Al-Ahram Hebdo, Afrique | L’UA s’en mêle
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 mai 2008, numéro 713

 

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Afrique

Zimbabwe . L’Union africaine intervient auprès du président Robert Mugabe pour s’assurer un déroulement dans de bonnes conditions du second tour des présidentielles.  

L’UA s’en mêle 

Le Zimbabwe s’achemine vers un deuxième tour des présidentielles, aucun des deux candidats n’ayant obtenu la majorité absolue. Après une dure attente, la commission électorale a annoncé que le chef de l’opposition, Morgan Tsvangirai, 56 ans, fondateur et président du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), est arrivé en tête du scrutin avec 47,9 % des suffrages contre 43,2 % au président sortant Robert Mugabe. Le plus vieux dirigeant du continent, 84 ans, qui a essuyé le plus sérieux revers de sa longue carrière politique, a immédiatement fait savoir qu’il acceptait sa défaite et participerait au second tour.

Mais l’opposition, qui a remporté la majorité aux élections législatives, a dénoncé les résultats des présidentielles. Le MDC, qui revendique depuis plusieurs semaines la victoire de son leader dès le premier tour avec plus de 50 %, a immédiatement jugé l’annonce des résultats « scandaleuse » et « un vol éhonté ». « Sans aucun doute, la commission électorale s’est emballée. C’est scandaleux », a déclaré Nelson Chamisa, le porte-parole du MDC. Thokozani Khupe, la vice-présidente du MDC, a laissé la porte ouverte à un duel Tsvangirai-Mugabe dans un second tour, dont la date n’a pas été fixée. Mais « la commission électorale se réunira dès que possible pour la fixer », a déclaré son président, George Chiweshe.

Déjà un climat tendu menace toujours la tenue du second tour. Depuis près de quatre semaines, Tsvangirai n’est pas rentré au Zimbabwe, où le régime a implicitement menacé de l’inculper pour « trahison ». Pour l’opposition, comme pour nombre d’organisations de défense des droits de l’homme, la tension dans le pays depuis le 29 mars ne permet pas l’organisation d’un scrutin « libre et équitable ».

 

Médiation de l’UA

Pour désamorcer la crise, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping, s’est rendu lundi à Harare où il a été reçu par le président sortant Robert Mugabe et le président de la commission électorale, dans le cadre des efforts de l’UA pour s’assurer du bon déroulement du second tour des présidentielles, qui en principe devrait avoir lieu dans les trois semaines suivant l’annonce des résultats, vendredi dernier. Mais selon des observateurs, la commission électorale pourrait étendre cette période jusqu’à 40 jours. Pour eux, le président Mugabe chercherait à gagner du temps pour se ressaisir avant la tenue du deuxième tour. La visite du responsable de l’UA intervient au moment où les Etats-Unis exercent un maximum de pressions pour que l’UA intervienne plus vigoureusement dans la crise zimbabwéenne.

Selon Human Rights Watch, « le parti ZANU-PF au pouvoir, l’armée et de prétendus anciens combattants ont mené avec le soutien du gouvernement une brutale campagne de violence, de torture et d’intimidation contre les militants du MDC et ses partisans ». Le MDC, qui affirme être la cible d’une campagne de répression menée par les partisans du régime, annonce un bilan d’au moins 20 morts et des centaines de blessés dans ses rangs. Une vingtaine de ses partisans, arrêtés dans le cadre d’un mouvement de grève à la mi-avril, étaient toujours en détention. L’ex-ministre des Finances, Simba Makoni, arrivé en troisième position avec 8,3 % des suffrages, a lancé un appel au dialogue. « Pour que le pays puisse avancer, il faut que les leaders politiques travaillent ensemble. Le pays ne peut pas se permettre une nouvelle élection. Ce serait beaucoup, beaucoup trop cher », a-t-il déclaré.

Mais, au-delà de ces déclarations, l’hypothèse d’un boycott semble peu probable. La loi zimbabwéenne est claire : si Tsvangirai renonce, Mugabe sera automatiquement déclaré vainqueur. Conscient du risque, Tsvangirai avait indiqué à la mi-avril qu’il pourrait envisager de prendre part à un second tour, si des observateurs impartiaux étaient déployés. Partageant le même avis, la communauté internationale et notamment Londres et Washington ont mis en doute la crédibilité des résultats annoncés et ils ont également insisté sur l’importance d’observateurs internationaux.

A cet égard, l’UA se prépare à envoyer une équipe d’observateurs aussi forte que possible. Mais l’hypothèse d’une élection sous surveillance occidentale, balayée d’un revers de manche il y a plusieurs mois par le parti de Mugabe, paraît peu probable. Pour le premier tour, le gouvernement zimbabwéen avait invité des observateurs africains et de « pays amis » tels que la Chine, l’Iran ou le Venezuela. En revanche, il avait interdit l’accès du pays aux représentants de l’UE, des Etats-Unis et du Commonwealth, qui ont tous adopté des sanctions contre le régime en place. « Nous ne sommes pas obligés d’autoriser les gens à venir chez nous pour légitimer ou décrédibiliser notre processus électoral quand ils poursuivent leurs propres intérêts », avait lancé le ministre de la Justice, Patrick Chinamasa. L’Occident a adopté des sanctions limitées contre les membres du régime de Mugabe après sa réélection controversée en 2002.

Maha Salem

 




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