Al-Ahram Hebdo, Economie | Le tiercé gagnant
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 Semaine du 28 mai au 3 juin 2008, numéro 716

 

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Economie

Banques. Une étude réalisée récemment par l’institution financière EFG-Hermes salue les performances de trois grandes banques et prévoit une croissance pour un certain nombre de petites banques en 2008.

Le tiercé gagnant

Le rapport publié récemment par l’institution financière EFG-Hermes a noté d’après les statistiques de la Banque Centrale une croissance des crédits des banques privées à 12 % en 2007 (son plus haut niveau depuis cinq ans). Cela est dû, selon le rapport, à l’amélioration du climat de l’investissement qui a mené à la hausse du taux de croissance annuelle des crédits des sociétés atteignant 10 %, ainsi qu’à la hausse des crédits des particuliers, atteignant 20 %. Elena Sanchez, analyste financière au département de recherche d’EFG-Hermes, écarte en effet tout impact résultant de la crise financière américaine et européenne sur le secteur bancaire en 2008. « La seule menace est l’impact de l’inflation égyptienne croissante », souligne-t-elle.

Le rapport note que bien que le secteur bancaire public (la banque Ahli, la Banque du Caire et la banque Misr) s’empare de 34 % du total des crédits bancaires, il n’a pas pu enregistrer une croissance considérable de ses chiffres d’affaires en 2007. Mohamad Barakat, PDG de la banque Misr, explique à Al-Ahram Hebdo que le recul de leurs performances est justifié par la phase de restructuration imposée aux banques publiques par le gouvernement. « Cette restructuration implique l’annulation de tous les crédits insolvables qui n’ont pas été couverts par des provisions. Ce qui prendra un peu plus de temps pour enregistrer des résultats positifs », explique-t-il.

Le rapport a par ailleurs salué le secteur privé, représenté par les banques NSGB, CIB et Crédit Agricole Egypt (CAE). Ce secteur a occupé 33 % du marché des crédits bancaires. Sahar Al-Sallab, vice-présidente de la CIB, assure : « Les banques égyptiennes privées ont pu bénéficier de l’émission des différents produits bancaires que les différentes banques ont introduits sur le marché », en clarifiant que chacune de ces banques veut à tout prix s’emparer d’une plus grande part du marché du crédit des particuliers, des voitures, des PME et de l’hypothèque.

Le rapport s’est concentré sur la performance des trois plus grandes banques du marché égyptien, à savoir la NSGB, la CIB et CAE . « Ces dernières ont enregistré des profits nets très élevés, la CIB a enregistré 44 %, la NSGB a atteint 37 % et Crédit Agricole Egypt a marqué 32 % », a déclaré Waël Ziyada, chef du département des recherches auprès d’EFG-Hermes. Il note par ailleurs que les trois banques ont un potentiel énorme, puisque chacune d’elles a pu s’élargir grâce à la fusion ou l’acquisition d’une autre banque.

 

Le bienfait des fusions

Le rapport met d’ailleurs l’accent sur l’importance en 2007 du fruit des fusions et acquisitions opérées durant l’année 2006. L’exemple le plus remarquable étant la fusion de la banque NSGB et Mibank en 2006, qui a hérité de sa part de marché en matière de crédits et dépôts bancaires. « Bien que la performance de NSGB ait subi un ralentissement durant les deux premiers trimestres de 2007, elle a vite repris son souffle en enregistrant une croissance de 26 % de ses crédits. Ce qui a mené NSGB à s’emparer de 6,4 % du marché des crédits et 5,6 % du marché des dépôts bancaires », souligne Elena Sanchez. Elle estime que la croissance des crédits de NSGB atteindra 22 % et prévoit une hausse des crédits des particuliers à 35 % en 2011, bien que ces derniers marquent actuellement 14 %. Sanchez prévoit également une performance plus considérable pour la banque et conseille d’acheter l’action de NSGB dans les court et long termes. « Son cours atteint actuellement 42,8 L.E., mais n’a pas encore dépassé son prix juste de 54,9 L.E. », note-t-elle.

Quant à la CIB, deuxième plus grande banque, elle a déclaré en septembre 2007 une fusion probable avec l’Arab African International Bank ayant 29 agences et occupant une part de 2,7 % du marché des crédits. Cette fusion garantira la création de la plus grande entité bancaire sur le marché en matière du nombre d’agences qui atteindront 154 ainsi qu’une part majeure des crédits et des dépôts bancaires. « La CIB a un potentiel dans les crédits des sociétés, et très prochainement elle s’emparera d’une part considérable du marché des particuliers et des PME », souligne Al-Sallab. Le rapport recommande également d’acheter l’action de la banque, puisque le prix de son action, qui atteint 93 L.E., n’a pas encore touché son prix juste sur le marché estimé à 113,5 L.E. Quant à Maha Abdel-Razeq, vice-directrice générale auprès de l’Arab African International Bank, elle souligne que la seule entrave dans cette transaction est l’évaluation du prix de l’action de la banque, « si nous prenons en considération la hausse du montant des récentes transactions effectuées sur le marché égyptien », note-t-elle. Le rapport salue la performance de la banque CAE, bien qu’elle ne s’empare que de 1,5 % du marché des crédits et 2,7 % du marché des dépôts bancaires, prévoyant une hausse du taux des crédits à 29 % en 2008, contre 25 % en 2007.

En fait, le rapport n’a pas écarté les autres petites banques mises en vente, mais a écarté les agences des banques étrangères qui représentent 70 % des 38 banques opérant sur le marché égyptien, « qui ne peuvent pas bien sûr être vendues », explique Ziyada, qui impute l’essor des actions des petites banques en 2007 aux opérations de fusion ou d’acquisition, comme la banque Al-Watani de développement par Abou-Dhabi islamique et de la banque Al-Watani al-masri par la Koweit National Bank.

Dans ce contexte, le rapport préconise de nouvelles acquisitions et fusions de petites banques, à l’exemple de l’Egyptian Gulf Bank, Suez Canal Bank et Faysal Islamic Bank. « Les actions de ces dernières sont désormais attractives », stipule le rapport.

Dahlia Réda

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