Banques.
Une étude réalisée récemment par l’institution financière
EFG-Hermes salue les performances de trois grandes banques
et prévoit une croissance pour un certain nombre de petites
banques en 2008.
Le tiercé gagnant
Le
rapport publié récemment par l’institution financière
EFG-Hermes a noté d’après les statistiques de la Banque
Centrale une croissance des crédits des banques privées à 12
% en 2007 (son plus haut niveau depuis cinq ans). Cela est
dû, selon le rapport, à l’amélioration du climat de
l’investissement qui a mené à la hausse du taux de
croissance annuelle des crédits des sociétés atteignant 10
%, ainsi qu’à la hausse des crédits des particuliers,
atteignant 20 %. Elena Sanchez, analyste financière au
département de recherche d’EFG-Hermes, écarte en effet tout
impact résultant de la crise financière américaine et
européenne sur le secteur bancaire en 2008. « La seule
menace est l’impact de l’inflation égyptienne croissante »,
souligne-t-elle.
Le rapport note que bien que le secteur bancaire public (la
banque Ahli, la Banque du Caire et la banque Misr) s’empare
de 34 % du total des crédits bancaires, il n’a pas pu
enregistrer une croissance considérable de ses chiffres
d’affaires en 2007. Mohamad Barakat, PDG de la banque Misr,
explique à Al-Ahram Hebdo que le recul de leurs performances
est justifié par la phase de restructuration imposée aux
banques publiques par le gouvernement. « Cette
restructuration implique l’annulation de tous les crédits
insolvables qui n’ont pas été couverts par des provisions.
Ce qui prendra un peu plus de temps pour enregistrer des
résultats positifs », explique-t-il.
Le rapport a par ailleurs salué le secteur privé, représenté
par les banques NSGB, CIB et Crédit Agricole Egypt (CAE). Ce
secteur a occupé 33 % du marché des crédits bancaires. Sahar
Al-Sallab, vice-présidente de la CIB, assure : « Les banques
égyptiennes privées ont pu bénéficier de l’émission des
différents produits bancaires que les différentes banques
ont introduits sur le marché », en clarifiant que chacune de
ces banques veut à tout prix s’emparer d’une plus grande
part du marché du crédit des particuliers, des voitures, des
PME et de l’hypothèque.
Le rapport s’est concentré sur la performance des trois plus
grandes banques du marché égyptien, à savoir la NSGB, la CIB
et CAE . « Ces dernières ont enregistré des profits nets
très élevés, la CIB a enregistré 44 %, la NSGB a atteint 37
% et Crédit Agricole Egypt a marqué 32 % », a déclaré Waël
Ziyada, chef du département des recherches auprès d’EFG-Hermes.
Il note par ailleurs que les trois banques ont un potentiel
énorme, puisque chacune d’elles a pu s’élargir grâce à la
fusion ou l’acquisition d’une autre banque.
Le bienfait des fusions
Le rapport met d’ailleurs l’accent sur l’importance en 2007
du fruit des fusions et acquisitions opérées durant l’année
2006. L’exemple le plus remarquable étant la fusion de la
banque NSGB et Mibank en 2006, qui a hérité de sa part de
marché en matière de crédits et dépôts bancaires. « Bien que
la performance de NSGB ait subi un ralentissement durant les
deux premiers trimestres de 2007, elle a vite repris son
souffle en enregistrant une croissance de 26 % de ses
crédits. Ce qui a mené NSGB à s’emparer de 6,4 % du marché
des crédits et 5,6 % du marché des dépôts bancaires »,
souligne Elena Sanchez. Elle estime que la croissance des
crédits de NSGB atteindra 22 % et prévoit une hausse des
crédits des particuliers à 35 % en 2011, bien que ces
derniers marquent actuellement 14 %. Sanchez prévoit
également une performance plus considérable pour la banque
et conseille d’acheter l’action de NSGB dans les court et
long termes. « Son cours atteint actuellement 42,8 L.E.,
mais n’a pas encore dépassé son prix juste de 54,9 L.E. »,
note-t-elle.
Quant à la CIB, deuxième plus grande banque, elle a déclaré
en septembre 2007 une fusion probable avec l’Arab African
International Bank ayant 29 agences et occupant une part de
2,7 % du marché des crédits. Cette fusion garantira la
création de la plus grande entité bancaire sur le marché en
matière du nombre d’agences qui atteindront 154 ainsi qu’une
part majeure des crédits et des dépôts bancaires. « La CIB a
un potentiel dans les crédits des sociétés, et très
prochainement elle s’emparera d’une part considérable du
marché des particuliers et des PME », souligne Al-Sallab. Le
rapport recommande également d’acheter l’action de la
banque, puisque le prix de son action, qui atteint 93 L.E.,
n’a pas encore touché son prix juste sur le marché estimé à
113,5 L.E. Quant à Maha Abdel-Razeq, vice-directrice
générale auprès de l’Arab African International Bank, elle
souligne que la seule entrave dans cette transaction est
l’évaluation du prix de l’action de la banque, « si nous
prenons en considération la hausse du montant des récentes
transactions effectuées sur le marché égyptien »,
note-t-elle. Le rapport salue la performance de la banque
CAE, bien qu’elle ne s’empare que de 1,5 % du marché des
crédits et 2,7 % du marché des dépôts bancaires, prévoyant
une hausse du taux des crédits à 29 % en 2008, contre 25 %
en 2007.
En fait, le rapport n’a pas écarté les autres petites
banques mises en vente, mais a écarté les agences des
banques étrangères qui représentent 70 % des 38 banques
opérant sur le marché égyptien, « qui ne peuvent pas bien
sûr être vendues », explique Ziyada, qui impute l’essor des
actions des petites banques en 2007 aux opérations de fusion
ou d’acquisition, comme la banque Al-Watani de développement
par Abou-Dhabi islamique et de la banque Al-Watani al-masri
par la Koweit National Bank.
Dans ce contexte, le rapport préconise de nouvelles
acquisitions et fusions de petites banques, à l’exemple de
l’Egyptian Gulf Bank, Suez Canal Bank et Faysal Islamic Bank.
« Les actions de ces dernières sont désormais attractives »,
stipule le rapport.
Dahlia Réda