Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama , Oui à l’accalmie, non à la confrontation
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 Semaine du 21 au 27 mai 2008, numéro 715

 

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Opinion

Oui à l’accalmie, non à la confrontation

Salama A. Salama 

Qu’est-ce que les peuples arabes peuvent déduire des déclarations faites par Bush à l’occasion de sa visite dans la région dans un entretien au service arabe de la BBC. Bush a déclaré qu’il a envoyé le destroyer USS Cole en Méditerranée pour manifester le soutien américain au gouvernement libanais de Siniora et des alliés des Etats-Unis dans la région et pour se dresser face à la Syrie et à l’Iran.

Le destroyer qui portait des missiles avait stationné en février dernier sur les côtes libanaises, lorsque la crise du Liban avait pris de l’ampleur. Ensuite, il avait quitté les côtes libanaises en direction du Golfe, qui est actuellement le théâtre de manœuvres militaires américaines avec la participation de l’Egypte, de la Jordanie et du CCG. Pour revenir de nouveau au Liban à l’heure des récentes confrontations sanglantes. Pour le moment, Washington cherche comment soutenir le Liban militairement, comme l’a dit Bush.

Il est probable que les Etats-Unis et certains pays arabes ne soient pas enthousiasmés à l’idée de calmer la situation entre les différentes parties. Au contraire, ils cherchent à attiser la confrontation opposant les parties en conflit au Liban. Ceci s’est manifesté clairement dans les accusations acerbes adressées par l’Arabie saoudite à l’Iran lui faisant assumer la responsabilité des événements au Liban. La convocation de son ambassadeur à Beyrouth a été accompagnée d’une accusation acerbe adressée par la presse saoudienne à l’encontre de l’armée libanaise, qui n’est pas intervenue dans les combats du Mont Liban et de Tripoli. D’ailleurs, certains journaux et cercles égyptiens ont tenu le même langage.

Cette incitation d’intervention franche faite à l’armée libanaise pour s’aligner du côté d’une partie au dépens de l’autre n’a pas empêché le gouvernement de Siniora d’accepter les décisions du colonel Soleiman pour désamorcer la crise après avoir traîné quelques jours. Celle concernant le réseau de communication et celle du commandant de la sécurité de l’aéroport. Cependant, le fait d’engager l’institution militaire pourrait, en l’occurrence, entraîner une grande sédition et un déchirement des forces libanaises en factions et en milices. D’ailleurs, ceci ne fait que compliquer davantage la situation devant le Comité ministériel arabe qui, une fois arrivé à Beyrouth, a été surpris de voir les partisans de Hariri opposés aux décisions du commandant de l’armée. Il les a considérés comme une soumission à l’Iran et à la Syrie.

Il est certain que l’escalade de la confrontation et le flot d’accusations adressées à l’Iran, à la Syrie et au Hezbollah ne résoudront pas le problème. Mais au contraire, le pays sera certainement en proie à la guerre civile. Les pays arabes qui ont sombré dans un profond sommeil et se sont réveillés pour mener la guerre contre l’influence iranienne sur le sol du Liban seront certainement perdants s’ils suivent le plan américain. D’autant plus que personne ne croit ce qui est dit à propos d’un camp iranien chi’ite en confrontation avec un camp sunnite pro-américain. La résistance libanaise réunit en son sein, aux côtés du Hezbollah, des maronites, des druzes et d’autres commandements sunnites. Au même titre, on peut retrouver dans les rangs du rassemblement du 14 mars une majorité de sunnites, de maronites et des partisans de Joumblatt.

Le Liban n’est pas gouverné par un seul groupe ou une seule faction ou par le jeu de la majorité et de la minorité. Le Liban a toujours reposé sur l’entente entre les différentes couleurs de l’arc-en-ciel politiques et les différentes factions. C’est cette diversité qui a toujours fait la source de sa force et de sa richesse. Aujourd’hui, les ingérences étrangères sont à l’origine de son malheur et de sa misère. Ainsi, n’importe quel appel à la confrontation et à la violence est un appel à effacer le Liban de la carte.

 

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