Subventions.
L’Egypte est parmi les pays où elles sont les plus faibles.
C’est ce que révèle une étude du Centre d’Etudes Politiques
et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.
Trop de bruit pour peu
« L’Egypte fait partie des pays qui dépensent le moins en
matière de subventions », telle est la conclusion principale
de l’étude Les Subventions en Egypte, annulation ou réforme
et restructuration ?, rédigée par
Ahmad Al-Naggar et publiée par le Centre des Etudes
Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.
Selon les données de la Banque mondiale, les subventions et
les aides sociales ont représenté en 2005 en moyenne 44 % de
la totalité des dépenses publiques dans le monde, contre 18
% en Egypte. Des pays développés et d’autres en
développement ont dépassé de loin ce taux. Il a atteint 66 %
aux Etats-Unis, 53 % en France, 50 % en Algérie, 34 % en
Tunisie et 24 % au Maroc. De plus, la part des subventions
et des aides sociales par individu est de 9,1 dollars en
Egypte, contre une moyenne mondiale de 860,3 dollars.
Pour Ahmad Al-Naggar, cette régression des subventions en
Egypte est due à une mauvaise compréhension du rôle de l’Etat
dans les économies libérales. « L’objectif était toujours de
diminuer ou de mettre fin aux subventions pour des raisons
idéologiques, selon lesquelles le rôle de l’Etat doit être
limité dans les économies libérales », note Ahmad Al-Naggar.
Alors qu’en réalité, dans les économies les plus libérales,
l’Etat garde un rôle important dans la redistribution du
revenu national à travers les politiques des subventions et
des aides sociales. « L’investissement dans l’infrastructure
et dans les services sociaux et le support aux plus faibles,
entre autres, sont parmi les principales missions de l’Etat
», note un rapport de la Banque mondiale. Il n’y a pas donc
de raison pour que l’Etat diminue les subventions en Egypte.
Au contraire, pour Al-Naggar, les subventions et les aides
sociales sont indispensables en Egypte afin de remédier aux
défaillances de l’économie telles que le taux élevé du
chômage, la précarité des salaires et le taux élevé de
l’inflation. Avant d’énumérer les mesures qu’il faut suivre
pour garantir une meilleure distribution des subventions en
Egypte, Al-Naggar propose des mesures visant à réduire le
besoin aux subventions en créant une meilleure distribution
des revenus. Dans ce sens, il plaide pour une réforme des
grilles des salaires à travers la hausse du salaire minimum
et la création d’un mécanisme flexible pour le faire bouger
chaque année, une politique de l’emploi permettant de
diminuer le taux de chômage ainsi que le développement du
système des aides sociales. En fait, la pension de sécurité
sociale en Egypte est trop maigre avec 100 L.E. par famille
par mois.
Al-Naggar propose également des mesures à entreprendre pour
la restructuration des subventions afin qu’elles soient plus
efficaces en bénéficiant aux plus
démunis. Le point principal qu’il défend est la hausse des
subventions au pain et aux denrées alimentaires. Pas trop
tolérant, Al-Naggar termine par préciser une liste des
mesures qu’il faut entreprendre pour récupérer les
subventions dont les riches ont bénéficié. Il s’agit surtout
des subventions à l’énergie qui ont bénéficié en grande
partie aux propriétaires de voitures ainsi qu’à certaines
industries. Al-Naggar propose également une restructuration
des taxes sur les voitures, l’imposition d’impôts
exceptionnels sur l’industrie du ciment et du fer qui
bénéficient d’énergie subventionnée ainsi qu’une révision du
système de facturation de l’électricité. Finalement,
Al-Naggar conclut par un point de grande importance, à
savoir la réforme du système des impôts sur le revenu en
mettant en place un système d’impôt progressif.
Marwa
Hussein