Al-Ahram Hebdo, Idées | Placido Rodriguez, « L’Egypte s’est toujours montrée très accueillante en ce qui concerne la coopération avec l’Espagne »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 21 au 27 mai 2008, numéro 715

 

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Idées

Coopération. Placido Rodriguez, éditeur espagnol, est en visite au Caire pour réaliser un ambitieux projet de diffusion du théâtre espagnol traduit, en livre et sur Internet, et joué sur scène. Entretien. 

« L’Egypte s’est toujours montrée très accueillante en ce qui concerne la coopération avec l’Espagne » 

Al-Ahram Hebdo : Quand et comment a commencé votre projet ?

Placido Rodriguez : Il faut d’abord vous expliquer brièvement ce qui précédait mon projet. Je suis le directeur de CAOS, une maison d’édition espagnole qui s’intéresse au théâtre contemporain et qui depuis 2000 publie les pièces de théâtre espagnoles sur Internet pour permettre une plus grande diffusion des œuvres. Avec l’association Eurotheatro qui est une association à but non lucratif, les pièces éditées étaient également jouées par des troupes espagnoles, afin de promouvoir la lecture dramatique des pièces. Mon projet, né en 2002, consistait à promouvoir le théâtre espagnol contemporain en le présentant internationalement. Nous traduisons les pièces choisies par un comité, composé essentiellement de critiques, d’auteurs et de spécialistes de théâtre, et elles sont jouées par des troupes du pays dans lequel on les diffuse. Nous avons traduit depuis 2002 plus de 50 pièces espagnoles en italien et en anglais et elles furent toutes présentées dans les théâtres de Rome et de Londres, maintenant nous passons à l’arabe.

Vous avez déjà fait des traductions en anglais et en italien, pourquoi maintenant passez-vous à l’arabe ? Et Pourquoi avez-vous choisi l’Egypte ?

— L’arabe est une langue très importante aujourd’hui et nous y prêtons beaucoup d’attention, la culture du Moyen-Orient est également une culture très intéressante.

En ce qui concerne l’Egypte, le choix fut pour deux raisons. D’abord, l’Egypte est le centre de la culture arabe et surtout il y a beaucoup d’Egyptiens qui sont hispanophones. En outre, l’Egypte s’est toujours montrée très accueillante en ce qui concerne toute coopération égypto-espagnole, notamment culturelle. Aujourd’hui, quand je viens au Caire pour la première fois et que je vois des Egyptiens lire Don Quichotte en espagnol, ça me fait un très grand plaisir.

En quoi consiste votre projet concrètement ?

— J’ai commencé à négocier les différentes étapes du projet avec le Centre Cervantès, l’Académie des arts, le théâtre Al-Talia et d’autres institutions égyptiennes, mais avant ces négociations, il m’a fallu tenter de comprendre la situation actuelle du théâtre égyptien, en particulier, et la situation culturelle et sociale en général. Nous nous sommes mis d’accord sur toutes les étapes techniques qui consistent à traduire les pièces de théâtre espagnoles, à les publier sur Internet, ce que nous faisons déjà à CAOS, les éditer au format papier par des maisons d’édition égyptiennes et finalement à les jouer par des troupes égyptiennes. J’ai déjà proposé 30 pièces de théâtre contemporaines, et le Comité égyptien de traducteurs va les lire et juger lesquelles conviennent le mieux à la culture et la société égyptiennes. Il ne reste plus qu’à attendre l’approbation du ministère espagnol de la Culture pour financer le projet.

Et que dire de la traduction vers l’espagnol dans cette initiative quasi officielle ?

— Je dirai que c’est semi-officiel car CAOS est une maison d’édition indépendante, mais qui collabore avec l’Association Eurotheatro et cette collaboration est subventionnée par le ministère espagnol de la Culture, et ici nous coopérons d’abord avec le Centre Cervantès qui nous a beaucoup aidés, et avec des institutions officielles, tels l’Académie des arts et les théâtres nationaux. La seconde étape du projet serait de traduire des pièces de l’arabe vers l’espagnol. Je suis vraiment fier d’initier une aussi importante collaboration, et je ne demande qu’à revenir en Egypte pour mieux explorer cette culture et ce pays.

Propos recueillis par Dina Abdel-Hakim

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