Patrimoine.
Le Centre des manuscrits et de livres rares de la
Bibliotheca Alexandrina est doté d’un laboratoire de
restauration qui a réalisé, dans cinq ans, un travail
immense et inappréciable.
Résurrection des textes détériorés
Créé en 2002 selon un décret présidentiel, le Centre des
manuscrits et des livres rares de la Bibliotheca Alexandrina
présente un des fonds de manuscrits les plus prestigieux de
l’Egypte. Provenant surtout de la bibliothèque municipale
d’Alexandrie, ainsi que des dons différents, le centre
possède aujourd’hui plus de 100 000 manuscrits et livres
rares. Il conduit entre autre la restauration, la
reproduction numérique et l’analyse scientifique de milliers
de manuscrits majeurs et de livres rares permettant de
restituer au public et à la recherche des textes restés
longtemps inaccessibles.
Presque toute la collection rare de la Bibliotheca a fait
l’objet d’un programme de conservation dans le laboratoire
de restauration et de conservation des manuscrits et des
livres rares du Centre des manuscrits. « Le laboratoire du
Centre des manuscrits a été créé à l’origine pour la
sauvegarde et la restauration des manuscrits et des livres
rares des fonds de la Bibliotheca Alexandrina. Mais depuis
un an seulement, le Centre des manuscrits accepte la
restauration des fonds documentaires en dehors de la
Bibliotheca. La première fois on a accepté la restauration
de 290 manuscrits de la Bibliothèque municipale de Tanta. On
l’a fait gratuitement comme faveur ou considération »,
explique Chérine Al-Sawi, chef du département de la
restauration au Centre des manuscrits. Les techniciens du
laboratoire réalisent actuellement la restauration de 102
livres rares de la collection de Dar al-assar al-islamiya
(la maison des antiquités islamiques) de Koweït. « Celui-ci
est payé. C’est le premier travail commercial que fait le
laboratoire. Certes, les extensions et les nouveaux
appareils nous ont beaucoup aidés à augmenter le volume de
travail exécuté par jour », souligne Sayed Torki,
spécialiste de restauration au laboratoire.
Ce laboratoire de restauration vient d’être inauguré le mois
dernier par la première dame d’Egypte, Suzanne Moubarak,
après de grands travaux de développement et d’extension. Ces
travaux ont fait du laboratoire de restauration du Centre
des manuscrits un des plus modernes au monde. « Après ces
nouvelles extensions, notre laboratoire représente
aujourd’hui le numéro un qui ne se trouve nulle part
ailleurs en Egypte. Il a même passé le rang de celui de Dar
Al-wassaëq, et est devenu aussi un des plus actualisés au
monde », annonce Chérine Al-Sawi. Les travaux de
développement ont été surtout accomplis à l’aide d’un don de
l’Italie d’un million de dollars. « Le Centre Gomaa Al-Majed
de Doubaï, quant à lui, nous a offert un appareil
automatique pour la restauration des livres rares. Celui-ci
diminue les effets du dommage des pages détériorées des
anciennes publications. La recouverture des livres se fait
dans une étape suivante », explique Adel Bassiouni, chef du
secteur de la restauration automatique.
Les techniciens du laboratoire ont recours aux méthodes
scientifiques et techniques modernes utilisées en matière de
préservation et de restauration des manuscrits. Ils
collaborent parfois avec des institutions étrangères et
internationales spécialisées dans ce domaine. « Notre
laboratoire exerce également d’autres attributions. Citons
la préparation des études et les travaux des méthodes de
restauration et de conservation, ainsi que des manuscrits et
des textes à restaurer », ajoute Hossam Al-Dib, chef du
secteur des traitements chimiques des manuscrits.
Le laboratoire du Centre des manuscrits a pu réaliser
jusqu’aujourd’hui la restauration de plus de 500 manuscrits,
2 000 livres, 120 cartes ... qui sont tous des documents
rares. Certes, la restitution éventuelle de manuscrits
permettra à la Bibliotheca Alexandrina de retrouver son
rayonnement.
Amira
Samir