Al-Ahram Hebdo, Evénement | Déviation risquée
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 21 au 27 mai 2008, numéro 715

 

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Evénement

FEM. Sous la pression de la hausse des prix de la nourriture et d’une inflation galopante, le gouvernement égyptien a dû enfreindre les sacro-saintes règles du marché. De quoi lancer un débat houleux, même dans les coulisses du Forum.

Déviation risquée

Les investisseurs ne cachent pas leurs inquiétudes face aux récentes mesures prises par le gouvernement égyptien. Celui-ci vient en effet de décider une exemption fiscale pour 39 usines installées dans les zones franches, en plus d’une augmentation du prix du gaz naturel destiné aux industries fortes consommatrices d’énergie et des prix des droits d’exploitation des carrières. Ces décisions récemment prises par le gouvernement ont eu un effet de choc auprès des investisseurs étrangers. D’où une chute libre de la Bourse, suite aux opérations de ventes massives des investisseurs étrangers. « Ces mesures sont toutes conformes au programme de réformes adopté depuis 2004 », se défend Rachid, ministre du Commerce et de l’Industrie. Et d’expliquer que : « Ces usines ont bénéficié des privilèges et des subventions, pour les encourager à s’installer dans le pays. Aujourd’hui, les circonstances ont changé, ils n’ont plus besoin de ces privilèges ». Et de souligner que, malgré ces mesures, « leurs marges de profit vont dépasser celles prévues au début des projets, même si elles vont légèrement diminuer à cause de la taxation ou encore de la hausse des prix des matières premières. Bref, ces usines maintiendront une profitabilité considérablement élevée ».

Ces décisions ont été précédées par d’autres aussi fortes, comme l’interdiction de l’exportation du ciment et du riz. Pour les investisseurs, ces mesures sont un pas en arrière pour un gouvernement qui s’est fait le chantre depuis son arrivée en 2004 des règles orthodoxes du marché libre. « Ces décisions vont mener à la détérioration de l’ambiance de l’investissement sur l’échelle de la compétitivité mondiale. Notamment celle de l’annulation des exemptions fiscales des entreprises installées dans les zones franches », assure Samir Radwane, directeur du Conseil égyptien de la compétitivité. Cependant, il écarte le fait que cela va réduire le flux des investissements étrangers.

Les investisseurs avancent les arguments de leur colère. « Si un pays comme l’Australie à qui nous exportons le riz et de qui nous importons le blé, interdit à son tour de nous exporter le blé, nous ne mangerons pas de pain », lance Naguib Sawirès, président d’Orascom Telecom et de la Chambre de commerce égypto-allemande. Pour lui, ces décisions soudaines n’ont été ni assez étudiées, ni négociées avec les parties concernées. « C’est un grand pas en arrière ». Il propose d’autres solutions plus conformes aux règles du marché : « Dans le cas du ciment, le gouvernement pourrait laisser les investisseurs qui ont du mal à obtenir des licences de production, installer plus facilement des usines. Ainsi, ces usines n’inonderont-elles le pays de ciment ? Une offre qui réduira les prix ». Ces mesures ont été par ailleurs le centre d’un débat entre le gouvernement et un nouvel investisseur qui s’apprête à pénétrer sur le marché égyptien et qui se dit confiant. Le directeur exécutif de Metro Cash&Carry, Frans W.H. Muller a confié à l’Hebdo avoir discuté avec les ministres de l’Investissement et du Commerce, la possibilité de prendre davantage de mesures soudaines. « Cette possibilité ne va pas nous empêcher de nous introduire sur le marché. Par ailleurs, les mesures récentes n’auront pas d’impact sur le lancement de notre activité en Egypte », rassure Muller qui a souligné que le volume du marché ainsi que les taux de consommation élevés des Egyptiens sont les facteurs déterminants de l’investissement dans le pays. Cependant, un exportateur de riz, qui se trouve face à une impossibilité de remplir ces engagements avec ses clients sur le marché international n’aura pas la même réaction. Le PDG de Lafarge, la cimenterie numéro un mondial, a refusé de commenter à l’Hebdo le gel des exportations du ciment et les autres mesures : « Je ne veux pas parler de ce sujet », a dit Bruno Lafont. De son côté, Klaus Ibermann, l’ambassadeur de l’Union européenne en Egypte a révélé à l’Hebdo que les investisseurs européens aimeront écouter les explications du gouvernement sur ces mesures. Le Forum de Charm Al-Cheikh est le lieu pour discuter de la manière d’éviter les mauvaises répercussions de telles décisions. Rachid a saisi l’opportunité du Forum économique à Charm Al-Cheikh pour expliquer la logique de ces mesures : « Je savais que ces décisions auraient des impacts économiques négatifs, j’aurais souhaité ne jamais prendre ces mesures. Cependant, le gouvernement a dû faire un choix difficile (de nuire à un nombre limité d’investisseurs) pour l’intérêt général. Par exemple, le prix mondial du riz a grimpé à 1 200 dollars la tonne, si le gouvernement n’avait pas imposé un gel de l’exportation du riz depuis deux mois, les Egyptiens auraient payé 10 L.E. le kilo ». Sa mission est donc d’apaiser les investisseurs étrangers pour garantir un flux croissant d’investissements étrangers directs. Réussira-t-il ?

Salma Hussein
Névine Kamel

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Le Davos du
Moyen-Orient

2003

Ouverture en Jordanie de la 1re édition du Forum économique mondial sur le Proche-Orient avec pour thème « Visions pour un avenir commun ». La conférence se transforme en « sommet de réconciliation » sur fond de guerre contre l’Iraq. La rencontre voit naître l’idée d’un projet liant la mer Morte à la mer Rouge.

2004

Le forum se tient pour la deuxième année consécutive au bord de la mer Morte en Jordanie sous le slogan : « Face aux défis réels : Partenariat pour le changement, la paix et le développement ». La rencontre a été marquée notamment par la signature entre la Jordanie et Israël d’un accord permettant l’exportation de leurs produits communs vers l’Union européenne. La stabilité politique au Proche-Orient a pourtant dominé le forum.

2005

Une nouvelle édition en Jordanie visant à accélérer les rythmes des réformes économiques et politiques dans la région. Le forum se tient ainsi sous le signe « Saisir l’opportunité » et pose la question épineuse de la relation entre le développement et la démocratie dans le monde arabe.

 

2006

La 4e édition du forum se tient pour la première fois en Egypte à Charm Al-Cheikh. Sous le signe « Promesse d’une nouvelle génération », le thème de la conférence qui devait débattre d’un meilleur avenir pour la jeunesse arabe a été éclipsé par des débats politiques, notamment la rencontre entre le président palestinien Mahmoud Abbass et des responsables israéliens sur fond de victoire électorale du Hamas.

 

2007

Le forum s’est tenu en Jordanie sous le thème « Mettre la diversité en action ». Rencontre qui met en relief les efforts pour accélérer la diversification économique, estimant que la région en est prospère. La conférence examine surtout l’urgence de promouvoir la paix et de comprendre la diversité religieuse et ethnique de la région.

 




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