Coopération.
Placido Rodriguez, éditeur
espagnol, est en visite au Caire pour réaliser un ambitieux
projet de diffusion du théâtre espagnol traduit, en livre et
sur Internet, et joué sur scène. Entretien.
« L’Egypte s’est toujours montrée très accueillante en ce
qui concerne la coopération avec l’Espagne »
Al-Ahram Hebdo : Quand et comment a commencé votre projet ?
Placido Rodriguez :
Il faut d’abord vous expliquer brièvement ce qui précédait
mon projet. Je suis le directeur de CAOS, une maison
d’édition espagnole qui s’intéresse au théâtre contemporain
et qui depuis 2000 publie les pièces de théâtre espagnoles
sur Internet pour permettre une plus grande diffusion des
œuvres. Avec l’association Eurotheatro qui est une
association à but non lucratif, les pièces éditées étaient
également jouées par des troupes espagnoles, afin de
promouvoir la lecture dramatique des pièces. Mon projet, né
en 2002, consistait à promouvoir le théâtre espagnol
contemporain en le présentant internationalement. Nous
traduisons les pièces choisies par un comité, composé
essentiellement de critiques, d’auteurs et de spécialistes
de théâtre, et elles sont jouées par des troupes du pays
dans lequel on les diffuse. Nous avons traduit depuis 2002
plus de 50 pièces espagnoles en italien et en anglais et
elles furent toutes présentées dans les théâtres de Rome et
de Londres, maintenant nous passons à l’arabe.
— Vous avez déjà fait des traductions en anglais et en
italien, pourquoi maintenant passez-vous à l’arabe ? Et
Pourquoi avez-vous choisi l’Egypte ?
— L’arabe est une langue très importante aujourd’hui et nous
y prêtons beaucoup d’attention, la culture du Moyen-Orient
est également une culture très intéressante.
En ce qui concerne l’Egypte, le choix fut pour deux raisons.
D’abord, l’Egypte est le centre de la
culture arabe et surtout il y a beaucoup d’Egyptiens qui
sont hispanophones. En outre, l’Egypte s’est toujours
montrée très accueillante en ce qui concerne toute
coopération égypto-espagnole, notamment culturelle.
Aujourd’hui, quand je viens au Caire pour la première fois
et que je vois des Egyptiens lire Don Quichotte en espagnol,
ça me fait un très grand plaisir.
— En quoi consiste votre projet concrètement ?
— J’ai commencé à négocier les différentes étapes du projet
avec le Centre Cervantès, l’Académie des arts, le théâtre
Al-Talia et d’autres institutions égyptiennes, mais avant
ces négociations, il m’a fallu tenter de comprendre la
situation actuelle du théâtre égyptien, en particulier, et
la situation culturelle et sociale en général. Nous nous
sommes mis d’accord sur toutes les étapes techniques qui
consistent à traduire les pièces de théâtre espagnoles, à
les publier sur Internet, ce que nous faisons déjà à CAOS,
les éditer au format papier par des maisons d’édition
égyptiennes et finalement à les jouer par des troupes
égyptiennes. J’ai déjà proposé 30 pièces de théâtre
contemporaines, et le Comité égyptien de traducteurs va les
lire et juger lesquelles conviennent le mieux à la culture
et la société égyptiennes. Il ne reste plus qu’à attendre
l’approbation du ministère espagnol de la Culture pour
financer le projet.
— Et que dire de la traduction vers l’espagnol dans cette
initiative quasi officielle ?
— Je dirai que c’est semi-officiel car CAOS est une maison
d’édition indépendante, mais qui collabore avec
l’Association Eurotheatro et cette collaboration est
subventionnée par le ministère espagnol de la Culture, et
ici nous coopérons d’abord avec le Centre Cervantès qui nous
a beaucoup aidés, et avec des institutions officielles, tels
l’Académie des arts et les théâtres nationaux. La seconde
étape du projet serait de traduire des pièces de l’arabe
vers l’espagnol. Je suis vraiment fier d’initier une aussi
importante collaboration, et je ne demande qu’à revenir en
Egypte pour mieux explorer cette culture et ce pays.
Propos recueillis par Dina Abdel-Hakim