Caravane du cinéma euro-arabe .
La 3e édition, qui se déroule du 6 au 12 mai, redouble
l’intérêt de la cinéphilie pour les créations des deux rives
de la Méditerranée.
A l’approche de la ligne de mire
La
Caravane du cinéma euro-arabe qui fête cette semaine au
Caire sa 3e année d’existence, assurée de son succès
croissant, entame une envergure internationale. De nouveaux
invités venus des quatre coins du bassin méditerranéen sont
attendus : acteurs, réalisateurs, cinéphiles, critiques.
Au total, 17 films seront projetés devant les spectateurs du
Centre de la créativité de l’Opéra du Caire. Un fond commun
leur confère une couleur particulière. « Pour cette année,
nous avons sélectionné des films qui discuteront des guerres
et conflits idéologiques qui naissent sur le terreau de
l’incompréhension de l’autre », affirme Hala Galal,
présidente de cette manifestation.
Parmi les cinémas participant à cette édition figurent ceux
de la France, du Maroc, de la Jordanie et de l’Allemagne.
Les films sélectionnés réunissent des avant-premières, des
inédits et des exclusivités, comprenant de longs et courts
métrages et des documentaires. On en débusque le film
jordano-britannique Prends-moi à ma patrie, présenté en
avant-première, le film franco-algérien La Maison jaune de
Amor Hakkar, lauréat du prix du meilleur film au Festival de
Locarno, le film polonais Place du sincère, ainsi que le
film hispano-allemand Le Dernier match signé Gerardo
Olivares et qui a été sélectionné au Festival de Berlin
2006. A mentionner également le documentaire égyptien Voix
de Dina Hamza, qui transcrit l’amitié des deux poètes
égyptiens disparus, Salah Jahine et Fouad Haddad, et les
liens particuliers qui soudent leurs familles au-delà de
leur décès.
Fidèle à sa volonté d’accueillir des sensibilités et des
expressions diverses, la Caravane du cinéma euro-arabe
reçoit cette année le réalisateur marocain Hassan Rhamga qui
présente Arkana, film d’ouverture de la dernière édition du
Festival des films francophones à Asfi au Maroc, ainsi que
le réalisateur syrien Omar Amiralay auquel elle rend hommage
en projetant quatre de ses films en rétrospective.
Pendant une semaine, cinéphiles et grand public devront
découvrir à travers sa riche programmation le niveau atteint
par le 7e art arabo-européen et les différentes facettes de
ses créations et ses pensées en mouvement.
«
Nous voulons montrer ce qu’est la culture arabe, et pas le
folklore », insiste Hala Galal. A titre de rappel, lancée en
mars 2006, la Caravane du cinéma euro-arabe, initialement
financée par l’Union européenne dans le cadre du Programme
Euromed Audiovisuel II, est une série d’événements
cinématographiques sillonnant différentes villes de la
région méditerranéenne et du monde
arabe, afin de promouvoir le dialogue interculturel à
travers les films caractéristiques de ces pays riverains.
Jusqu’à la fin de 2008, ce projet va voyager du Nord au Sud,
dans le but de faire connaître les nouvelles visions des
cinéastes européens et méditerranéens afin de créer une
nouvelle génération de cinéphiles plus ouverts à la culture
cinématographique européenne et arabe. Le Caire, Alexandrie,
Amman, Beyrouth, Paris et Rotterdam sont parmi les villes où
le projet viserait un nouveau public.
Mais, nouvelle édition rime aussi avec nouvelle dynamique.
Les organisateurs espèrent faire de cette manifestation une
tradition qui sera désormais inscrite dans l’agenda annuel
des événements artistiques et culturels nationaux et
internationaux. « Cette
manifestation aspire à garder son existence en tant que lieu
de promotion de la création et de la recherche dans le
domaine du cinéma, ainsi qu’un espace de diffusion des
créations des jeunes artistes », proclame Hala Galal.
Et d’ajouter : « On cherche actuellement de nouveaux
financements pour la Caravane, afin de pouvoir continuer à
l’organiser chaque année, étant donné que la subvention
avancée par l’Union européenne prend terme à l’issue 2008 ».
Forte de cette ambition, la société Semat que dirige Hala
Galal entend concentrer les six manifestations annuelles de
la Caravane en une seule, plus copieuse et plus diversifiée.
A l’avenir, ce projet qui a acquis ses lettres de
consécration demeurera une plate-forme d’interactions et
d’échanges des expériences créatives, et un potentiel de
soutien aux énergies de recherche et d’innovation dans le
domaine du 7e art.
Yasser
Moheb