Al-Ahram Hebdo, Arts | La société en dérision
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 mai 2008, numéro 713

 

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Arts

Théâtre. Dans Zay al-foll (en forme), le show domine le drame et les thèmes socio-politiques. Costumes, décor, musique, chansons, chorégraphies et humour en constituent les attraits principaux.

La société en dérision

Zay al-foll est une expression couramment utilisée en égyptien pour signifier être en forme. Elle comporte une exagération, de l’humour et parfois du sarcasme …

C’est l’origine du titre choisi par le chorégraphe et metteur en scène, Adel Abdou, pour son nouveau spectacle donné au théâtre Al-Balloun. En fait, ce théâtre de l’Etat s’offre en particulier aux shows, accueillant régulièrement à titre d’exemple les danses de la Troupe Réda, celles de la troupe nationale des arts populaires, etc.

La pièce en question pénètre le monde des jeunes éduqués et cultivés qui ne trouvent cependant pas de travail et finissent par devenir vendeurs ambulants. Désespérés, ils deviennent victimes des gangs et des corrompus. Ainsi, Achour, incarné par le speaker–vedette, Chérif Madkour, est victime de l’immigration clandestine. Ammoura, interprétée par Rim Al-Baroudi, sa bien-aimée, a perdu ses parents à la suite de l’effondrement de leur immeuble.

Le jeune couple, abattu par les coups du destin, accepte de participer à un complot, pour une poignée de dollars. C’est alors qu’il se retrouve face à des criminels et des malfaiteurs : Hayder (le comédien Wahid Seif), Roueiha (le comédien Ahmad Siyam) et Sonia (Maysara, jouant souvent la manipulatrice séduisante). L’occasion ou jamais de prendre sa revanche sur toute une société.

Le chorégraphe Adel Abdou et l’écrivain Hamdi Nawar se servent des maux sociaux comme l’immigration clandestine, le chômage, la corruption pour enrichir leur pièce. Mais c’est surtout le spectacle qui s’avère le plus marquant.

Au niveau des détails vestimentaires, les costumes ont des couleurs criardes. Ceux des danseurs sont souvent munis de strass et brillent de mille feux.

Les décors, notamment lorsqu’il s’agit de danses, sont à leur tour chargés de couleurs, avec plusieurs éléments mobiles créant un arrière-fond assez riche. Sur scène, on recrée la place Tahrir, la station de métro, la corniche … soit le centre-ville cairote. Abdou profite de l’espace que lui offre le théâtre, notamment durant la chanson du marin où il emploie la fosse de l’orchestre pour montrer un bateau à voile qui traverse les planches.

Chorégraphe à l’origine, Abdou s’occupe bien du mouvement des danseurs et des comédiens qui chantent et dansent quasiment tous. Sur les rythmes des chansons composées par Yéhia Ghanem et écrites par Hamdi Nawar, le chorégraphe et metteur en scène réussit à produire un mouvement rapide, léger et rythmé. Tous les éléments servent à créer une scénographie riche. Certaines scènes sont consacrées aux jeux acrobatiques et aux arts du cirque. D’autres sont basées sur des chansons de mawals, de noces … Les aspects folkloriques propres aux fêtes et aux mariages sont de mise. Un jeu de va-et-vient entre le proscenium (le devant de la scène) et la salle engendre un sentiment de familiarité entre acteurs et public. Parfois, les acteurs dansent, chantent et entretiennent une conversation avec les spectateurs.

Et pour mieux déclencher les rires en salle, chaque comédien est libre de faire des digressions, se livrant à des insinuations politiques ou sensuelles. Certaines scènes se transforment en sketches avec blagues à l’appui, tournant en dérision les sujets soulevés, à l’instar du sketch sur les toilettes publiques. Tout un dialogue assez ridicule compare un nain et un homme de taille ordinaire cherchant à atteindre les cuvettes …

Vers la fin, c’est toujours l’heure de la vérité. Les symboles sont à découvert : la femme séduisante et manipulatrice, c’est les Etats-Unis. Son serviteur n’est qu’Israël et les jeunes du pays doivent relever le défi. Les sketchs, danses et chants sont là pour alléger le spectacle, lui prêtant une note d’espoir .

May Sélim

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Zay al-foll, tous les soirs à 21h30 (relâche le mardi) au théâtre Al-Balloun, place Agouza. Tél. : 33 47 17 18

 




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