Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | La fin des vicissitudes ?
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 Semaine du 21 au 27 mai 2008, numéro 715

 

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Koweït. Les Koweïtiens espèrent voir mettre fin à l’instabilité politique du pays après qu’ils ont été appelés à choisir un nouveau Parlement, dimanche dernier, où les radicaux islamistes sont sortis grands gagnants.

La fin des vicissitudes ?

En deux ans, le Koweït, 4e plus grand exportateur de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), a vu quatre cabinets démissionner, une kyrielle de ministres interrogés par l’assemblée et forcés à partir. Les appels se font plus pressants au sein de la classe politique pour des réformes en profondeur, incluant la légalisation des partis politiques et la nomination d’un premier ministre en dehors de la famille de l’émir cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah. Plusieurs ont rendu les membres de la famille princière directement responsables de la crise qui a conduit l’émir à dissoudre le Parlement en mars dernier. Cette crise avait été provoquée par une campagne contre des activistes de la minorité chiite qui ont, dans un pays gouverné par une famille princière sunnite, célébré un chef du Hezbollah chiite libanais, Imad Moughnieh, tué à Damas.

C’est dans ce climat que se sont déroulées les élections législatives, dimanche dernier. Les islamistes radicaux sont les grands gagnants de ces élections, au cours desquelles aucune des 27 femmes candidates n’a été élue. Ces législatives ont suivi la dissolution, la deuxième en moins de deux ans, de l’ancien Parlement par l’émir cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, après une crise entre l’exécutif et le législatif. Aucun chiffre officiel sur le taux de participation n’a été publié mais la télévision d’Etat l’a estimé à plus de 75 % pour les hommes et d’un peu plus de 50 % pour les femmes, qui ont voté pour la deuxième fois de leur histoire.

Au total, 28 des 50 membres siégeant au Parlement dissous en mars dernier par l’émir ont été réélus.

Comme lors du précédent scrutin en 2006, aucune des 27 femmes qui se présentaient parmi les 275 candidats n’a trouvé grâce aux yeux des électeurs, symbole de la résistance de la société koweïtienne à une importance accrue du rôle de la femme. L’Alliance islamique salafiste, un mouvement radical sunnite, a remporté 10 des 50 sièges du Parlement. Le Mouvement Islamique Constitutionnel (MIC), bras politique des Frères musulmans, des sunnites modérés, a toutefois connu un recul, ne gardant que la moitié des six sièges qu’il avait dans l’ancien Parlement. Au total, les islamistes sunnites remportent 21 sièges, soit quatre de plus que dans l’ancienne assemblée.

La minorité chiite, qui constitue le tiers de la population au Koweït, sera représentée par cinq députés, contre quatre précédemment. Les libéraux et leurs alliés, avec sept élus, ont perdu un siège, tout comme le bloc nationaliste de l’Action populaire, du vétéran de la vie politique koweïtienne, Ahmad Al-Saadoun, qui n’a obtenu que quatre sièges.

La majorité des députés nouvellement élus sont originaires des régions tribales du pays. Le Koweït, qui possède 10 % des réserves mondiales de pétrole, est en proie à une instabilité politique chronique depuis deux ans. Un climat peu propice aux affaires alors que les revenus pétroliers ne cessent de s’accumuler.

La campagne législative a été émaillée ces deux derniers mois de manifestations et d’arrestations après l’adoption d’une loi modifiant les circonscriptions électorales et censée garantir une meilleure répartition dans un Parlement traditionnellement dominé par les islamistes radicaux et les alliances tribales.

Le Parlement est certes élu au suffrage universel, mais le gouvernement n’a pas besoin de majorité pour gouverner et la dynastie des Al-Sabah contrôle les ministères-clefs. Il n’intervient pas dans la formation du gouvernement, traditionnellement dirigé par un membre des Al-Sabah et investi sans vote de confiance. La Chambre peut révoquer un ministre, mais pas le cabinet dans sa totalité. Les ministres y sont membres d’office.

Rania Adel

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