, ces étudiants joueront à long terme un rôle positif vis-à-vis des problèmes environnementaux, notamment au sein des ONG. Ces formations apprennent à créer et produire à partir de rudiments matériels. Les thèmes des déchets solides, des ressources naturelles, de l’agriculture, des plantations sont aussi abordés.

Bassante, étudiante en 3e année, raconte qu’un groupe de jeunes au chômage depuis plus de 2 ans, qui ont assisté à l’une de ces formations, ont mené à bien un projet à Marg, quartier populaire du Caire, consistant à cultiver des légumes sur leur terrasse. « Il suffit de quelques tables en bois, de plastique, de tuyaux perforés, de pots de terre, et d’un système d’arrosage au goutte-à-goutte », informe un spécialiste en environnement, à la suite d’un cours sur l’agriculture et la plantation.

Echange d’expériences

A la fin des cours, les étudiants se réunissent autour d’experts et de spécialistes en environnement venant des universités, des centres de recherches et du ministère de l’Environnement pour échanger les points de vue et les expériences. « Une ou deux formations par an ne suffisent pas, il en faut beaucoup d’autres pour obtenir un changement des comportements », reconnaît cependant l’un d’eux. Ahmad Chaabane, originaire du gouvernorat du Fayoum, étudiant en 3e année à la faculté de sciences politiques, affiche, quant à lui, ses espoirs : « Je veux un crédit bancaire ou du Fonds social pour le développement pour monter un petit atelier où je pourrais collecter les détritus, recycler les déchets solides et organiques des ruelles du Caire, pour les transformer en engrais ».

D’après le Dr Salah Hafez, ce genre de stage est une idée nouvelle et positive, et il faudrait que chaque ministère organise des stages similaires dans les universités, avec obtention d’un diplôme à la clé. Mais d’autres sont plus sceptiques et pensent que cette initiative n’est qu’un leurre pour faire croire que le gouvernement agit en faveur des jeunes. « Au lieu de remédier à la bureaucratie et à la lenteur des procédures de la plupart des services, l’Etat ne fait que procéder à des micro-mesures sans réel impact sur la vie de la plupart d’entre nous », conclut un étudiant.

Manar Attiya

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