Al-Ahram Hebdo,Dossier | Mme Badriya Solimane, « C’est la citoyenneté qui doit être le fondement d’une répartition des pouvoirs »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 mai 2008, numéro 713

 

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Dossier

Soudan. Mme Badriya Solimane, présidente de la commission des Affaires juridiques au Parlement soudanais et membre du Congrès national au pouvoir, explique les objectifs du recensement. 

« C’est la citoyenneté qui doit être le fondement d’une répartition des pouvoirs » 

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi tous ces problèmes et ces polémiques pour un recensement qui, somme toute, constitue une procédure normale un peu partout dans le monde ?

Badriya Solimane : Ce recensement est une nécessité afin de déterminer le moyen de répartir le pouvoir et les richesses. Ces éléments sont devenus un critère s’appliquant à toutes les régions du Soudan. Il permettra aussi de délimiter les circonscriptions électorales lors des prochaines élections prévues l’année prochaine. Un autre aspect lié à ce processus, le développement équilibré dans tout le Soudan. Une telle opération se base sur un recensement permettant de déterminer les besoins de chaque région en projets en plus du service civil, lequel dépendra des résultats de ce dénombrement.

Mais pourquoi le recensement n’a-t-il pas été reporté afin de pouvoir répondre à toutes les exigences du gouvernement du Sud ?

— Le recensement devrait intervenir avant l’avènement de l’automne et la chute des pluies dans le Sud qui rend le déplacement difficile. Quant aux demandes du gouvernement sud-soudanais sur les deux questions relatives à la religion et l’ethnie, il était difficile de les admettre parce que les techniciens et les experts dans le monde entier ont refusé de compter sur d’autres critères que la citoyenneté. C’est la citoyenneté qui doit être le fondement d’une répartition des pouvoirs et des richesses et non la religion et l’ethnie, sinon nous établissons une discrimination entre les enfants d’une même patrie.

Les cadres sudistes ont dit qu’ignorer ces aspects, c’est effacer l’identité soudanaise qui compte sur le pluralisme religieux, ethnique et linguistique ...

— L’accord de paix globale signé à Nivacha au Kenya en 2OO5 et la Constitution nationale provisoire prendront compte de ces aspects. La Constitution du Nord habité par une majorité musulmane compte sur la charia islamique. La Constitution du Sud est laïque. Les textes constitutionnels et l’accord de paix ont souligné la protection des droits des non musulmans dans la capitale en plus d’un commissariat ad hoc. Afin de connaître le nombre de ceux à qui cette institution doit apporter sa protection, la Constitution a stipulé la possibilité pour l’Etat du Khartoum d’effectuer un recensement à cette fin.

Les Etats du Sud s’intéressent à la question de la race et de la religion afin de déterminer les programmes religieux scolaires.

— Le Constitution et l’accord de paix soulignent l’existence de 3 types de recensement : le premier est national, c’est celui qui a lieu actuellement, le deuxième peut avoir lieu au niveau du gouvernement du Sud. Quant au troisième, il se déroulerait au  niveau des Etats. Il n’y a aucun problème quant à mener d’autres genres de recensement pour les besoins spécifiques de chaque Etat ou ceux du gouvernement du Sud.

— Et que dire de l’opposition des groupes armés au Darfour qui considèrent le recensement comme un acte hostile à leur égard ?

— Il faut attirer l’attention sur le fait que le recensement est effectué par le gouvernement d’union nationale qui comporte toutes les composantes politiques, toutes les ethnies, y compris celles du Darfour et aussi les groupes armés qui ont signé avec le gouvernement l’accord d’Abuja. Cela aura lieu avec l’aide des agences de l’Onu qui sont tombées d’accord avec le gouvernement pour l’aider à effectuer le recensement. L’Unrwa a annoncé qu’elle aiderait à recenser les réfugiés du Darfour se trouvant au Tchad.

Ce recensement ne va-t-il pas ajouter d’autres crises en plus de celles dont souffre le Soudan surtout si l’on ne tient pas compte de ses résultats.

— Il s’agit d’un processus normal qui a lieu partout dans le monde. Le dernier à avoir eu lieu au Soudan est intervenu en 1993. Il était supposé qu’un autre ait lieu en 2003. Ce qui n’a pas été le cas, parce que nous étions occupés par les négociations qui ont mené à l’accord de paix. Celui-ci a stipulé la mise en place justement du recensement actuel devant se dérouler à la 4e année de la période transitoire, ce qui se déroule à présent.

Ne pas reconnaître les résultats ne constitue-t-il pas une possibilité ?

— Tant que le président du gouvernement du Sud, et premier vice-président du Soudan, Samuel Kiir, est une partie intégrante de la décision prise par l’institution présidentielle, il n’est pas pensable que des gens ordinaires au Sud viennent exprimer leur opposition. Il a participé, lui, au recensement et invité les Sudistes à y prendre part. Nombreux d’entre eux, qui se trouvaient au Nord, sont revenus dans leurs zones pour y prendre part.

Les résultats du référendum peuvent-ils susciter des changements ?

— S’il s’avère que le nombre de musulmans au Sud équivaut au nombre de chrétiens à Khartoum, il sera équitable de leur créer un commissariat.

Propos recueillis par Asmaa Al-Hosseini

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