Palestine.
Les discussions entre le Hamas et Israël, par médiation
égyptienne interposée, piétiennent en raison des positions
encore éloignées des deux parties.
Les négociations traînent
L’accord sur une trêve entre Israël et le Hamas piétine. Les
deux camps, ennemis jurés de longue date, mènent par
médiateur interposé — en l’occurence l’Egypte — de
difficiles tractations pour parvenir à une accalmie dans la
bande de Gaza. C’est ainsi qu’un haut responsable du
ministère israélien de la Défense, Amos Gilad, a discuté
dimanche au Caire des modalités d’un accord sur une trêve
des violences avec le Hamas. M. Gilad s’est entretenu avec
le chef des renseignements égyptiens, Omar Souleimane, « des
moyens de lever les obstacles à la réalisation de la trêve
entre Palestiniens et Israéliens », selon l’agence de presse
égyptienne, Mena. Omar Souleimane « a des contacts intenses
avec les parties palestinienne et israélienne afin de
rapprocher les points de vue entre les deux parties pour
parvenir à un accord sur une trêve le plus rapidement
possible (...) », a déclaré un haut responsable égyptien
sous le couvert de l’anonymat, cité par l’agence. Ce
responsable a appelé Israéliens et Palestiniens à faire
preuve de la « souplesse nécessaire pour parvenir à une
trêve ». Omar Souleimane « fait tout son possible pour
convaincre Israéliens et Palestiniens de donner leur accord
à une trêve », a-t-il ajouté.
Pour sa part, le premier ministre israélien, Ehud Olmert, a
réaffirmé avant le début de la réunion du conseil
hebdomadaire du gouvernement qu’Israël « n’a pas l’intention
de laisser traîner longtemps la question de Gaza ». « Nous
allons devoir prendre des décisions pour y parvenir, si cela
peut être fait par l’intermédiaire des efforts égyptiens,
tant mieux, sinon nous devrons utiliser d’autres moyens », a
ajouté M. Olmert.
Selon la radio militaire israélienne, deux dossiers bloquent
pour le moment les discussions. Israël exige que des progrès
soient réalisés sur la question de la libération d’un soldat
israélien, Gilad Shalit, capturé en 2006 par un commando
palestinien à la lisière de la bande de Gaza, pour parvenir
à une trêve des violences. L’Etat hébreu demande également
des garanties pour que le Hamas ne profite pas de la trêve
pour se renforcer militairement. Selon des responsables
palestiniens au fait des discussions, Israël a proposé de
restreindre ses opérations militaires, de rouvrir ce qui
était auparavant le principal terminal pour le transit du
fret à Karni et d’augmenter l’approvisionnement de la bande
de Gaza, notamment en carburants.
Les autorités israéliennes sont cependant peu enclines à
autoriser la réouverture immédiate du point de passage de
Rafah, principale ouverture vers le monde extérieur pour la
population de Gaza. Israël refuse en effet l’accès à son
territoire par le point de passage d’Erez à la majeure
partie des Palestiniens. Selon le site Internet proche du
Hamas, le refus d’Israël de rouvrir le point de passage a «
choqué » les négociateurs du Hamas. Tous les points de
passage sont restés une grande partie du temps fermés depuis
la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas en
juin dernier. A la suite de ce coup de force, Israël a durci
son blocus de la bande côtière.
Parallèlement aux discussions Hamas/Israël, la Ligue arabe a
annoncé qu’elle engagerait des discussions en vue d’une
réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président
Mahmoud Abbass. C’est ce qu’a déclaré dimanche le secrétaire
général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui a souligné que le
Hamas est prêt à accepter une médiation de la Ligue arabe
pour tenter de résoudre le conflit qui l’oppose au Fatah du
président de l’Autorité palestinienne. « Khaled Méchaal
s’est entretenu avec moi (...) me disant qu’il était ouvert
à un processus de même nature pour mettre fin au différend
entre le Fatah et le Hamas », a dit Moussa. « Aujourd’hui,
de nombreuses voix s’élèvent pour demander une implication
de la Ligue dans tous les dossiers et poursuivre cette
dynamique afin de régler un certain nombre de problèmes,
principalement (...) obtenir une représentation politique
palestinienne unifiée », a-t-il dit.
Les combattants du Hamas ont chassé en juin dernier les
forces du Fatah de la bande de Gaza. A la suite de ce coup
de force, Abbass a désavoué le gouvernement du Hamas et
nommé un nouvel exécutif, soutenu par les Occidentaux, dont
le pouvoir se limite à la Cisjordanie. En mars, une
médiation du Yémen avait échoué à rapprocher « les frères
ennemis » palestiniens.
Rania
Adel