Pourquoi ne ressentons-nous pas l’effet de la croissance économique ?

Mohamed Salmawy

 

Oui à l’accalmie, non à la confrontation

Salama A. Salama

 

Les Arabes dans l’impasse

 Morsi Attalla

 

Le Liban et l’action arabe

Hassan Abou-Taleb

 

Edito

Abcès

 

Déjà embourbé dans un conflit au Darfour (ouest) et faisant face à des difficultés dans l’application de l’accord de paix dans le Sud, le Soudan se trouve confronté à un nouveau front de tension avec son voisin tchadien. Deux mois seulement après un énième accord de paix « définitif », le Soudan et le Tchad ont une fois de plus rompu leurs relations, la semaine dernière, au lendemain d’une attaque de rebelles du Darfour près de Khartoum, qui s’inscrit dans le conflit par groupes armés interposés entre les deux voisins.

Une fois n’est pas coutume, c’est le président soudanais Omar Al-Béchir, régulièrement accusé par son homologue tchadien Idriss Deby Itno de vouloir le renverser, qui est passé à l’acte en rompant les liens diplomatiques avec N’Djamena, à la suite de violents combats entre l’armée soudanaise et les rebelles du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) à Omdurman, la ville soudanaise jumelle de Khartoum, de l’autre côté du Nil.

Cet épisode rappelle, en miroir, l’offensive ratée menée à N’Djamena les 2 et 3 février par des rebelles tchadiens partis de leurs bases arrières au Darfour, dans l’ouest du Soudan, et qui avaient failli renverser Idriss Deby, sauvé in extremis avec, notamment, l’aide militaire de la France. A l’époque, l’armée tchadienne en difficulté avait également appelé les rebelles soudanais du JEM à la rescousse. En février, le Tchad, qui avait déjà rompu pendant quatre mois ses relations avec le Soudan en 2006 après un précédent raid rebelle sur sa capitale, avait vivement dénoncé le soutien apporté par Khartoum aux groupes armés tchadiens.

Sous la pression internationale, les deux pays avaient néanmoins signé un accord de paix présenté comme « définitif » le 13 mars à Dakar, après ceux, identiques, conclus ces dernières années à Tripoli, à Riyad ou encore à Cannes (sud de la France) ... Mais, à l’issue d’une réunion à Libreville du « groupe de contact » sur la crise tchado-soudanaise, un diplomate africain s’inquiétait le 10 avril : « On leur a forcé la main à Dakar, mais rien n’a changé. Et rien ne changera tant que ces deux présidents seront au pouvoir ». Le groupe de contact, qui réunit les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays médiateurs africains, est censé se réunir à nouveau dans les prochains jours en Libye.

Les racines du conflit de moins en moins larvé entre les deux voisins sont à chercher du côté du Darfour, en guerre civile depuis plus de cinq ans. Rapidement, N’Djamena a été accusé de soutenir les rebelles, et notamment le JEM, dirigé par des Zaghawas, l’ethnie du président Deby et de son cercle rapproché.